Archives pour la catégorie concerts Jazz

Roy @ Nice (Live Report)

Roy Hargrove Quintet live Report

& Pierre Marcus quartet

Le jazz était vraiment à la fête ce mercredi dans l’auditorium quasi complet du conservatoire de Nice. Bien qu’avec son nouveau quartet parisien, Pierre Marcus qui ouvrait le bal, jouait « at home », puisque que c’est au CNRR qu’il a fait ses classes. Le groupe nous présente les nouvelles compositions d’un futur album mais il inclut aussi d’anciens titres comme Longue Attente ou Luboff. Baptiste Herbin était en très grande forme, Fred Perreard plus discret malgré le Steinway. Un répertoire alliant swing et modernité, la parfaite mise ne bouche pour le set qui suivrait.

21h30 tapantes, chaussé d’immenses baskets blanches, costard et nœud papillon, le dandy jazz de Waco -Texas, prend possession de la scène avec son quintet. Pendant près d’une heure et demi, ils vont égrener quelques titres dans un style hard bop revendiqué. (Never Let Me go, Actual Proof, et bien d’autres) Roy, joue de la trompette et du bugle mais il chante aussi (il pourrait s’en passer d’ailleurs), il danse, il passe, de même, de long moments assis au fond de la scène sur son tabouret de bar, comme méditant avec sa bouteille d’eau pendant que ses musiciens swinguent élégamment. Justin Robinson était impérial avec son alto. Le batteur, à la tenue des plus étonnantes et à la superbe cymbale, a assuré un groove de tous les instants. Le bassiste, Ameen Saleem, bien qu’en retrait sur la scène, ne le fut pas du tout musicalement, la casquette vite posée sur le haut du manche de sa contrebasse, il nous a produit quelques superbes chorus sans se départir un instant d’un large sourire. En toute fin de set Hargrove invite un Baptiste Herbin aux anges, à venir partager la scène pour deux morceaux. Trompette et deux sax alto: de l’énergie vitale en notes bleues. En rappel, un twist suivi d’un morceau où Roy s’essaye avec bonheur (cette fois-ci) au scat.

Alors que la salle se vide, que Quincy Phillips démonte sa batterie, Hargrove revient pour une courte impro au piano.

Cette belle salle convient, on s’en doutait, fort bien au jazz, espérons que l’on y reviendra bientôt pour d’autres concerts de cette qualité.

John de Brooklyn à Nice

John Patitucci Electric Guitar Quartet & Sofian El Mabrouk trio

 

La pluie fine n’a dissuadé le public, nombreux, de venir dans cette salle du forum Nice Nord pour voir le quartet de John Patitucci. En première partie, le trio de Sofian El Mabrouk a prouvé que la relève était là et que le jazz c’est aussi des jeunes musiciens. Tous les trois issus du conservatoire de Nice, à moins de 25 ans, ils ont déjà un grand potentiel. De très belles compositions du leader bassiste ou du saxophoniste Joris Mallia dont la musicalité au ténor impressionne. Était-ce l’école de Nice mais le batteur Alexandre Gauthier développe la même présence très puissante que  Thomas Galliano.
Idéale mise en bouche avant le set du bassiste américain.

Une guitare à droite, Steve Cardenas, une guitare à gauche Adam Rogers, Nate Smith, le batteur un peu en arrière et Monsieur Patitucci avec sa superbe basse électrique à six cordes, juste devant son gros ampli Aguilar. Leur répertoire fut, essentiellement, celui de leur album « Brooklyn ». Un souvenir de la musique qu’ils ont aimé dans les années 70 dans ce quartier de New York. Un long morceau mêlant deux compositions de Monk suivit d’un blues dédié à BB King (et au surtaxes que payent les musiciens dans les avions pour leurs instruments) puis un vibrant hommage à Wayne Shorter (Patitucci est le contrebassiste de son quartet depuis plus de 10 ans). S’il fait un long morceau en solo, virtuose et musical, Mr John laisse une grande place à ses deux guitaristes qui s’en donne à cœur joie. Non loin du courant d’air d’un ventilateur, Nate Smith assure un beat impeccable. Une prestation véritablement impressionnante dans une bonne humeur et un vrai plaisir de jouer qui rejailli sur les spectateurs. Et comme en toute fin de concert après un long et beau rappel, Patitucci retrouve sa langue maternelle pour nous remercier « Buena sera e grazie a voi », on ne peut que conclure par grazie à lei. Un grand monsieur.

Kyle Eastwood à Vallauris: Live Report

Plus de cinq cents personnes s’étaient rassemblés ce jeudi, sur les hauteurs d’azur, dans la belle salle du Minotaure à Vallauris, pour assister au concert de Kyle Eastwood. Sa formation la plus récente, le pianiste Andrew McCormack, le saxophoniste Brandon Allen, ainsi que le trompettiste Quentin Collins, à l’exception du batteur qui était le marseillais Franck Agulhon. Décontracté et souriant, avec sa courte contrebasse, Kyle Eastwood annonce tous ses titres dans un français quasi parfait. Un très beau set où il enchaine des morceaux de son dernier album avec quelques compos plus anciennes, ou un extrait de sa musique du film du padre, « les lettres Iwo Jima » en un superbe duo piano-contrebasse. Quand il empoigne sa basse 5 cordes, le ton se fait plus vif. Sa virtuosité n’est jamais démonstrative, elle sert juste leur musique. Un hommage à Horace Silver (écrit par Collins) et pour finir en beauté le fameux « Boogie Stop Shuffle » de Mingus qu’il aime bien mettre à son répertoire. On salive déjà de le revoir cet été, à Juan, en trio avec Ponty et Lagrène.

Minino Trio

La petite salle boisée de la médiathèque Noailles à Cannes était déjà plus que pleine vingt bonnes minutes avant le début du concert. L’afterwork du vendredi à 18h30. Les retardataires trouvaient place entre les rayons de livres ou sur la terrasse éclairée d’un superbe et chaud soleil printanier. Un trio de choc était programmé ce soir-là. Minino Garay à la batterie et percussions, Jérôme Regard à la contrebasse et Manu Codjia à la guitare.

Ils ont joués une grande partie du récent album « Vamos » de l’argentin au chapeau noir. En plus de taper sur ses tambours, son cajon ou ses cymbales, Minino chantonne, récite, bavarde avec le public. Le set commence – normal- de façon très tango, même s’il habite en France depuis plus de 20 ans Minino Garay reste originaire de Cordoba (Argentine). Puis heureusement, Manu Codjia met un peu, puis pas mal, de crunch sur sa guitare, il s’élance dans de superbes chorus, son jeu se fait nerveux mais reste lyrique dans chacune de ses notes. Discret et souriant, Jérôme Regard assure l’ossature du groupe laissant à ses deux compagnons tout loisir de transcender le répertoire. On reconnaitra le Alouette, Alouette de Gilles Dreu ou El pueblo unido jamás será vencido très différent de la version de Quilapayún.

Après deux sets de plus de 50 minutes, un très dynamique rappel que Santana n’eut surement pas renié. Une bonne soirée? ¡ Claro que si !

le 57e Jazz à Juan se profile…

Le printemps est là et avec lui arrive les premières nouvelles des festivals d’été.

En jazz, Juan-les-pins ouvre le bal en annonçant, par la voix de Jean-René Palacio, son directeur, les invités de sa 57e édition. Un festival coloré et transgenre et multi générationnel. Du 14 au 23 juillet la pinède va chauffer.

De Sting (la méga vedette de cette année) le 20 aux vénérables Blind Boys of Alabama le 23, nous pourrons apprécier de jeunes talents (Thomas Enhco, Baptiste Herbin, Arielle Besson,…), des artistes encore jeunes mais déjà confirmés (Gégory Porter, Robert Glasper,…) ou de grands anciens toujours en très grande forme ( Sir Tom Jones, Branford Marsalis, Wayne Shorter, Archie Shepp, Taj Mahal,…). Du blues, du jazz, du jazz vocal, de la soul et de la pop, un duo piano-harpe (dans la pinède cela va être intéressant!).

Et bien sûr, tous les soirs, avant et après les concerts, le off, gratuit.

Sinon, la billetterie est déjà ouverte.

Toutes les infos sur www.jazzajuan.com

Live Report: Get The Blessing

ONE FOOT/GET THE BLESSING,

le 03/03/17 au Studio 13, Cannes (06)

Une première partie électro avec les marseillais de One Foot. Fort bien équipé, le jeune groupe se complait un peu trop longtemps dans un électro 8 bits façon Casio vintage. Alors que, quand ils se lancent dans des morceaux plus travaillés tel leur reprise d’un thème de Henri Duparc (1848-1933) ou « Blue Highway », ils peuvent être très convaincant. Notons le dynamisme communicatif du leader, le claviériste Yessaï Karapetian. Suivaient les très british Get The Blessing, quartet aux influences multiples, rock, jazz et même punk. Le bassiste Jim Barr, le saxophoniste Jake McMurchie et le trompettiste Pete Judge, ont, chacun devant eux, un impressionnant pedalboard dont ils useront des ressources tout au long de leur set. Le batteur Clive Deamer, se contente lui de seulement deux pédales, celles de la grosse caisse et de la charleston. Mais il n’a pas besoin d’artifice pour développer une frappe lourde et puissante qui permet à ses trois comparses d’appuyer leur jeu sur sa rythmique. Ils ont joué pendant presque 1h30 des extraits de leurs cinq albums pour la plus grande joie d’un public conquis. Les quatre musiciens revendiquent une passion commune pour Ornette Coleman, il fait plaisir que l’on puisse continuer à voir et écouter leur musique d’avant-garde dans notre région.

Live Report: Soirée métissée au Forum

Titi Robin Quartet + Syna Quintet,

le 04/03/17 au forum Nice-Nord (06)

Une soirée, au nord de Nice, qui nous a conduit de l’autre côté de la Mare Nostrum, là où, la musique chante avec l’âme des berbères. Une salle comble. En première partie, le jeune projet de Syna Awel. Un quintet porté par la voix de la chanteuse (et danseuse) Syna Awel, où les ambiances orientales se mêlent à des rythmes plus ternaires. De très belles compositions, la guitare, la flute s’harmonisent au chant, le hajouj et les percussions suscitent les déhanchements de miss Awel. Moment d’émotion et de tendresse, moins rythmée, la chanson dédiée à une maman, Yimma, de toute beauté. Comme le disait Titi Robin en entrant sur scène peu après, ils allaient devoir assurer après une tel set. Mais le guitariste à de l’expérience et de sacrés musiciens, il sait y faire et, en deux morceaux, le public était conquis. Avec eux, on descend, un peu plus encore dans le sud, les portes du désert ne sont pas loin, leur musique est autant de la ville que du sable et des dunes.  Dansante, dynamique dès les premiers instants, elle le devient encore plus quand Titi Robin empoigne son bouzouki. L’orient se celtise par moments et leur entrain ne faiblit pas. Les deux joueurs de hajouj, Selim Sami et Mehdi Nassouli, chacun dans leur groupe ont produit une eurythmie puissante mais les deux percussionnistes, Davy Sur et Habib Meftah Bousheheri, tous deux plutôt discret, ont assurés une pulsation de haute volée. Il est presque impossible de ne pas se lever pour bouger, danser sur leurs airs enjoués et c’est d’ailleurs ce que tout le monde fera pour un formidable rappel qui rendait cette nuit de mars moins noire.