Archives pour la catégorie concerts Jazz

Christian Escoudé à l’espace Grappelli

Christian Escoudé: guitare, Fred d’Oelsnitz au piano, Yoann Serra à la batterie et Jean-Marc Jafet à la basse

C’est avec un plaisir non contenu que l’on retrouve le chemin de la salle Grappelli, dans l’ex CEDAC de Cimiez désormais Anima Nice.

Lieu mythique de nombreux concert jazz et blues qui retrouve enfin sa vocation. Entièrement rénové le lieu sent encore le neuf ou presque. Et quelle meilleure façon d’entamer cette année de concert que ce quartet de Christian Escoudé, monté autour d’un trio de pointures niçoise. Une courte intro puis le guitariste, son ES-175 en main,

rejoint ses compères et entame un thème fameux  » In and Out » de Wes Montgomery, suivi d’un très swinguant « Hungary » signé de Django Reinhard. La tonalité du set est donnée, les quatre musiciens ont choisi de rendre hommage à deux des plus grands guitaristes jazz, le swing manouche de Django et le bop tout aussi swing de Wes! Tantôt debout, tantôt assis, Escoudé qui porte bien ses 75 ans, enchaîne les chansons -ainsi qu’il les appelle- toujours parfaitement soutenu par sa rythmique azuréenne qui s’offre régulièrement de beaux soli. La virtuosité de Jean-Marc Jafet,

le swing de Yoann Serra avec baguettes et balais

et les magnifiques interventions au piano de Frédéric d’Oelsnitz. Ah, cette intro de « Just One Of Those Things »…

Et oui, ils ont fait un petit écart avec un Cole Porter avant l’inévitable (il nous aurait manqué) « Nuages ». Pas le morceau préféré de Django nous rappelle Escoudé mais celui qu’il jouait encore et encore. La fin du set arrive tout comme l’heure du rappel avec une très belle et joyeuse interprétation de « Moon River ». L’ombre d’Audrey Hepburn est passé juste devant la scène le temps d’un instant avant de nous rendre à la nuit.

Merci à Philippe d’Anima Nice et David de Imago Productions pour nous avoir proposer cette belle soirée.

Le 06/01/23 à la Salle Grappelli – Nice (06)

Muriel Grossman and her boys

Si elle n’est pas une nouvelle venue sur la scène jazz européenne, la saxophoniste Muriel Grossmann se fait tout de même rare dans les salles azuréennes. La venue de son nouveau quartet à Cannes dans le cadre des Jeudis du Jazz est une belle occasion de découvrir sa musique en live! Un organiste catalan Abel Boquera, un batteur Uros Stamenkovic et un guitariste Radomir Milojkovic tous deux d’origines yougoslaves, elle-même est viennoise mais tous vivent à Ibiza. Point n’est besoin de bassiste, Abel s’en charge sur le pédalier du Hammond, de discrètes lignes de basse

qui soutiendrons le groupe tout au long du set. La saxophoniste entame le concert avec son soprano, elle alternera régulièrement avec un ténor et plus rarement avec son alto. Le phrasé très coltranien au début se fera plus rugueux ou plus câlin par la suite.  

De temps à autre, pendant les solos de guitare ou d’orgue, elle délaisse ses sax pour quelques colliers de grelots comme autant de percussions qu’elle regarde avec passion.

Muriel Grossmann signe toutes les compositions, un répertoire extrait des deux derniers albums du groupe (Union et Universal Code). La guitare sait se faire swing dans les chorus,

l’organiste nous offrent quelques belles envolées, toujours savamment rythmées par un batteur dont la frappe,

pourtant énergique, n’envahit jamais l’espace sonore du quartet.
Une bien belle découverte.

01/12/22 au Théâtre Alexandre III – Cannes (06)

Erik Truffaz : French Touch

C’est avec un nouveau quintet qu’Erik Truffaz « French Touch » s’installe, quelques minutes après 20h30 sur la scène 55 de Mougins.
Un projet consacré aux musiques de films français revisitées, réarrangées par le groupe. Erik Truffaz, pieds nus, est à la trompette,

son compère de longue date, Marcello Giuliani à la basse électrique, le guitariste Matthis Pascaud délaisse un temps le bon Dr John,Hugh Coltman et Ellinoa. Au Fender Rhodes Alexis Anérilles et à la batterie Raphael Chassin.  Une bande de musiciens capables de jouer du jazz, du blues comme de la pop ou du rock. A l’exception du batteur, tous sont branchés sur une série de pédales qu’ils utiliseront abondamment. On reconnaîtra (ou pas) « Le cercle rouge », « les choses de la vie » ou « Le Casse » du maestro Ennio Morricone. Matthis Pascaud est vraiment en verve,

surtout quand ils reprennent « Cycle by Cycle », extrait de l’album « Lune Rouge » (Warner – 2019), une version revigorée par un solo très rock, Raphael Chassin n’est pas en reste d’ailleurs.

Quand ils jouent le thème de Fantomas, c’est au tour de Alexis Anérilles de se déchaîner sur son clavier. Le grand moment, très chaud, du concert, leur adaptation de la musique des « Tontons Flingeurs ». Guitariste et trompettiste s’en donne à cœur joie comme s’ils avaient, eux aussi, goûté à la fameuse gnôle du film. Le final du set est un morceau de Tony Allen qui enchante le public.
Standing ovation avant un rappel: un extrait de La Strada qu’il joue pour la première fois sur scène. La trompette de Truffaz devient celle de Nino Rota et celle de la belle Gelsomina.

Magnifique. On ose à peine quitter nos places.

Mes Émouvantes 2022

Vincent Courtois trio

C’est dans la salle « André Audoli » au conservatoire Pierre Barbizet que se tient le Festival Les Émouvantes.

Vaste salle, haute de plafond aménagée en lieu de concert par l’équipe technique du festival. Trois soirées, six concerts de musique d’aujourd’hui pour cette dixième édition.

Jeudi 22:

19h: Tout le monde est prêt, équipe technique, photographes et le public venu nombreux. Plus un siège de libre!

Claude Tchamitchian a une double casquette ce soir. Directeur artistique, il présente la soirée et contrebassiste, il joue avec son trio.

Lequel trio sera, pour l’occasion, un duo car le guitariste Pierrick Hardy a malheureusement dû annuler sa venue. Au côté du contrebassiste, la clarinettiste Catherine Delaunay.

Ils vont enchaîner les trois suites de ce projet Naïri concocté par Tchamitchian pour célébrer les mythologies arméniennes. De longs dialogues entre les deux instruments qui s’interpellent, se répondent. Beaucoup d’intensité dans le leur jeu, une forte émotion se dégage de chacune de leur note. A voir leur sourire respectif à la fin du set, on se dit qu’on a vécu un moment rare.

21h: le quatuor Bela et le guitariste Marc Ducret prennent place pour la suite lyrique électrique. Marc Ducret nous détaille les dessous de ce concert. La suite lyrique composée par Alban berg est aussi un message d’amour à la femme que le compositeur aimait. Lettre qui restera sans réponse connue. Usant d’un subterfuge musical, les notes associées à leur nom-lettre pour les anglo-saxons, (Do-C, Ré-D, Mi-E, …) permettent de former des mots, de lancer des idées. Et de le démonter dans l’instant sur le manche de sa six-cordes. Il va même jusqu’à citer quelques notes du « Foxy Lady » de Jimi Hendrix pour nous expliquer la fameuse quarte augmentée, Diabolus In Musica que l’on retrouve dans la partition de Berg.

Après cette mise en bouche aussi savante que savoureuse, le quatuor joue l’intégralité de la suite.

Magnifique musique du 20e siècle qui exploite toutes les possibilités des quatre cordes. Frappées, frottées, tirées, pincées jusqu’au desolato final. Très belle performance de l’altiste Julian Boutin.

Puis vient la dernière partie, la réponse de la belle dame, imaginée par Marc Ducret. D’abord seul avec sa guitare et son ampli Fender puis, en de multiples interactions avec un ou plusieurs des instrumentistes du quatuor. Une très belle entente avec le violoncelle puis avec le premier violon. On ne sait ce que Hanna Fuchs-Robettin, dédicataire secrète de cet œuvre, aurait pensé mais le public lui s’est régalé jusqu’à la dernière note de guitare distordue.

Vendredi 23

21h: Une création au programme de ce deuxième jour. Puzzle, un projet écrit, composé par la contrebassiste Hélène Labarrière..

Cinq thèmes chacun d’eux dédié à une personnalité féminine fameuse pour son engagement. Cinq musiciens pour les interpréter et cinq autres pour les arranger à leur façon. Les inspiratrices :  Jeanne Avril, Thérèse Clerc, Angela Davis, Emma Goldman et Louise Michel. Les arrangeurs (non présents ce soir-là) :  François Corneloup, Marc Ducret, Sylvain Kassap, Jacky Molard, Dominique Pifarely et enfin les instrumentistes Catherine Delaunay (clarinette), Robin Fincker (saxophone), Simon Goubert (batterie), Hélène Labarrière (contrebasse) Stéphane Bartelt (guitare).

Cinq tableaux-portraits où chacun des musiciens ajoute sa petite touche de couleur. Du pastel de la clarinette à l’acrylique de la guitare au bottleneck (mazette, quel guitariste!).


Les riffs de basse, les plaintes (pas toujours tristes) du ténor savamment réglés par les baguettes, les cymbales de Simon Goubert.

Samedi 24:

Une soirée aussi littéraire que musicale. Deux groupes, deux écrivains au programme de cette dernière soirée du festival Les Émouvantes.

19h: Le trio Love of Life de Vincent Courtois puise son inspiration dans les nouvelles de l’écrivain américain Jack London. Une formation insolite deux saxophones ténor et un violoncelle. Vincent Courtois a plus d’un tour sur son manche. Il peut jouer de son violoncelle en pizzicati ou en walkin bass, évidement à l’archet de façon classique et même classieuse mais avec un brin d’ironie. Plus étonnant s’emparer d’un médiator pour jouer cette fois-ci, façon guitare en accord ou en chorus en bas du manche.

A ses côtés, Robin Fincker alterne ténor et clarinette pour duotter avec le sax de Daniel Erdmann dans de magnifiques unissons ou dans des battles d’impros. Une mention toute particulière pour « The Road », cette évocation des vagabonds du rail où l’on entend le train qui arrive, le choc des wagons, les hobos qui se précipitent dans les fourgons à bestiaux avec l’espoir d’une prochaine destination.

21h: Dernier concert du festival, Stéphane Payen et son septet mettent en musique et en mots, les écrits de James Baldwin.

Des textes concoctés par trois vocalistes, installés au premier rang, Jamika Ajalon, Tamara Singh et Mike Ladd. Des spoken words.

En deuxième ligne quatre musiciens jouent les compositions de Stéphane Payen. Il est à l’alto, Dominique Pifarely au violon, Sylvaine Hélary aux flutes et Marc Ducret à la guitare.

Les voix comme les instrumentistes sont exceptionnels dans l’impro, dans la mixité. D’Istanbul à New York. Ce « Baldwin en Transit » est d’une construction impressionnante. La rage et la colère de l’auteur transparaissent dans les notes et dans les mots. Elles restent même en suspend une fois les micros fermés en les lumières éteintes.

Un final épique.

Outre la qualité des concerts (merci Julie Barnoin pour les superbes lumières et Matteo Fontaine pour le son, tout aussi impeccable), les émouvantes c’est aussi la proximité avec les musiciens. Ils ne se cachent pas dans un quelconque backstage, on peut les retrouver après les concerts, non loin de la buvette. Échanger avec certains, en écouter d’autres raconter quelques anecdotes de concerts autour d’un verre, sous les étoiles ou sous la pluie, à l’abri des augustes murs du conservatoire.

Commencée en été et fini en automne, cette dixième édition du festival Les émouvantes a régalé nos sens.

jamika ajalon

10e Festival Les Emouvantes

Bruno Angelini

S’il fallait une raison pour aller à Marseille en septembre, et il y en a beaucoup, une des meilleures serait la dixième édition du festival Les Emouvantes.

Trois soirées, du 22 au 24 septembre, au conservatoire Pierre Barbizet, concoctées par Claude Tchamitchian et son équipe. Un programme de six concerts (deux par soirs donc) qui fera voir et entendre du jazz audacieux et des musiques improvisées inventives comme la rencontre du guitariste Marc Ducret avec le quatuor Bela Mais cette année, la programmation est aussi militante, le trio de Bruno Angelini évoquera entre autres la lutte pour les droits civiques de Rosa Parks, le quintet d’Hélène Labarrière s’inspire des écrits de cinq femmes dont Angela Davis et Louise Michel, le violoncelliste Vincent Courtois confronte sa musique à l’œuvre de Jack London alors que le septet de Stéphane Payen mettra de la musique et des voix sur les mots de James Baldwin. Quant au maitre de cérémonie, le contrebassiste Claude Tchamitchian, il nous fera voyager dans les mythologies arméniennes avec son nouveau trio.   

Laissons-nous leurs musiques nous émouvoir…

tout le programme : https://festival-emouvantes.fr/

Jazz à Saint Rémy – 14e édition

Quand l’été fini, on va à Saint Rémy, cette aphorisme, qui sonne mieux en provençal, semble être écrit pour le festival « Jazz à Saint Rémy » qui se déroulera le dernier weekend de ce (très) chaleureux été 2022.
Du 14 au 18 septembre avec comme points forts, les trois soirées-concerts des 15, 16 et 17.

Quatre groupes vont nous faire profiter de leur musique dans la salle de l’Alpilium. Le jeudi, l’accordéon de Marc Berthoumieux et ses musiciens (dont Giovanni Mirabassi et Laurent Vernerey) nous feront voyager du Maroc au Brésil, dans ce qu’il nomme « Le bal des Mondes ».  Voyage aussi, vendredi, le « Chimichuri » de Baptiste Trotignon & Minino Garay, un duo piano et percussions.

Ils préfèrent les chemins de traverse, ceux qui mène du jazz au tango en passant par la pop. Ils seront suivis par un quintet composé d’anciens musiciens de Michel Legrand, parmi eux Hervé Sellin ou Denis Leloup pour rendre hommage au compositeur qu’il fut et surtout à sa musique. Ceux sont les dames qui auront l’honneur, pour notre plus grand plaisir, de jouer pour cette dernière soirée. Le Lady All Stars de l’organiste Rhoda Scott. Deux batteuses, une trompettiste et trois saxophonistes pour accompagner le Hammond B3 de l’américaine. Nul doute que l’on finira debout avant la fin du set!

Et pour permettre aux festivaliers et aux habitants de profiter de la fête toute la journée, des apéros swing à 11h et 19h dans la ville. Le jazz aime bien les photographes et les photographes aiment bien le jazz. Une exposition des photos de Florence Ducommun se tiendra à l’hôtel Gounod.
Un bien beau programme, n’est-ce pas?

https://www.jazzasaintremy.fr/

XXe Victoires du Jazz dans la pinède

21h tapantes ou presque, en ce 30 juin, Alex Duthil prend la parole et lance cette XXe édition des Victoires du Jazz, tout à fait à leur place dans cette pinède qui fleure bon la Note Bleue depuis plus de 60 ans.


En préambule, le trio de Laurent de Wilde joue leur adaptation de ‘Round Midnght de Monk

et comme la soirée est bien organisée, celle-ci se terminera autour de minuit!

La présidente d’honneur Rhoda Scott interprète deux morceaux à l’orgue B3, accompagnée du batteur Thomas Derouineau.

C’est ensuite, le saxophoniste Léon Phal  et son groupe, le premier des trois nominés au prix Révélation- Frank Ténot, qui occupe la scène pour deux titres.

De très beaux passages en duo avec le trompettiste Zacharie Ksyk sous le regard du Gauthier Toux, particulièrement explosif sur ses claviers.

Récompensée de la victoire « Artiste vocale », Marion Rampal se présente sur la scène avec ses quatre musiciens, notamment le guitariste Mathis Pascaud et le tromboniste Sébastien Llado.

Deux chansons pour elle aussi, c’est la règle du jour.
La saxophoniste-flûtiste Sophie Alour, vainqueur catégorie-artiste instrumentale, défend son album Enjoy, à ses côtés, le chanteur et joueur de saz Abdallah Abozekry.

Le jazz s’engouffre avec délice dans la world music. Vient l’heure du deuxième impétrant, le batteur Arnaud Dolmen et ses rythmes guadeloupéjazz. La complicité avec le pianiste Léonardo Montana est manifeste, d’un bout à l’autre de la scène, en passant par le bassiste Samuel F’Hima (exceptionnel) et le sax ténor italien Francesco Geminiani.

Un retour vers l’orient, le Magheb, orchestré par le songwriter Piers Faccini et les deux frères Malik et Karim Ziad, respectivement au guembri et à la batterie.

La magnifique chanson Dunya qui leur a valu au chanteur anglais la Victoire « Album de musiques du monde ».

Il restait à accueillir le dernier candidat, le trompettiste Julien Alour (petit frère de Sophie pour l’anecdote) avec, de nouveau, un Samuel F’hima impérial.

Le temps de remettre une Victoire d’honneur au guitariste Christian Escoudé, il nous gratifiera d’une très émouvante interprétation de « La vie en rose », il est l’heure pour Laurent de Wilde de révéler le vainqueur en ouvrant l’enveloppe: Arnaud Dolmen.

Après l’émotion et les remerciements d’usage, il bisse l’un des titres qu’il a joués auparavant.

Et comme on est désormais autour de minuit, après quelques dédicaces de disques, il est temps de ranger la pinède. Il convient de saluer Alex Duthil qui a animé avec beaucoup d’humour cet événement, filmé par France télévision et surtout de féliciter toute l’équipe technique qui n’a pas ménagé ses efforts pour tous les changements de plateaux avec une efficacité remarquable.

PEILLON JAZZ FESTIVAL, la 2e édition

Du 1er au 4 juillet sur la place du village de Peillon (06) aura lieu la deuxième édition du Peillon Jaz Festival (PJF pour les amis)

Peillon garde ses Marc!

Quatre soirées, quatre cartes blanches, deux sets à 21h et 22h15.

Le vendredi est la soirée d’Alban et Thomas, les deux programmateurs (on n’est jamais mieux servi que par soi-même 😉 ). Benjamin Faugloire Project ouvrira le bal, un jeune trio à découvrir absolument avant qu’il fréquente les grandes scènes internationales.  Puis Frédéric Viale rendra avec ses rêves bohémiens et son accordéon, hommage à Jo Privat, accompagné d’une formation de haute volée.

Samedi, la soirée du pianiste belge Éric Legnini.

Les McCann Tribute en quintet puis Sing Twice en quartet avec le chanteur anglais, Hugh Coltman, déjà incontournable du PJF.

Dimanche spécial Pierre Bertrand à la tête de son Caja Negra. En septet puis en Big Band avec l’immense trompettiste américain Randy Brecker. L’équipe technique se régale déjà du challenge:
installer plus de quinze personnes sur cette scène, danseuse comprise!

Le lundi, c’est le jour du padrino, le batteur niçois à la réputation mondiale, André Ceccarelli.

Il revisite Porggy & Bess en trio et la musique de Morricone avec le quartet de Stefano Di Battista.

Cette année, dès 17h30, une conférence ou un concert pour se mettre en appétit de jazz.   

Venez goûter au plus perché des festivals de jazz…

Lost in Time sur son 31

C’est dans le magnifique auditorium du conservatoire d’Antibes, aux murs aussi boisés qu’un vieux Margaux, qu’à lieu ce concert de sortie d’album. « Lost in Time », le quatrième du Philippe Villa Trio. Les thèmes ont été conçues, élaborés pendant les confinements nous dit le pianiste, et pourtant des notes plutôt légères -sans être primesautière- s’échappent du Steinway du pianiste.

Une petite mélodie égrenée à la main droite, renforcée de quelques notes de basse jouées à la main gauche, reprises par la contrebasse de Tony Sgro. D’une baguette discrète sur la cymbale Gérard Juan vient ponctuer cette intro, le morceau peut démarrer.

C’est Eveil, le titre qui ouvre l’album et le concert donc. Les huit autres suivront, avec deux incursions dans des albums précédents.  Philipe Villa prend le temps entre chaque morceau de nous dire deux mots sur son histoire. Notamment Obsidienne, cette pierre noire qui a donné son nom à la 3e plage du disque, et qui apporte une protection à ceux qui la porte. Autre moment fort, le reprise: un vieux tube de Roger Hodgson, Take The Long Way Home, pour lequel Tony Sgro troque sa contrebasse pour une basse électrique cinq cordes.

On passe pour un moment d’un jazz à l’influence classique (début du 20e siècle) à un jazz mêlé de pop avant de reprendre des harmonies plus traductionnelles. Et comme dans tous les contes et même les lockdown, il faut une fin, cela sera Récréation


Lentement l’auditorium se vide, nombreux sont ceux qui viennent échanger quelques mots avec le pianiste derrière la table et repartent avec le nouveau CD.

Le cinéma de Kyle Eastwood

La salle Juliette Gréco à Carros (06) affiche complet, quelques minutes supplémentaires sont nécessaires pour permettre à tout le monde de s’installer.
C’est tout sourire que Kyle Eastwood prend place avec ses quatre compagnons de route. Il dézippe la house de sa petite contrebasse de voyage, à peine plus grande qu’un violoncelle mais qui sonne comme une grande, nous ne tarderons pas à nous en apercevoir.


Si c’est son projet Cinematic, qu’il défend ce soir, il commence par une composition qui n’est pas une musique de film mais un hommage au fameux Ronnie Scott’s Jazz Club de  Londres où ils ont joué plusieurs fois. Puis viens le thème de La Sanction (The Eiger Sanction) « un film de mon père et musique du grand John Williams » nous dit-il. Le sax ténor de Brandon Allen et la trompette de Quentin Collins à l’unisson puis chacun son solo.

On ne déroulera pas tout le set, Bernard Hermann, Henri Mancini, Ennio Morricone et même Kyle et Clint Eastwood sont convoqués musicalement sur la scène. Et aussi Lalo Schifrin avec la célèbre poursuite de Bullitt, un duo, Kyle Eastwood jouant sur ses quatre cordes, la Ford Mustang Fatsback de Steve Mc Queen et Chris Higginbottom est à la batterie et au volant de la Dodge Charger de Bill Hickman.

De Carros à San Francisco en un instant par la magie du jazz. Autre grand moment, le « Love theme » extrait de Cinéma Paradiso.

Ecrit par el maestro Morricone, Kyle Eastwood s’empare de sa basse électrique pour distiller tout en douceur, la ligne mélodique envoûtante suivit par un magnifique chorus de Brandon Allen au soprano.

Dans un français quasi parfait où se mêlent des mots en anglais, le bassiste nous décrit chacun des morceaux que le groupe joue. Le set prend hélas trop vite fin, le public réclame un « encore » debout. Ils reviennent, « je ne vous dit pas le titre, vous le connaissez tous » nous dit malicieusement Mr Eastwood.

Et de fait, il suffit des trois frappes sur les cymbales et des deux premières notes sur la contrebasse pour que tout le monde s’exclame « la panthère rose », Andrew McCormack derrière le magnifique piano Fazioli rajoute la petite touche de swing qui nous mène guilleret vers la fin du concert

On quitte la salle, les oreilles enchantées et on peut même retrouver les musiciens qui dédicacent leurs CD et vinyles et se prête sans prétention à la cérémonie des selfies.

Revenez quand vous voulez messieurs.

Le 04/05/22 à la salle Juliette Gréco –Carros (06)