Archives pour la catégorie concerts Jazz

Juillet en Jazz (part 1)

Juillet en Jazz (part 1)

Nice du 5 au 12 juillet

Après un beau concert New Orleans Style avec James Andrews venait le temps du tremplin du Nice Jazz Festival, toujours sur cette belle scène de la Coulée Verte. Les six groupes présélectionnés concouraient en deux soirées. Trois le 6 juillet et les trois autres le 7. Chacun d’eux avait 45 minutes pour présenter et défendre sa musique. Jussanam Trio du jazz version Brasil. Buckshot Gala des niçois en provenance direct du conservatoire de région et leur jazz élaboré mais encore peut-être en gestation. Et pour finir Noé Zagroun quartet, un répertoire riche, influencé par la musique classique et les harmonies orientales. Ils obtiendront le prix du jury et joueront l’année prochaine dans le off du NJF. Le lendemain, un duo original Manu Carré (sax) et Benjamin Prischi (piano) jouait un jazz moderne et intimiste, un jazz qui incite à une écoute attentive. Un jazz de dialogues et d’imaginaire.

Beaucoup plus festif, rythmé le bop du guitariste Jef Roques. Quatre musiciens voués au swing. Deux solistes virtuoses. C’est désormais officiel, c’est eux qui seront sur la scène du théâtre de Verdure en 2018.

La soirée finassait avec la chanteuse canadienne Carol Nakari. Son jazz volubile façon cabaret ne m’a guère convaincu malgré un excellent bassiste.

Pour plus de précision mon article dans Nouvelle Vague.

Un plus petit lieu, la cave Bianchi à Nice pour le concert de sortie du CD de Jean-Marc Jafet, « Le meilleur moment du monde« . Bassiste niçois bien connu qui, pour cet album, se met aussi à chanter. Linus Olsson à la guitare nous a gratifié de superbes solos. Marjorie Martinez, au chant elle aussi, a fait preuve d’un beau talent sur sa Gibson acoustique, allant même jusqu’à chorusser sur un blues dédié à son mari.

Un vrai bon moment dans un endroit convivial et agréablement frais (ce qui n’est pas négligeable en ce mois de juillet).http://www.nouvelle-vague.com/jean-marc-jafet-quintet/

Autre petite salle, bien moins fraiche, la galerie pop Art, cise à Nice non loin de l’opéra. Aure sortie d’album « Bird Feather » du Giraudo-Chassagnite 4tet. François Chassagnite nous a quitté hélas, tout comme le contrebassiste Luigi Trussardi. Mais grâce à Imago Production et au guitariste Olivier Giraudo, ce disque a enfin pu voir le jour. Des reprises, du Parker, du Horace Silver, du Pettiford et même un Jobim (hélas!). Du beau jazz, old school mais toujours agréable à écouter.

Prenons la route du bord de mer, encombrée, pour rejoindre la pinède Gould à Juan-les-Pins.

James from New Orleans (Live report)

James Andrews Nice Jazz Off (On stage)

Pour la première soirée des concerts On Stage du Nice Jazz Off, la scène de la coulée verte recevait le trompettiste James Andrews tout droit venue de sa Nouvelle Orléans. Il était accompagné, et de quelle manière, par un trio niçois (Yves Renard au piano, Alain Rattier au trombone et Daniel Chauvet à la contrebasse). Pendant plus d’une heure, ils nous ont régalé d’un jazz New Orleans de la plus belle eau. James Andrews est non seulement très bon trompettiste mais c’est aussi un chanteur doué et charismatique. Il sait parfaitement jouer avec le public au gré des tubes qu’il reprend d’Hello Dolly (où il va jusqu’ à imiter la voix et le phrasé de Louis Armstrong) ou « Oh When The Saints… » pour lequel tous les spectateurs furent mis à contribution, chant et danse! Malgré l’absence de batteur et grâce à l’énergie conjuguée du contrebassiste et du leader, nous avons eu une soirée très rythmée, franchement joyeuse avec même une petite parade des deux soufflants tout autour des spectateurs qui ont pu à l’occasion, se rendre compte que même sans micro, une trompette ça pulse drôlement fort. Et bien que de dos, David, (du moins sa statue) était tout émoustillé, il se serait cru dans Bourbon Street. Une très belle façon de rentrer dans l’ambiance future du Nice Jazz Festival dans lequel son grand frère Trombone Shorty jouera dès le premier soir.

 

un petit moment pour l’ambiance.

 

Éric Séva quartet à la villa Domergue (Live Report)

Éric Séva quartet à la villa Domergue

La villa Domergue a accueilli pendant près d’une semaine les musiciens du quartet d’Éric Séva pour une résidence d’artistes. Ce jeudi, il donnait, après le vernissage de l’exposition Man Ray, un concert de fin de résidence, presque un concert de départ. Dos à la mer mais face aux superbes jardins, soleil couchant, ils ont, pendant près d’une heure, joué les compositions travaillées dans le cadre idyllique de ce lieu des hauts de Cannes. Éric Séva alterne, selon les thèmes, entre le saxophone baryton et le soprano. Il est soutenu par le jeu très mélodique au trombone de Daniel Zimmerman. Des rythmes et des thèmes très variés. Certaines harmonies évoquent l’univers de Nino Rota, d’autres swinguent sans vergogne. Un des beaux moments fut quand baryton, trombone sont rejoint par le contrebassiste (Bruno Schorp) et jouent un rif à l’unisson qui monte en puissance avant de se lancer dans des chorus inventifs et élégants. Le batteur (Matthieu Chazarenc) dont ils joueront une compo en fin de set, semble apprécier de jouer, tout autant, avec les balais ou baguettes qu’avec ses mains à même les peaux de ses toms ou cymbales. Ils rendent hommage au lieu de leur résidence (et du concert) avec deux titres spécialement composés sur place, « En regard, l’eau Do », l’eau pour la méditerranée qui scintille au loin et Do pour Domergue, (pas la tonalité !). L’autre morceau est tellement récent qu’il se nomme: « Pas de titre pour le moment » et qu’il devrait probablement le garder. La nuit est tombée, seul l’éclairage du jardin et la lune font quelques lumières. En rappel, ils quittent leurs places pour se rapprocher du devant de la scène, il joue une vieille valse des années vingt, réarrangée à leur sauce, qui nous invite à rejoindre le buffet 🙂

 

Roy @ Nice (Live Report)

Roy Hargrove Quintet live Report

& Pierre Marcus quartet

Le jazz était vraiment à la fête ce mercredi dans l’auditorium quasi complet du conservatoire de Nice. Bien qu’avec son nouveau quartet parisien, Pierre Marcus qui ouvrait le bal, jouait « at home », puisque que c’est au CNRR qu’il a fait ses classes. Le groupe nous présente les nouvelles compositions d’un futur album mais il inclut aussi d’anciens titres comme Longue Attente ou Luboff. Baptiste Herbin était en très grande forme, Fred Perreard plus discret malgré le Steinway. Un répertoire alliant swing et modernité, la parfaite mise ne bouche pour le set qui suivrait.

21h30 tapantes, chaussé d’immenses baskets blanches, costard et nœud papillon, le dandy jazz de Waco -Texas, prend possession de la scène avec son quintet. Pendant près d’une heure et demi, ils vont égrener quelques titres dans un style hard bop revendiqué. (Never Let Me go, Actual Proof, et bien d’autres) Roy, joue de la trompette et du bugle mais il chante aussi (il pourrait s’en passer d’ailleurs), il danse, il passe, de même, de long moments assis au fond de la scène sur son tabouret de bar, comme méditant avec sa bouteille d’eau pendant que ses musiciens swinguent élégamment. Justin Robinson était impérial avec son alto. Le batteur, à la tenue des plus étonnantes et à la superbe cymbale, a assuré un groove de tous les instants. Le bassiste, Ameen Saleem, bien qu’en retrait sur la scène, ne le fut pas du tout musicalement, la casquette vite posée sur le haut du manche de sa contrebasse, il nous a produit quelques superbes chorus sans se départir un instant d’un large sourire. En toute fin de set Hargrove invite un Baptiste Herbin aux anges, à venir partager la scène pour deux morceaux. Trompette et deux sax alto: de l’énergie vitale en notes bleues. En rappel, un twist suivi d’un morceau où Roy s’essaye avec bonheur (cette fois-ci) au scat.

Alors que la salle se vide, que Quincy Phillips démonte sa batterie, Hargrove revient pour une courte impro au piano.

Cette belle salle convient, on s’en doutait, fort bien au jazz, espérons que l’on y reviendra bientôt pour d’autres concerts de cette qualité.

John de Brooklyn à Nice

John Patitucci Electric Guitar Quartet & Sofian El Mabrouk trio

 

La pluie fine n’a dissuadé le public, nombreux, de venir dans cette salle du forum Nice Nord pour voir le quartet de John Patitucci. En première partie, le trio de Sofian El Mabrouk a prouvé que la relève était là et que le jazz c’est aussi des jeunes musiciens. Tous les trois issus du conservatoire de Nice, à moins de 25 ans, ils ont déjà un grand potentiel. De très belles compositions du leader bassiste ou du saxophoniste Joris Mallia dont la musicalité au ténor impressionne. Était-ce l’école de Nice mais le batteur Alexandre Gauthier développe la même présence très puissante que  Thomas Galliano.
Idéale mise en bouche avant le set du bassiste américain.

Une guitare à droite, Steve Cardenas, une guitare à gauche Adam Rogers, Nate Smith, le batteur un peu en arrière et Monsieur Patitucci avec sa superbe basse électrique à six cordes, juste devant son gros ampli Aguilar. Leur répertoire fut, essentiellement, celui de leur album « Brooklyn ». Un souvenir de la musique qu’ils ont aimé dans les années 70 dans ce quartier de New York. Un long morceau mêlant deux compositions de Monk suivit d’un blues dédié à BB King (et au surtaxes que payent les musiciens dans les avions pour leurs instruments) puis un vibrant hommage à Wayne Shorter (Patitucci est le contrebassiste de son quartet depuis plus de 10 ans). S’il fait un long morceau en solo, virtuose et musical, Mr John laisse une grande place à ses deux guitaristes qui s’en donne à cœur joie. Non loin du courant d’air d’un ventilateur, Nate Smith assure un beat impeccable. Une prestation véritablement impressionnante dans une bonne humeur et un vrai plaisir de jouer qui rejailli sur les spectateurs. Et comme en toute fin de concert après un long et beau rappel, Patitucci retrouve sa langue maternelle pour nous remercier « Buena sera e grazie a voi », on ne peut que conclure par grazie à lei. Un grand monsieur.

Kyle Eastwood à Vallauris: Live Report

Plus de cinq cents personnes s’étaient rassemblés ce jeudi, sur les hauteurs d’azur, dans la belle salle du Minotaure à Vallauris, pour assister au concert de Kyle Eastwood. Sa formation la plus récente, le pianiste Andrew McCormack, le saxophoniste Brandon Allen, ainsi que le trompettiste Quentin Collins, à l’exception du batteur qui était le marseillais Franck Agulhon. Décontracté et souriant, avec sa courte contrebasse, Kyle Eastwood annonce tous ses titres dans un français quasi parfait. Un très beau set où il enchaine des morceaux de son dernier album avec quelques compos plus anciennes, ou un extrait de sa musique du film du padre, « les lettres Iwo Jima » en un superbe duo piano-contrebasse. Quand il empoigne sa basse 5 cordes, le ton se fait plus vif. Sa virtuosité n’est jamais démonstrative, elle sert juste leur musique. Un hommage à Horace Silver (écrit par Collins) et pour finir en beauté le fameux « Boogie Stop Shuffle » de Mingus qu’il aime bien mettre à son répertoire. On salive déjà de le revoir cet été, à Juan, en trio avec Ponty et Lagrène.

Minino Trio

La petite salle boisée de la médiathèque Noailles à Cannes était déjà plus que pleine vingt bonnes minutes avant le début du concert. L’afterwork du vendredi à 18h30. Les retardataires trouvaient place entre les rayons de livres ou sur la terrasse éclairée d’un superbe et chaud soleil printanier. Un trio de choc était programmé ce soir-là. Minino Garay à la batterie et percussions, Jérôme Regard à la contrebasse et Manu Codjia à la guitare.

Ils ont joués une grande partie du récent album « Vamos » de l’argentin au chapeau noir. En plus de taper sur ses tambours, son cajon ou ses cymbales, Minino chantonne, récite, bavarde avec le public. Le set commence – normal- de façon très tango, même s’il habite en France depuis plus de 20 ans Minino Garay reste originaire de Cordoba (Argentine). Puis heureusement, Manu Codjia met un peu, puis pas mal, de crunch sur sa guitare, il s’élance dans de superbes chorus, son jeu se fait nerveux mais reste lyrique dans chacune de ses notes. Discret et souriant, Jérôme Regard assure l’ossature du groupe laissant à ses deux compagnons tout loisir de transcender le répertoire. On reconnaitra le Alouette, Alouette de Gilles Dreu ou El pueblo unido jamás será vencido très différent de la version de Quilapayún.

Après deux sets de plus de 50 minutes, un très dynamique rappel que Santana n’eut surement pas renié. Une bonne soirée? ¡ Claro que si !