Archives du mot-clé jazz

Les quatre du Trio de Philippe Brassoud

Philippe Brassoud Trio: with Harry Allen

(Autoproduit)

Philippe Brassoud, contrebasse; Ludovic de Preissac, piano;

Gilles Rea, guitare; Harry Allen, saxophone.

En 2014, Le trio du contrebassiste Philippe Brassoud tourne avec le saxophoniste américain Harry Allen et a l’opportunité d’enregistrer en studio quelques titres avec lui. C’est de cette séance qu’est né cet album. Un trio sans batteur (piano, guitare, contrebasse) mais avec un invité au saxophone ténor, du coup, ils sont quatre. Ils nous offrent en neuf titres, trois reprises, trois compos du pianiste, et trois du leader, un petit tour en jazz.  Ils excellent dans le swing avec « Nothin’ From You« . Une jolie balade « Clémence » permet à Harry Allen de montrer un talent très Coleman Hawkins et à Ph. Brassoud de nous livrer un délicat chorus. Un petit Jobim bien coloré pour la route. Un retour au source avec un Ellington, »Isfahan » et sa contrebasse ronde et joyeuse. « Steps For Harry« , du bop comme on l’entendait, a long time ago, dans les clubs new-yorkais. Mais nous aurons une petite préférence pour « Minor’Mood« , avec cette très jolie cavalcade contrebasse-guitare, escortée par un sax résolument allègre.

Un album plaisir.

En attendant un distributeur, les azuréens peuvent le trouver à la Cave Romagnan, la Galerie Depardieu et à la Trinquette, sinon vous pouvez contacter : philippe.brassoud@wanadoo.fr.

 

 

 

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Yoann Kempst

YOANN KEMPST: Taming The Animal

(Dreamphone)

Si l’introit du Cd sonne très jazz, guitare solo, son clair pendant un peu plus d’une minute, l’ambiance change vite dès « Extra Céleste » qui annonce la couleur, gros son, distorsion, larsen, basse puissante et compressée, frappe lourde sur les toms, la grosse caisse, le power trio s’est mis en ordre de marche. Yoann Kempst ne veut pas être un guitar-hero mais l’ombre tutélaire de Satriani et Vai est pourtant là. On y entend aussi du jazz fusion, des soli façon Mike Stern, bref et lumineux ou une ballade apaisée, « Smoke rings » pour un final qu’Hendrix n’eut point renié. Mais cela serait réducteur de ne le réduire qu’à ces influences car au final, il développe, tout au long des dix titres de ce deuxième album, un univers personnel complexe. On ne sait quel animal il a apprivoisé (taming) mais les manches de ses Fender doivent lui manger dans la main!

Live Report : Didier Lockwood à l’opéra de Nice

DIDIER LOCKWOOD TRIO, le 27/02/17 à Opéra de Nice (06)

Il y a souvent des violons à l’opéra de Nice mais, des violons comme ceux de la soirée de ce pluvieux lundi, beaucoup plus rarement. Du violon jazz, du violon swing par deux de ses meilleurs représentants français. Tout d’abord donc, le niçois François Arnaud pour un duo avec l’excellent pianiste Jean-Yves Candela. Un répertoire de thèmes classique du « Days of Wine And Roses » à « Misty » en passant par le dispensable (mais qui a beaucoup plu) « Besame Mucho ». En plus d’un parfait soutien harmonique, Candela amène au duo un swing profond qui permet à François Arnaud de se balader sur son manche à sa guise. Notons que la compo de Candela qui finissait le set était tout à fait superbe, je n’en ai malheureusement pas retenu le nom. Petit entracte pour passer du duo au trio, celui de la tête d’affiche de ce concert, Didier Lockwood. Une formation incluant Diego Imbert à la contrebasse et Noé Reinhardt à la guitare pour rendre hommage au grand Stéphane Grappelli, l’un des précurseurs du violon jazz. Didier Lockwood est en forme et affable, il narre entre chaque morceau quelques anecdotes concernant Grappelli ou ses propres expériences de scènes avec son instrument fétiche. Il plonge dans le répertoire de Grappelli (les valseuses, …), de Reinhardt (Nuages, Minor Swing, …) ou dans le sien (Barbizon Blues,…) pour nous offrir un long set  de musique vivante, enjôleuse, rythmée qui a enchanté le public de l’opéra, plein du parterre au poulailler. Il termine, avant un très swinguant rappel, par son fameux solo, près de 20 minutes, où, armé de son violon Goldorak et de ses loopers et pédales d’effets, il va nous faire voyager dans son univers musical. Les mouettes, bien sûr, mais aussi un peu de folk celtique, du jazz presque rock, de la wahwah, la balade dans le public pour revenir sur la scène en un final explosif. Remarquable musicien, tout sourire. Ces échanges de regards avec son complice Diego Imbert quand celui-ci se lance dans un chorus ou dans une joute tout en bas du manche. Peut-être un peu plus de réserve avec le guitariste, une admiration et un respect réciproques.

En rappel, Lockwood invite François Arnaud à le rejoindre sur scène- son ampli était déjà prêt- Minor Swing mais jazz majeur!

Cette salle à l’italienne sonne aussi très bien pour le jazz, espérons que l’expérience sera renouvelée très bientôt.

Mental Medication

Mental Medication

(Maxiphone Colectif)

 

Quand on lit le nom de ce groupe de jazz, Mental Medication, on se doute que l’on ne va pas entendre du bon vieux bebop, impression confirmée par la première écoute et les suivantes. Ils sont produits par le Maxiphone Collectif, celui qui abrite entre autres, Géraldine Laurent. Le quintet se compose de Nicolas Granelet aux claviers, d’Olivier Duperon aux saxophones, d’Alban Guyonnet aux percussions et vibraphone, la batterie est tenue par Damien Gouzou et la basse par Sunny Adroit. Leur inspiration revendiquée est l’Art Brut mais ils puisent leurs sources musicales aussi bien dans le jazz, que dans la musique contemporaine (on entend comme du Bartók dans leur thèmes) mais aussi du prog et du rock, avec des arrangements qui ne déplairaient surement à Frank Zappa. De la musique écrite et improvisée du XXIème qu’il fait bon découvrir et entendre.

http://www.lemaxiphone.com/mental-medication

 

Back to the Village

Fred Hersch Trio
Sunday Night at the Village Vanguard

(Palmetto)

 

Fred Hersch est un habitué du Village Vanguard, le mythique club Newyorkais. C’est la 4e fois qu’il y enregistre un album, et le second avec ce trio (John Hébert, basse; Eric McPherson, batterie), c’était un dimanche soir de mars 2016, le set de début de soirée. Un vieux standard de R. Rodgers, puis des compos du pianiste suivis de reprises, et pas n’importe qui, Kenny Wheeler, Monk, Jimmy Rowles et… Paul McCartney.  La différence est très marquée, si son jazz reste un très classique piano trio, on a l’impression qu’il se laisse plus aller dans les covers, à commencer par sa revisitation du « For No One » des Beatles. Une intro, piano solo, de simples notes égrenées, avant de découvrir le thème, les balais sur la caisse claire, accords de la contrebasse puis les harmonies de Fred et Paul.
On peut s’attarder aussi, par exemple,  sur « We See » et écouter comment Hersch se glisse dans les notes de Monk avec une certaine délicatesse.
Magique!

Du Metallica par un trio jazz!

M&T@L: IK

(Label Durance)

Jouer du Metallica quand on est un trio jazz, basse, batterie, saxophone peut semblait une étrange idée, voire une gageure, mais l’écoute de ce Cd prouve qu’ils avaient bien raison d’essayer car ils ont réussi à faire groover des compositions de heavy metal. Les riffs sont confiés tantôt à la basse de Laurent David, tantôt au saxophone de Thomas Puybasset, voire parfois au deux. Ils se chargent de même des chorus ou de la réincarnation des parties vocales. Bluffant ! Maxime Zampieri assure une rythmique puissante à la batterie. Si sa grosse caisse est très sollicitée, la finesse de son jeu se retrouve dans l’usage souvent étonnant des cymbales.

Ecouter leur version de « Master of Puppets » ou de « SeekAndD Destroy » vous serez convaincu. En plus, au moins deux d’entre pourraient tout à fait passer pour des métalleux.
Vont-ils s’essayer à Motorhead pour leur prochain opus ?

Disponible en numérique sur Label Durance

Rantala/Danielsson/Erskine

Rantala/Danielsson/Erskine :
How Long is Now

(Act Music)

Pour son nouvel album en trio, le pianiste finlandais Iiro Rantala s’est adjoint deux pointures de chez Act Music, le bassiste Lars Danielsson et le batteur Peter Erskine. S’il commence par le superbe thème de Kenny Barron, Voyage, Rantaal compose l’essentiel du disque, laissant deux titres à Daneilsson et un Erskine mais aussi un à Jimi Hendrix (merveilleuse reprise toute en finesse de Little Wing) et enfin une révision à la fois respectueuse et enchanteresse d’un Kyrie de JS Bach. Les mélodies sont – il le revendique- assez simples mais elles permettent aux trois musiciens de s’exprimer plus librement. Son jeu de piano est très mélodieux, il semble plus caresser que frapper ses touches, certains morceaux (A Nut, Bruno) sont presque dansants. Un beau trio que l’on aimerait bien  voir sur scène.