Archives du mot-clé Fred D’Oelnitz

Five 2 One ou les Doors à Cannes (live report)

l’afterwork de Five 2 One

Dernier afterwork de cette saison à la médiathèque Noailles de Cannes, c’est presque l’été, le concert a lieu dans le jardin, sous l’ombre bienveillante des majestueux palmiers. Sur la scène, les quatre musiciens de Five 2 One. 18h30, le premier riff de basse est joué par Fred d’Oelsnitz de la main gauche sur son clavier. Pascal Santucci a chaussé un bottleneck sur auriculaire droit, du blues pour commencer. Eric Chabaud exécute une frappe sèche sur la batterie, le chanteur, Krees Moretti, pantalon en cuir, chemise blanche peut lancer son premier cri, les Doors sont à Cannes en la personne du groupe Five 2 One. Pendant plus de deux heures, les quatre compères vont explorer le répertoire des californiens, les grands tubes et d’autres chansons moins connues.

Encore qu’une grande partie du public connait par cœur paroles et refrains et accompagne avec entrain et bonne humeur le chanteur caché derrière ses lunettes noires. En fin du deuxième set, le trio d’enfer, Light My Fire puis Riders On The Storm et La Woman, les titres les plus « jazz » qui bien sûr, l’autre, la gauche, continuant d’assurer une basse impériale. Mais, les meilleures choses ont une fin, et après deux, trois rappels, ils finissent par… The End, bien sûr, signe qu’il est temps de reprendre la route du retour, juste avant le coucher du soleil.

Très belle conclusion d’une fort gouteuse saison d’afterwork. On se prend à espérer que la prochaine sera meilleure encore mais on n’est pas pressé, nous avons un bel été de musique qui nous attend.

 

Mike & Dave à Nice (Live Report)

MIKE STERN & DAVE WECKL BAND,

le 17/11/16 au Forum Nice-Nord (06)

 

La soirée commençait par le Power Triog, fred-doelnitzFred d’Oelsnitz à l’orgue (pas un Hammond, mais quel son tout de même), le guitariste à casquette et Gibson, Jonathan Gritellajonathan-gritella et le batteur Alain Asplanato. Ceux qui pensait entendre du Jimmy Smith ont été déçu, leur répertoire est moins traditionnel, plus énergique, Mc Laughlin, Pat Martino, du d’Oelsnitz et en final une superbe reprise de Carla Bley. De très beaux duo orgue-guitare, fred-johnattanquelques solos bien enlevés, ponctués par la frappe discrète mais puissante du batteur. Un set qui nous mettait dans d’excellentes dispositions pour écouter le groupe de Mike Stern et Dave Weckl. A peine remis d’une double fracture, Mike Stern portait encore un gant noir auquel le roadie à « fixé » son médiator en rentrant sur scène.mike-stern1nv Mais soyez rassuré cela n’a pas empêché le guitariste de faire une prestation de très grande classe. A ses côtés, le bassiste Tom Kennedy, look flegmatique, très anglais bien que natif du Missouri, une basse 5 cordes de luthier et un son rare, à la fois fluide et intense.tom-kennedy Bob Malach, le saxophoniste semblait avoir des problèmes de anche qu’il changeait, réglait fréquemment. bob-malachnvMais quand il embouche son tenor pour jouer quelques phrases ou pour chorusser avec Stern, la magie opère dès la première note. L’autre star du quartet, le batteur Dave Weckl est resté abrité derrière ses futs et cymbales tout le concert, dave-wecklnvon le distinguait à peine, mais point besoin de le voir pour l’entendre, qu’il joue simplement avec les mains pour un duo avec Tom Kennedy ou qu’il montre la fougue et la finesse de jeu rythmique. Ils enchainent sans temps mort, ballades, jazz-rock, des morceaux plus fusion et même un air africain inspiré de Richard Bona, jusqu’au rappel, le « Red House » mike-stern-red-housed’Hendrix où Mike Stern prouve qu’il sait aussi merveilleusement jouer (et chanter) le blues.

On attend déjà qu’ils reviennent.

James Farm à Monaco

James Farm, le 23/11 au palais Garnier- Monte Carlo (MC)

C’est le quintet de Richard Manetti qui inaugurait ce dixième Monte Carlo Jazz Festival. Un guitariste véloce et virtuose accompagné de quatre musiciens de grands talents dont certains bien connus des amateurs de jazz azuréens, le pianiste Fred d’Oelsnitz, le bassiste Jean-Marc Jaffet et le batteur Yoann Serra (remarquable) ainsi que le saxophone de Stéphane Guillaume. Manetti avec sa telecaster, c’est un peu comme si Joe Satriani faisait du jazz, beaucoup de notes, très rapides mais toutes belles et pas une de trop. Leur jazz tend parfois vers le jazz rock mais de cette manière qui s’en plaindrait.

James Farm, quartet de pointures du jazz étasunien, était la vedette de cette soirée. Quatre musiciens, quatre personnalités fortes, pas de leader même si Josuha Redman est le plus connu de tous. Un jazz moderne, inventif, formidablement construit mais laissant une grande place à l’improvisation. Des structures rythmiques audacieuses, des soli impressionnants de technique et de musicalité. Le batteur et le bassiste prennent toute leur part dans la création, tant dans les compositions que dans la texture des morceaux. Ils ont joué, une grande partie de leur dernier et excellent album « City Folk » mais leur musique prenait en live une toute autre dimension.

Laurent Sarrien Vibes Quartet

Laurent Sarrien Vibes quartet
Jazz à La Colle – 16 juillet 2015

Laurent Sarrien a troqué ses baguettes de batteur pour celles plus souples de vibraphoniste. C’est avec Fred d’Oelsnitz au piano, atelier fredFabrice Bistoni à la basse et Stu Ritchie à la batterie que son Vibes Quartet était, ce jeudi, sur la belle petite place de La Colle sur Loup. Nouvelle saison des apéros jazz estivaux. Pendant une heure et demie les quatre musiciens vont nous régaler d’un jazz riche, varié avec ce son si particulier du vibraphone. Une ambiance club en plein air. Des thèmes anciens mais aussi une composition résolument moderne de Robert Galsper, une de Tom Harrel, deux Coltrane, « Village Blues » et l’indémodable « Naima » où Fred d’Oelsnitz nous gratifia d’une introduction très inspirée avant que Laurent Sarrien n’égrène les quelques notes, reconnaissables entre toutes, du monument Coltranien. Très belle reprise. Quel beau moment, ce concert. On reviendra…bistoni ls
Un groupe différent tous les mardis, mercredis et jeudis de l’été, et c’est gratuit.

Nice Jazz Festival – jour 1

Nice Jazz Festival  –  07 juillet 2015

Petite nouveauté pour commencer ce festival, une conférence du journaliste Ashley Khan.conf ashley En fait plutôt une discussion autour de Billie Holiday (on fête son centième anniversaire cette année) avec deus des invités de la soirée, José James et le parrain, Jamie Callum qui tous deux ont repris les chansons de Lady Day dans leur récent album. Des propos à la fois émouvants, respectueux et admiratifs.

Puis on rentrait dans le vif du sujet avec le trio de Fred D’Oelsnitz. fred  françoisVainqueur du tremplin Nice Jazz en 2014, c’était à eux de lancer la fête. Et ils le firent avec brio malgré la chaleur de fin d’après-midi. Toujours aussi sobre derrière le micro, Fred D’Oelsnitz s’exprime Svraiment avec ses mains sur le Steinway du festival. Et quelle musicalité! On notera que François Gallix à la contrebasse était particulièrement en verve.

On continuait la soirée, toujours chaude mais le soleil a désormais déserté la scène, avec un trio du jeune israélien Omer Klein.omer trio Il a littéralement fait chanter son piano, avec ses mélodies superbes desquels s’échappaient quelques tonalités et rythmiques orientales que ses compères Martin Gjakonovski à la contrebasse et Amir Bresler à la batterie ne manquaient pas de relever, telle une épice poivrée, que l’on rajoute dans un plat déjà appétissant.

Un nouveau trio prenait place sur scène, celui qui accompagne le chanteur José James.jose james Il commence tout en majesté avec le répertoire de son nouvel album, les reprises de Billie Holiday. On frisonne avec Body And Soul et autres merveilles bluesy de la grand Dame du jazz. De la classe, beaucoup d’émotion, sa voix chaude, grave s’est parfaitement instillée dans les mots et les notes de Billie. Puis de crooner, il dévie vers le soul singer avec brio. On restera plus dubitatif quand il s’approche du « vrai José James » comme il l’affirme lui-même, « The real José » en infléchissant son programme vers un hip-hop duquel le groove ne s’est pas complètement envolé.

Une petite incursion coté place Masséna me permettait de découvrir les étonnants  Too Many Zooz,zooz un marching Band New-yorkais à seulement 3 musiciens. Dynamique.

Plus tard dans la nuit, le parrain Jamie Cullum faisait son show, jamie blog bondissant derrière sa caisse claire, sur et à coté de son piano. De l’énergie, du fun et du swing.

 

Nice Jazz Festival 3eme soirée

10/7/12

Évacuons rapidement les déceptions

Beth Hart, une belle voix, du coffre mais des compos trop banales pour retenir l’attention. Un tatouage d’une rose sur le bras ne fait pas de vous une nouvelle Janis Joplin

Texas: 3 guitares, mais pas vraiment d’esprit rock, un pop doucereuse à la Pretenders.

Impressions mitigées pour Dr John impeccable dans son costard rouge sang séché. Décors et esprit voodoo, voix ensorcelante. Une section cuivre, trombone et sax baryton aux petits oignons. Mais le show un peu trop rodé ne décolle pas vraiment.

Les moments plaisirs: Jimi Brown ExpérienceFred D’Oelnitz et sa bande commencent par un « Fire » survolté pour ouvrir le set puis revisitent les grands thèmes d’Hendrix et de James Brown, les cuivres interprétants avec brio les parties vocales de ses tubes soutenu par un J. Gritella, impérial, à la guitare. Alors que Dr John célébrait le blues du bayou, coté Masséna, Tinariwen nous transportait au cœur du désert saharien avec leur blues des sables. Des guitares virtuoses, un djembé enfiévré. Et en prime la plus belle tenue de scène de tout le festival. Belle découverte!
Mais le grand moment de la soirée, et peut-être du festival, fut la prestation de Trombone Shorty. Du jazz, du rock, du funk, du swing probablement tout ça à la fois. Haut comme trois pommes, Troy Andrews, n’a pas la trentaine mais maitrise déjà la scène comme un vieux routier des festivals. Il ne laisse pas une seconde de répit  aux spectateurs enchaînant les morceaux à un rythme « tachycardique ». Il ne lâche son trombone que pour empoigner la trompette ou le micro. Devant la scène plus question de rester assis. Tout le monde, y compris les papys venus sagement écouter du jazz, se lève et pogote  à se briser le fémur ou la hanche entre les chaises abandonnées.

Ce n’est qu’aux premières minutes de ce mercredi qu’il consentira à rejoindre sa loge.

Jacques Lerognon