Archives pour la catégorie Blues

Des disques et concerts de Blues

Punk in Pink

Lilix & Didi: Young Girls Punk rock

(M&O / Pedagosic / DOM )

Depuis leur premier album, il y a 3 ans, les deux petites Lilix & Didi ont grandi mais, à 15 ans, désormais plus jeunes femmes que gamines,  elles ont toujours une rage adolescente qui fait plaisir à entendre (et probablement à voir).
Dans ce nouvel enregistrement paru fin 2018, elles se partagent toujours la basse, la batterie et les parties vocales mais elles ont, en plus, recruté, Zoé, une jeune guitariste et claviériste pour renforcer le groupe. Le grand, Lio (Lionel Riss des MoOonshiners) fait toujours partie de l’équipe avec ses Stratocaster et ses chorus cinglants mais bientôt, elles risquent de n’avoir plus besoin de lui. ( on pourra avoir alors un album des Mooons, précédemment cité!). Les voix, qui pêchaient un peu dans leur premier opus, ont gagnés en assurance et en maturité.
Au programme de ce nouveau CD, beaucoup de reprises des grands anciens.  Les Ramones pour se mettre en appétit, The KKK take my baby away. Sham 69, If The Kids Are United qui leur va si bien, chanté en français.  Le Clash, avec un vibrant White Riot. Une petite pépite, un Renaud du temps où il n’embrassait pas les flics, « Camarade Bourgeois » qui sonne dans leurs bouches comme si la chanson avait été écrite hier. Les femmes ne sont pas oubliées avec une version rageuse d’un titre des anglaises de Made of Ace (leurs grandes sœurs). Comme le blues est l’essence de tout, elles s’y reviennent en tâtant après Steve Ray Vaughan,  du John Lee Hooker, Boom Boom! Wouah! Pour finir, le parrain, le tonton punky, Didier Wampas, avale une mouche avec elles, en toute fin d’album!

Punk certes, mais c’est surtout du bon gros Rock’n’roll que ce brave Lemmy eu autant apprécié qu’un godet de son Jack!

https://didix.bandcamp.com/album/young-girls-punk-rock
http://www.pedagosic.fr/dons/lp.html

allez pour le kif un p’tit morceau:

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Same Player Shoot AGain

Same Player Shoot Again
« Our King Freddie »

(Bonsaï Records)

Le groupe Same Player Shoot Again emprunte pour le titre de son premier album  le nom de Freddie King, le fameux bluesman, l’un des trois « Kings » avec B.B. et Albert. il puise 14 titres, pas forcément les plus connus, dans le répertoire, du guitariste qui a inspiré (pas tout seul certes!) le Chicago Blues.  Ce Blues avec cuivres qui aime autant le rock que la soul funky. Loin de faire un tribute band, les sept jeunes musiciens franciliens s’approprient la musique, le son, de Freddie pour le faire leur. Hommage mais pas pillage! Une rythmique corsée, Max Darmon à la basse électrique, Steve Belmonte à la batterie. Un clavier, celui de Julien Brunetaud dont les nappes de Hammond, groovy à souhait, éclairent tout l’album. Deux saxophones pulsent façon Blues Brothers, Loïc Gayot au ténor et Jérôme Cornélis à l’alto,  qui lui, vient aussi  faire quelques parties fort bien venues à la guitare. Roman Roussoulière à la guitare solo et Vincent Vella au chant ont, à eux deux,  la difficile tâche de « faire » Freddie. Et c’est plutôt réussi, la voix et grave et chaude, parfaitement posée avec juste ce qu’il faut de rauque pour semer le trouble. On sent bien que le guitariste connait plan par plan tous les chorus du maître, mais il ne se contente pas de les reproduire à l’identique, il joue avec les codes, avec les cordes, avec les tirés, les glissandos et se forge son propre style. Dans « Going Down« , il s’amuse à une petite joute de toute beauté, manche contre manche, avec son compère qui a délaissé pour le coup son sax, le tout sur des accords de piano très Jerry Lee Lewis. « Hideway« , un des tubes immortels de Freddie King est aussi un des grands moments du disque, le shuffle tourne, tourne, les doigts descendent jusqu’au dernières frettes. Un peu plus tard, le rythme ralenti, « Ain’t No Sunshine« , c’est l’heure du slow Blues, la basse tente de se détacher un peu mais le guitariste ne veut rien lâcher alors que le chanteur attend désespérément le retour du soleil. Avec ces jeunes gens « The Blues is Alive and Well » pour paraphraser une pochette de Johnny Winter.

Petite cerise sur le gâteau, la superbe pochette a été créée par le plus rockeur des dessinateurs de BD, Frank Margerin himself. Et même au petit format CD, cette illustration façon flipper 70′ est un pur délice.

Ronan, le loup solitaire

RONAN ONEMANBAND: Lonesome Wolf

 (autoprod)

Après une maquette qui a longtemps fait patienter ses fans, le breton Ronan sort enfin son nouvel album: Lonesome Wolf. Il est toujours tout seul, c’est l’idée du One Man Band, une guitare dans les bras, une grosse caisse, une caisse claire au bout des pieds, un micro vintage. Ronan aime bien les guitares homemade, elles vont bien à son chant. Une cigarbox guitar, à l’ancienne quand dans le sud profond, on ne pouvait pas se payer une vrai gratte, ou alors une skate guitare issue d’une planche à roulette ou sa vieille électro flanquée du slogan « this machine kills fascists« , empruntée (le slogan pas la guitare) à Woody Guthrie. Sa musique c’est du blues roots, celui des pionniers, mais augmenté d’une belle énergie électrique qui le fait parfois tourner au boggie Hookerien. Il use souvent d’un bottleneck sur ses trois, quatre ou six cordes pour accompagner sa belle voix grave et profonde, (Sa marque de fabrique) rocailleuse et faussement nonchalante.  Les huit titres (on en aurait bien pris quatre ou cinq en plus) sont majoritairement ses compositions ou une adaptation à sa sauce de Blind Willie Johnson (In My Time Of Dyin’) et Son House (Death Letter Blues). Ses textes évoquent la booze, les retours de concert fatigué, les amours malheureux dans la plus belle tradition des blues du delta.

Le disque existe en CD, en vinyle et même en… K7 old school. Mais attention le crayon pour rembobiner n’est pas fourni!

Osez Ronan et surtout allez le voir quand il passera près de chez vous. Il de ceux que l’on n’oublie pas quand on l’a vu et entendu sur scène.

On peut le commander là
http://ronanonemanband.wixsite.com/ronan-omb
ou ici
https://www.facebook.com/ronan.onemanband
ou sur Deezer, Spotify, I-tunes et Apple musical

 

la cigarbox Guitar

 

Women play the Blues

Women play the Blues… Et plutôt bien!

Jane Lee Hooker: Spiritus

(Ruf Records)

Contrairement à ce que leur nom pourrait faire penser aucune des cinq musiciennes du groupe Jane Lee Hooker n’est la fille cachée du grand bluesman de Clarksdale, l’irremplaçable John Lee. La filiation est seulement musicale, le blues. Elles sont, en partie, issues de la scène punk et garage new-yorkaise (l’une des guitaristes Tracy Hightop fut dans les Nashville Pussy) mais elles ont, sans nul doute, le blues chevillé au corps. Il suffit d’écouter leur reprise du Black Rat de Big Mama Thornton pour s’en persuader. La chanteuse Dana Athens -aussi claviériste- a une voix puissante et chaleureuse. Les deux gratteuses rivalisent de feeling avec leurs guitares, chorus trempés dans l’acide sulfurique, riffs efficaces. La rythmique vigoureuse, sait se faire délicate dans le slow blues qui clôt le disque, juste pour nous donner envie de presser la touche « repeat ».
Keep on rockin’ ladies.

Eric LaValette Band

Eric LaValette Band

Deadline

Troisième album du bluesman toulousain Éric LaValette, il avait convaincu  dès son premier opus « No Land’s Man » en 2007, il confirme avec celui-ci, plus mature, plus abouti. Éric ne se contente pas de se prélasser dans un blues rock bien carré qui lui sied pourtant fort bien, il explore plusieurs facettes de sa musique de prédilection dans les onze compos de l’album. Du rythm and blues (avec trompette et sax), au blues acoustique au dobro, la ballade folk, le shuffle, on aura même le petit côté Hendrix de « I Just Can’t Say » et bien sûr le rockin’ blues, un peu gras. Les chorus sont bien sentis et évitent les longs discours stériles. On aura un petit faible pour les morceaux où LaValette joue du slide. Mention spéciale à Greg Lamazères qui diapre chacun des blues avec les sonorités chaudes de ses harmonicas.

ELB rejoint avec Deadline dans mon top 3 des groupes de blues frenchies avec Alexx & The Mooonshiners et  Manu Lanvin et son Devil Blues.

Dispo sur www.ericlavalette.com

The Lilix & Didi Rock Band

The Lilix & Didi Rock Band

« Autre chose à faire le soir. »

lilix & Didi Rock Band

On pense du haut de notre grand âge que tous les jeunes n’écoutent que de la musique pour décervelés, prémâchée façon McDo! Lilix et Didi nous prouve le contraire avec leur power trio. Elles ont toutes les deux 12 ans, elles jouent alternativement la batterie et la basse et elles chantent en français. Elles composent même trois des dix titres dont « Jouer devant vous » aux paroles assez touchantes. Les autres sont des reprises allant de Souchon à Pink Floyd en passant par Beethoven (ouin oui Ludwig Van, lui-même! ) et un « Life By The drop » popularisé par le génial Steve Ray Vaughan. Elles sont accompagnés par un « grand », le guitariste Lionel Ris, celui des Mooonshiners. La pochette est de Margerin, mazette ce n’est pas rien çà! Didier Wampas, himself, vient faire un titre avec le trio, c’est dire le sérieux du projet.

Bravo les filles! Vous confirmez avec cette petite galette plus que sympathique l’adage de Neil Young: « Rock’n’roll Will Never Die« .
visitez le site www.pedagosic.fr pour vous persuader du talent prometteur de Lilix et Didi.
Un bravo aussi à Lionel, le prof-guitariste.

Beth Hart & Joe Bonamassa

Live in Amsterdam

J.R. Adventures

 

beth-hart-joe-bonamassa-live-in-amsterdamSéparément Beth et Joe sont capables du meilleur comme du pire mais ensemble la magie opère surtout en live. Leur revue rythm and blues à tout pour plaire, une section cuivre, trompette, trombone, saxo pour le groove. Guitare, Basse, Batterie, claviers pour le rock. Beth chante tous les titres parfois au piano, Joe fait les parties guitares, solo, extravagante, bluesy ou hardeuse. Deux fois douze titres, essentiellement des reprises des maitres du genre, Steve Cropper, Al Kooper, Glenn/Fusion, Freddie King, Tina Turner… Etrangement du Melody Gardot pas ennuyeux. Mais les must sont « Chocolate Jesus » de Tom Waits, Beth au piano bastringue et voix et surtout le fameux « Strange Fruit » popularisé par Billie Holiday où toute l’émotion de cette chanson est véhiculée par le magnifique chorus de Bonamassa.

ET on l’avoir en DVD.