Archives pour la catégorie concerts Jazz

9e Festival Les Émouvantes…

Du 22 au 25/09/21 au Conservatoire Pierre Barbizet –Marseille (13)

L’été se fini tranquillement, les jours raccourcissent en silence, les feuilles deci delà commencent à tomber des arbres, la morosité nous gagne. Heureusement, la prochaine édition du Festival Les émouvantes est là pour nous revigorer, nous mettre dans la joie.

Cette année, le festival investi un nouveau lieu:
le Conservatoire National Pierre Barbizet, place Carli à Marseille.
Le thème en est « Carrefour des imaginaires, volume 2« .
Si l’imaginaire est toujours au pouvoir dans cette manifestation culturelle, le volume 2 précise la volonté de vivre en « grand » en 2021, une programmation en formations réduites en 2020 pour les raisons sanitaires.

Toujours cinq soirées en deux parties (19h & 21h) pour accueillir du 22 au 25 septembre, parmi les meilleures formations de la musique improvisée au croisement de la musique afro-américaine.
Aux instruments traditionnels du jazz viendront s’ajouter quelques éléments plus rares dans notre musique tels le théorbe et le saqueboute du septuor de David Chevallier, la musette de Laurent Dehors ou encore le glockenspiel de Jean- Marc Quillet et les violoncelle de Vincent Courtois et Vincent Ségal. Du baroque, de l’opéra, du métal psyché, du jazz folk, des musiques plurielles, inventives, contemporaines, émouvantes par des musiciens accros à l’énergie, à l’émotion et à l’imagination.

© Annabelle Tiaffay

Venez régaler vos yeux et vos oreilles.     

Informations & réservations:

Émouvance – Compagnie Claude Tchamitchian

20, Cours Julien – 13006 Marseille. Téléphone : 06 11 21 40 94,

festival-emouvantes@tchamitchian.fr

festival-emouvantes.fr

Deux soirées au Jazz à Junas

21 juillet 2021 – Gaël Horellou

Carrières du Bon Temps – 21h – Rouge

Carrières du Bon Temps – 23h – Twins

22 juillet 2021

Place de l’avenir – 18h – Céline Bonacina

Carrières du Bon Temps – 21h – Perrine Mansuy

Carrières du Bon Temps – 23h – Sylvain Rifflet

Peillon Jazz Festival, le lundi

Le 05/07/21 place Arnulf – Peillon (06)

Pour cette dernière soirée de la première édition du Peillon Jazz festival, la chanteuse Nina Papa nous emmène dans un voyage de près de deux heures, au Brésil et en première classe! Il faut dire qu’elle a un bel équipage! Au piano, Béatrice Alunni qui compose aussi une grande partie des thèmes du répertoire. A la batterie (et aux percussions) Cédric Ledonne, il jouera même une fort belle intro à la guitare. A la contrebasse, le jeune (19 ans) Clément Douziech, il a une formidable technique et ce sens du rythme latino qui fait merveille dans ce groupe. Le quartet a un invité spécial, le saxophoniste Baptiste Herbin. L’un des tous meilleurs altistes du jazz français. Il nous fera la surprise de jouer aussi, et fort brillamment, de la flûte. On entendra les chansons d’un futur album avec quelques temps forts, « Trois pas de côté », une chanson en hommage au regretté Marc Peillon puis « Lilou » une mélodie composée par Marc. Beaucoup d’émotions mais la gaieté revient vite dans la musique brésilienne et le chant énergique, coloré de Nina Papa et les chorus redoutables de Baptiste Herbin font s’envoler les quelques brumes de tristesse qui nous entouraient.

Un long entracte, changement de plateau, accordage du piano et de la contrebasse, quelques balances techniques. Une visite à l’exposition des photos de Ripo (Jean- François Ferrandez) et un petit peu de l’excellente socca en direct du four communal.

C’est un maire heureux qui présente le trio qui prend place sur la scène.
Celui du pianiste Laurent Coulondre. A ses côtés, le bassiste Jérémy Bruyère et le parrain du festival, André Ceccarelli. Ils vont jouer la majorité des titres de leur récent album, « Michel On My Mind« . Des compositions de Michel Petrucciani pour la plupart et deux thèmes écrit par le Coulondre en hommage et dans l’esprit du grand Michel. Quelques mélodies sont familières aux amateurs de jazz, « Memories of Paris », « Colors », d’autres moins « Little Peace in C ». Le pianiste est volubile, entre les morceaux où il nous régale d’anecdotes ou les mains sur son clavier. Il rivalise de virtuosité avec Jérémy Bruyère qui tient plus le rôle de soliste que de rythmicien que cela soit à la contrebasse ou à la basse électrique 6 cordes. Le temps passe vite, c’est l’heure du dernier morceau de la soirée, « Brazilian Like », introduit par un long solo de batterie d’André Ceccarelli.
Mais nous avons droit à un rappel, avec en prime, le retour sur scène de Baptiste Herbin. Un standard, peut-être Take The A-Train, pris à grande vitesse ou chacun des musiciens s’en donne à cœur-joie. Chorus fulgurants, les cymbales cinglées, basse qui vrombit et un pianiste qui semble ne pas vouloir s’arrêter.

Alors que les lumières se rallument, le maire et le directeur artistique annonce la tenue de la deuxième édition du Festival en 2022.

Peillon avait son village médiéval et son Huile d’olive AOP, il a désormais Son Festival de Jazz

Peillon Jazz Festival, le samedi

Le 03/07/21 Place Arnulf à Peillon (06)

On rejoint le village de Peillon tout en haut d’un piton rocheux, par une petite route en lacet de 2400m. Une noria de minibus monte les spectateurs jusqu’à la place où est installé la scène. Là, des bénévoles nous guident vers nos places, au pied du village dans un décor paisible d’arbres et de vieilles pierres.

Sans presque de retard, le quintet de Pierre Bertrand prend place. Il va nous décliner ses Colors, du jaune (ensoleillé) au rouge (sang) en passant par le bleu et le vert. Entre chaque morceau, Pierre Bertrand nous explique sa vision jazzy de la teinte qu’ils vont évoquer, nous donnant même la métrique du thème, (2,3 ou 5 temps). Ils jouent un jazz très écrit, à la fois sophistiqué et facile d’accès. Le piano lumineux de Pierre-Alain Goualch, la trompette ‘hubbardienne  de Anders Bergcrantz. La rythmique discrète et terriblement efficace de Christophe Walemme (contrebasse) et de Matthieu Chazarenc (batterie). Le leader décline la mélodie à la flute, au sax soprano ou ténor avant de se lancer dans quelques belles impros relayées par l’un de ses musiciens. Les duos à l’unisson trompette-ténor frise le sublime. En tout fin, Paloma Pradal, invitée surprise, vient ajouter sa voix, chaleureuse et flamenca pour une chanson toute en sensiblité.

L’entracte nous permet de nous restaurer mais aussi de découvrir ce village, ses ruelles, ses pierres et même son four à pain communal et centenaire, remis en chauffe pour cuire une excellente Socca maison tout au long du festival.

Puis l’on retrouve le chanteur Hugh Coltman, un habitué des scènes azuréennes, venu dans ce village médiéval avec un nouveau quartet. Deux fidèles musiciens l’accompagnent, Raphael Chassin, le batteur de tous ses projets et le guitariste Thomas Naïm. Fabien Marcoz complète le groupe à la contrebasse. Hugh Coltman puise ses chansons dans le répertoire de ses deux derniers albums. Il chantera donc quelques titres écrits par Nat King Cole dont une magnifique interprétation de « Mona Lisa » en duo avec Fabien Marcoz. Mais aussi quelques-unes de ses propres compositions dédiées à son père, son fils ou le très enjoué « Civvy Street » qui évoque La Nouvelle Orléans. Pour ne rien gâcher, il fera une version très sobre de « River » de Joni Mitchell et surtout, avec Thomas Naïm qui les a arrangées, deux covers d’Hendrix, « Castles Made of Sand » et le sublime « If 6 was 9 ».  La formule à quatre, donne beaucoup d’intensité, de profondeur et de sobriété à des thèmes que l’on avait connus plus explosifs. 

On passe de l’intime à l’émotion en cette belle nuit d’été.

Jazz à Juan – Kenny Barron & Avishai Cohen

Il a fallu patienter un an, mais il a bien lieu ce 60e Jazz à Juan.
Un petit peu de tristesse pour commencer, le public rend hommage par des applaudissements à Jean-René Palacio, le directeur artistique, récemment décédé. Certains d’entre nous y associent par la pensée Daniel Chauvet qui ne sera pas non plus à ce « Juan ». Mais la musique reprend vite sa place avec l’arrivée sur scène du All Stars quartet de Kenny Barron. Steve Nelson au vibraphone, tout devant, duotte avec son leader. Un peu en arrière, Peter Washington à la contrebasse et Jonathan Blake à la batterie font plus qu’assurer la rythmique. Quelle puissance, quel swing ! Barron nous rappelle que la dernière fois qu’il est monté sur cette scène c’était avec Stan Getz en…1990!
Le groupe enchaînera les standards période bop, en commençant par « How Deep Is The Ocean » pour passer à du Monk ou du Dizzie Gillespie et finir par un « Softly As A Morning » façon Sonny Rolllins. Avec quelques malices dans la voix Kenny Barron nous dit « quand on est pianiste classique on doit savoir jouer « Moonlight Sonata » et quand on joue du jazz, c’est « Body & Soul » que l’on doit connaitre« . Et sur ce, il nous en donne sa vision personnelle.

Changement de total de style pour la seconde partie. Le nouveau trio d’Avishai Cohen. Le contrebassiste est accompagné par le pianiste azéri Elchin Shirinov et la batteuse israélienne Roni Kaspi, encore étudiante de la prestigieuse Berklee College of Music. Dès les premières mesures le ravissement est total. Quelle musicalité, quelles émotions. Là, pas de standards, que des nouvelles compositions pour la plupart inédites en disque. Avishai Cohen est très peu disert, sobre, pas de chant ou de basse électrique. Il se concentre sur sa contrebasse, son jeu à la fois technique et habité. Les thèmes sont toujours à l’orée du jazz et de la musique orientale avec quelques impressions de « classique » surtout dues au jeu très expressif, parfois même romantique du pianiste. (Un futur grand, à n’en point douter. Mais la vraie découverte la soirée, c’est Roni Kaspi. Très à l’aise, malgré son jeu âge, sur cette scène mythique. Une grande sensibilité, pas d’esbroufe mais une remarquable présence que son leader semble apprécier autant que nous.

Pas de doute: Le jazz a bel et bien fait son retour dans la Pinède Gould!

Kyle Eastwood à Grasse

Kyle Eastwood  Quintet

17h, ce dimanche, au Théâtre de Grasse. Les seuls sièges rouges encore non occupés sont floqués d’un sens interdit. Respectons la distanciation.
Monsieur Florés, le directeur, présente la soirée en souhaitant la bienvenue au public et en dédiant le concert à la mémoire de Samuel Paty, le professeur lâchement assassiné.
Silence…
Puis les cinq musiciens prennent possession de la scène et attaquent directement le premier titre de la soirée, « Skyfall », la chanson écrite par  Angèle pour le film du même nom, mais dans un arrangement largement métamorphosé . Ils joueront ensuite la presque totalité de leur récent album « Cinematic », comme Kyle Eastwood nous le raconte entre chaque morceau dans un délicieux mélange de français et d’anglais (le français pour le public, l’anglais pour son groupe ?). Ils prennent à leur compte chaque thème qu’il soit de Mancini, de Morricone, de Bernard Hermann,… pour le faire leur et nous entrainer dans un kaléidoscope d’images sonores pendant près d’une heure et demi. Les dialogues ou les contre-chants à la tierce, à l’unisson de la trompette (Quentin Collins) et du saxophone (Brandon Allen) sont admirables.  Le pouvoir évocateurs du groupe est vraiment puissant, à tel point que dans leur interprétation du thème de Lalo Schifrin dans « Bullitt », on ressent presque les chaos des rues de San Francisco sous les roues de la Mustang Fastback ou de la Dodge Charger, rythmés par la contrebasse tellurique de Kyle. Il se soufflera sur les doigts à la fin du morceau avant d’attaquer le suivant.
Chacun des spectateurs aura son moment préféré dans le concert mais indubitablement l’un des summums fut « Gran Torino », une composition du fils pour le film du père. La contrebasse et le piano (Andrew McCormack tout en subtilité)  en duo avec quelques légers coups de balais sur les cymbales de Chris Higginbottom, puis, le solo de saxophone tout en finesse. Ils finissent leur set avec le joyeux et virevoltant « Pink Panther », que tout le monde a reconnu avant la deuxième mesure.
En rappel, « Moanin », un blues de Charles Mingus, introduit à la contrebasse par Kyle, seul sur scène avant d’être rejoint par tout son quintet.

On va au théâtre, voir et écouter un concert, et on sort heureux, en ayant envie d’aller au cinéma.

Le 18/10/20 au théâtre de Grasse (06)

Deux soirs au Festival Les Émouvantes

Festival Les Emouvantes 2020

17 & 18/09/20 au Théâtre des Bernardines – Marseille

Cette année, c’est masqué que l’on pénètre dans la cour du théâtre. Un passage par le gel, puis par l’accueil avant de rejoindre l’entrée de la chapelle, devenue salle de spectacles.  19h tapantes, (les concerts commencent à l’heure, précise la brochure), Claude Tchamitchian, le directeur artistique, masque à la main, (il est bien à 10 mètres du premier spectateur) présente la soirée.

Premier concert du jeudi, le saxophoniste Jean-Charles Richard rentre sur scène, un sax soprano et un baryton à la main. Il commence, en douceur, par Motherless Child. Un gospel, bien connu qu’il arrange, à sa façon, pour son saxophone soprano. On est loin de la version de Richie Heavens à Woodstock, quoique, l’intensité soit tout autant palpable. Il enchaine sur une de ses compositions avant d’accrocher le baryton à son harnais (c’est que ça pèse un sax baryton) pour quelques titres ornithlogiques, nous dit-il. Un set solo, certes, mais pourtant, Jean-Charles Richard réussi à jouer, le riff, la mélodie et la basse simultanément et… successivement sur son seul baryton. Après un passage virtuose, néo-classique au soprano, il fait en fin de set, sur le micro à gauche, un solo de percussions, du scatt presque,  avec les clapets du sax. Impressionnant. En rappel, un hommage à Steve Lacy dont il interprète New Duck, en précisant: On collabore avec son instrument on ne le soumet pas. Instants magiques de pure beauté.

Le temps de se restaurer, l’heure du second concert arrive. Ils sont deux. Le pianiste anglais Matthew Bourne et le clarinettiste normand Laurent Dehors. Leur set s’intitule:
A Place That Has No Memory Of You, tout un programme. Un duo, des dialogues, parfois soutenus parfois mélancoliques. Le pianiste joue quelques fois debout, des harmoniques directement sur les cordes du Steinway. Le clarinettiste nous fait découvrir toutes les sonorités de ses instruments, du sopranino à la clarinette contrebasse (mais si, cela existe!). Deux à la fois même. Il va même chercher en coulisse sa musette, un biniou du Berry, pour un moment presque dansant. Un long morceau, « triste », c’est son nom, en 4 ou 5 parties, clôture le set.  D’une longue intro lente, largo, piano solo à une fusion des deux musiciens, deux mains staccato sur le clavier, alternance de clarinettes vives, presque chahuteuses. En rappel, le sautillant « 2666 », extrait de leur album « Chansons d’amour ».
Fin d’une bien belle soirée. On peut ranger le piano.Et profiter de la nuit autour d’un verre….

Vendredi 18.

Toujours les travaux dans Marseille…
On commence par un duo pour finir par le solo.
Danses de l’inouï , assis tous deux, côte à côte, Jacky Molard au violon et François Corneloup au baryton (très en vogue aux Émouvantes cette année). Un set qui sera, le nom l’indique bien, très dansant. Dès le deuxième thème, ils jouent une gigue, pas celtique comme les origines bretonnes de Jacky Molard pourrait le laisser penser, mais d’une souche bulgare, le titre « Red Gigue » le confirme. On n’ira pas jusqu’à affirmer que l’on sautille sur place (avec un masque cela n’est guère recommandé) mais chez certains spectateurs l’envie de taper du pied commence à poindre. Le titre suivant Redites qui n’est pas un inédit comme le précise malicieusement François Corneloup, est dédié à Claude Tchamitchian. Le voyage continue, ils nous emmènent à Chypre où le violon est joué en accord (façon guitare), en pizzicati et, comme il se doit, à l’archet, soutenu par le sax qui fait, là, office de basse. Ils rejoignent finalement la Bretagne pour une nouvelle gigue, bel et bien celtique cette fois-ci. Un set, un concert totalement lumineux.

Pour finir cette soirée (et pour moi hélas ce festival) le guitariste David Chevallier va nous plonger dans Le cœur du sujet.
Une création comme les aime l’équipe -et le public- des Émouvantes. Un projet solo à la guitare électrique au cœur de quatre dispositifs sonores. L’ampli Fender, deux enceintes de retour, un baffle, alimentés par les six cordes, les trois micros, de la Telecaster Eagletone Custom et un passage dans un ordi qui spatialise chaque note, chaque vibration. Cela parait artificiel à la description mais dès le premier accord, dès que David Chevallier pose son bottleneck sur son instrument, on oublie la technique pour n’être plus qu’à l’écoute de l’imaginaire du guitariste. De nouveau, un voyage, plus irréel celui-là, aux rythmes du déplacement des doigts, sur le manche, sur le corps de cette guitare. Une note arrive de droite, est reprise à gauche avant de se fondre derrière percutée par une ou plusieurs autres. David Chevallier parait extrêmement concentré, les yeux fermés le plus souvent, il enchaine les passages mélodieux avec d’autres plus crunchy repoussant les limites d’une improvisation boostée par la magie du calcul informatique. Un seul mot: grandiose.

Les organisateurs le promettent déjà, tous ces musiciens reviendront l’an prochain défendre leur projet dans leur entièreté. Pourvu que cette saleté de corona nous laisse enfin tranquille.

Festival Les Émouvantes 8e édition.

Festival Les Émouvantes

du 16 au 19/09/20 au Théâtre des Bernardines - Marseille.

Malgré la crise sanitaire, le Festival Les Émouvantes est bien maintenu, même si l’équipe artistique, sous la houlette du contrebassiste Claude Tchamitchian, a dû revoir le programme. Une nouvelle programmation sur deux années, 2020 étant une prémisse de ce que sera la 9e édition en 2021. En cet fin d’été, sur quatre soirées, le festival présentera huit concert. Une primeur en petite formation, solo ou duo, des projets dont on pourra profiter dans leur entièreté l’an prochain. Ne nous méprenons pas, il ne s’agit pas de représentation au rabais, bien au contraire, nous pourrons assister à une création en deux temps. Profiter tout d’abord, des esquisses, du crayonné, de la découverte des univers des quelques quatorze musiciens qui nous présenterons leurs œuvres. Flûte et contrebasse, vibraphone et batterie, saxophone solo, piano – clarinette basse, violon – sax, guitare électrique, sax et accordéon, ou encore batterie-violon se succèderont dans le superbe théâtre des Bernardines. L’été prochain, ils reviendrons dans leur formation au complet nous enchanter à nouveau.
Et aux Émouvantes, les musiciens ne jouent pas aux stars, la convivialité est de mise même –et surtout- en ces temps difficiles…

Claude Tchamitchian jouera avec Naïssam Jalal

David Chevallier sera seul avec sa guitare électrique

Éric Échampard jouera avec le violoniste Benjamin de la Fuente

Bramerie, Ceccarelli, Luc à Nice

Le 18/07/20 au théâtre de Verdure – Nice (06)

La pluie cesse une bonne demi-heure avant le début du concert, quelques restes d’humidité résisteront sur les fauteuils du théâtre de Verdure mais la fraicheur est bien venue. Sur scène, un trio de grande classe, Monsieur André Ceccarelli qui est presque chez lui, ici. A ses côtés, venu de la riante cité phocéenne, le guitariste Sylvain Luc, il a délaissé pour l’occasion ses habituelles Godin pour une superbe guitare Jacobacci, (une JJ2 pour les amateurs). Côté cour, le (presque toulonnais) contrebassiste Thomas Bramerie. Les trois compères se connaissent bien, ils jouent ensemble depuis longtemps, parfois deux des trois au gré des festivals. Au programme, nous annonce Ceccarelli dès la fin du premier morceau, une soirée de standards, revus à leur manière. On reconnaitra (ou pas) le thème du film d’Otto Preminger, « Laura », suivi par « Sous les ponts de Paris » à moins que cela ne fusse « Sous le ciel de Paris » avec les fameuses introductions de Sylvain Luc. Une série d’accords, quelques notes d’une future mélodie sous le regard de ses deux amis, puis, une esquisse du thème, on se dit alors mais c’est ça, et puis oui, ou non, c’était un autre. Sylvain Luc a un jeu très fluide, on entend chaque note. Il est virtuose, à n’en pas douter, mais jamais démonstratif, toujours dans le plaisir, la beauté du son. Monsieur Ceccarelli, lui est impérial, à l’écoute et en appui de ses deux acolytes, et, quand il nous gratifie d’un solo, on se prend à regarder voyager ses mains, ses baguettes, au-dessus des toms, des cymbales. Quand ils se lancent dans « I Got Rythm », (là-aussi, un thème de cinéma, « Un Américain à Paris »), ils le font sur un tempo d’enfer, que Gene Kelly aurait peut-être eu du mal à suivre en faisant ses claquettes. Thomas Bramerie, discret mais redoutablement efficace, assure le groove, s’autorisant quelques chorus sous les yeux rieurs du batteur.
L’heure du rappel sonne, « La Javanaise » de Gainsbourg avec l’aide enthousiaste ( et parfois légèrement fausse) du public (masqué).

Ça c’est du jazz, çà c’est du Nice Jazz.

Ishkero à Juan

15 juillet, Petite Pinède de Juan-les-Pins

Après quatre long mois de disette musicale, voici le retour des concerts, des photos, des Live Reports.
Si le festival Jazz à Juan est annulé, les Jammin Summer Sessions sont bel et bien programmées, en soirée pour l’occasion. Concert FFP2 cependant puisque le port du masque est vivement recommandé et finalement moins pénible que prévu.
21h tapantes, les cinq musiciens de Ishkero prennent place sur la scène encore baignée d’une douce chaleur. Chacun d’eux, à l’exception du batteur (qui lui, joue avec deux caisses claires), est doté d’un copieux pedalboard
Et d’emblée, ils attaquent leur jazz rock, leur jazz fusion mâtiné d’influence africaine mais aussi celtique (la flûte d’Adrien Duterte, y est surement pour quelque chose). Deux morceaux enchainés avant qu’Antoine Vidal ne délaisse sa basse quelques instants pour nous dire leur plaisir de jouer, de rejouer enfin. Une basse qu’il reprend bien vite pour un long solo avec effets qui introduit le titre suivant.

Victor Gasq, le guitariste se lâche aussi. De longues boucles nappées de flûte ou de Rhodes. Puis vient leur morceau de bravoure, « It’s Time For Bed », où chacun aura son moment. Superbe chorus gilmourien de la guitare, envolée puissante du batteur Tao Ehrilch, quelques sonorités exaltées s’échappent des claviers, le flûtiste se fait percussionniste. La nuit est tombée depuis un moment, les mouettes ont cessé de survoler la pinède. Ishkero se lance dans la partie finale de leur set, « Brume », titre éponyme de leur futur album (sortie reportée à l’automne). De très beaux passages où la guitare et la flûte jouent tantôt à l’unisson, tantôt en canon. Et puis… c’est la fin!
Les cinq musiciens d’Ishkero n’ont pas perdu leur temps depuis leur passage au Jammin Juan en octobre 2018. Ils ont gagné en maturité, leurs nouvelles compositions sont, elles aussi, plus fortes, plus abouties. Mais leur vrai force est d’être un groupe fusion 🙂 plutôt qu’une somme d’individualités.
A la prochaine donc…