Lucky Dog Live

Lucky Dog:
Live at the Jacques Pelzer Jazz club

(Fresh Sound New Talent)

Frédéric Borey et Yoann Loustalot respectivement trompettiste et
saxophoniste ont créé Lucky Dog en 2014 avec le contrebassiste Yoni Zelnik (excellent avec Géraldine Laurent) et le batteur Frédéric Pasqua ( que l’on a apprécié avec Sophie Alour) . Leur premier album éponyme était déjà très séduisant. Le nouveau, enregistré en live, sans les fioritures du studio, l’est encore plus. Dix titres, cinq compositions pour chacun des leaders. Borey délaisse parfois son ténor pour un soprano, donnant une tonalité plus enjouée à ses mélodies. Le jazz c’est l’impro, mais aussi l’harmonie du groupe et là, elle irradie de tous les instants. Leurs chorus à l’unisson, qui sous la pression de la rythmique, se désarçonnent, s’échappent, pour mieux se retrouver, en final, dans un retour au thème, écoutez Trouble pour vous en convaincre. La majorité des titres dépassent les sept minutes, le groupe prend le temps, que les tempos soit rapides ou lents, d’emmener le public avec eux, par petites touches au cœur de leur musique.
Du beau jazz contemporain à la musicalité élégante et raffinée.
Peut se savourer avec un chat sur les genoux !

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Eddy Ray Vintage

Eddy Ray Cooper au Vintage Festival

Quand on entre dans le Parc Guérinière à La Colle-sur-Loup on passe devant de superbes Trikes Harley Davidson, quelques voitures hors d’âge mais en superbe état et même une concentration de combis Volkswagen.

Des stands de vêtements et bijoux précèdent la partie restauration. Et enfin le préau couvert.

C’est devant une assistance quelques peu clairsemée ( peut-être à cause du foot) qu’Eddy Ray Cooper et ses Nice Two ont pris place sur la scène.

Il fait encore jour, on voit les arbres aux alentours quand Eddy (les cheveux impeccablement gominés – t’es rock ou tu l’es pas!- balance le premier accord sur sa resplendissante Gretsch rouge. C’est parti pour deux heures de Rock’n’Roll et de country. Il reprend vite une chanson de Johnny Cash (son fantôme va survoler la scène pendant tout le concert) avant d’interpréter quelques titres de sa composition, du dernier album « Thirty & Eight » et des précédents. Giuseppe Zanforlin bouscule sa contrebasse, les cordes claquent sur le manche façon Rockabilly. Dans le public, l’ambiance monte, certains se risquent même à danser. Il y a de la place. D’autres préfèrent chanter avec Eddy. Il délaisse sa guitare pour faire quelques soli sur la slide posée juste à côté de son micro.On aura droit à deux très belles version de Cocaïne blues, celle très rythmée, popularisée par « The Man in Black », Johnny Cash himself et une autre plus folk, plus forte en émotion écrite par Townes Van Zandt. Eddy Ray Cooper ne se départi pas de son sourire, il cabotine un brin (mais avec une bonhomie non dissimulée) quand le cameraman s’approche et l’éclaire de son flash. Il réussit le tour de force d’enlever sa veste sans ôter la sangle (floquée à son nom) de sa guitare de l’épaule. C’est l’heure de jouer son fameux Lemoncello Blues, cela tombe bien il fait soif. Plus tard, en entendant le riff staccato de Ring Of Fire, on se dit que la soirée se termine. Mais de quelle façon! I Wanna Jive Tonight puis les lumières s’éteignent. Il restait encore deux soirées à venir, BB Blues et Lone Redneck.
Un très bel endroit, une belle initiative que l’on espère revoir l’an prochain. L’organisation devrait cependant penser à améliorer la communication (et le fléchage) pour faire de cet événement une plus belle fête.
Et comme le chante Neil Young Rock’n’Roll will never die!

Thomas Bramerie, un pas devant

Thomas Bramerie: Side Stories

(Jazz Eleven)

Thomas Bramerie, le contrebassiste qui a participé à près de cent albums n’en avait jamais publié un sous son nom. C’est chose faite sur le tout nouveau label de Giovanni Mirabassi, Jazz Eleven. Le sideman passe devant, en trio avec deux jeunes musiciens plus que prometteurs, Carl-Henri Morisset au piano et Elie Martin-Charrière à la batterie. Leader, il signe la majorité des titres, démontrant avec brio que derrière le musicien, il y a aussi un compositeur, un mélodiste subtil et inspiré (écoutez « Emile« ). Trois invités prestigieux lui rendent visite sur quelques plages, Éric Legnini derrière son Rhodes, Jacky Terrasson au piano, et Stéphane Belmondo (il officie aussi comme directeur musical du projet), avec ses bugle et trompette. S’il commence par un long riff à la contrebasse « Pichòt Bebei » et fini par une reprise, « Avec Le Temps« , en solo, il évite de faire un disque de bassiste, laissant à ses compères, un bel et généreux espace. Le titre éponyme « Side Stories« , en est un bel exemple. Thomas Bramerie joue même de la guitare sur l’un de ses thèmes « Tròc de Vida » où Belmondo délivre un très beau et langoureux solo tout comme, plus loin, dans leur interprétation d’une vieille chanson, « Un Jour Tu Verras« ,  popularisée en son temps par Mouloudji. Monk, « Played Twice » et Nat Adderley, « Work Song« , s’immiscent dans la setlist comme un hommage aux grands anciens. Plus étonnant, un arrangement, finalement très jazzy, d’un « tube » du compositeur anglais Edward Elgar (1857-1934), » Salut d’Amour« . En complément de l’album, à l’intérieur du très beau triptyque en noir et blanc, un livret contenant quelques textes de Thomas Bramerie. Des réflexions, sur la vie, son fils Emile (joli addendum au morceau qu’il lui dédie), le jazz, les tournées, les chiens. Il rajoute au talent sur les quatre cordes de son instrument, un joli brin de plume. Un micro regret (très personnel) j’aurais bien entendu quelques extravaganzas de Pierrick Pedron sur cet album. Ce n’est que partie remise car il y en aura d’autres à n’en point douter!

 

Bryan envoute l’Opéra Garnier

Le 31/05/18 à l’Opéra Garnier –Monte-Carlo (98)

Les trois jeunes londoniennes de Paradisia ouvraient la soirée par une chanson à capella avant que l’une d’entre elles rejoigne une harpe et une autre un clavier rouge. Elles chantent quelques titres de leur album  » Sound of Freedom » dont une superbe reprise de Bruce Springsteen « Dancing in The Dark« , étonnement lumineuse. Après un entracte qui a permis aux retardataires de rejoindre leur place. Plus un seul strapontin n’est libre quand les huit musiciens prennent place sur la scène de l’opéra Garnier, précédant de peu Bryan Ferry. Costume noir, chemise blanche élégamment déboutonnée, il agrippe le micro pour entonner « The Main Thing« . Suivront pendant un heure et demi une collection de chansons empruntées tantôt au répertoire de Roxy Music, tantôt à celui de ses albums solos avec les incontournables « Slave To Love », « Avalon », « Love Is The Drug » et une version presque country de « Virginia Plain » où Chris Spedding s’en donne à cœur joie à la guitare (comme tout au long du set d’ailleurs). Le groupe est vraiment excellent, et fait bien plus que l’accompagner. Les deux choristes n’ont rien à envier (à tout point de vue!) à la Lisa Fischer des Stones. Le batteur Luke Bullen assure une pulsion rock à toute épreuve (Il y a du Ginger Baker chez ce jeune homme). Une violoniste, altiste, Marina Moore, pousse son instrument dans ses derniers retranchements, relayé par une saxophoniste, Jorja Chalmers, coupe à la Louise Brooks, aussi à l’aise au ténor qu’au soprano. En rappel, « Let’s Stick Together« , presque boogie, Ferry à l’harmonica, Spedding chorusse sur sa Gibson. Merveilleux final enchaîné sur la reprise d’une mythique chanson de John Lennon « Jealous Guy« . Beaucoup d’émotion avant de quitter ce bel opéra.

Bryan Ferry est encore un fringuant jeune homme de 73 ans que l’on espère bien revoir en live très bientôt.

Accordéons-nous avec Frédéric Viale

Frédéric Viale: Pars en thèse Jazz

(Absilone)

Bien qu’estampillé accordéoniste de jazz, Frédéric Viale a longtemps mêlé à sa musique des rythmes, des harmonies sud-américaines ou celles plus françaises du musette. Pour son cinquième album, une bonne idée, il cède à la tentation du jazz. Du vrai de vrai! L’autre bonne idée, c’est le lineup, associer à l’accordéon, un duo de soufflants, un trombone (celui du péruvien Humberto Amesquita) et le saxophone ténor de l’excellent turinois Emanuele Cisi (Ah, ce son dans Ika!) avec, bien sûr, contrebasse et batterie pour la partie rythmique. Les interactions entre les trois solistes sont savamment arrangées, elles offrent aussi de beaux instants où l’improvisation reprend le dessus. C’est ça aussi la magie du jazz! Et la thèse invoquée en titre par Frédéric Viale est, de fait, réussi car l’album déborde de swing. Entre les reprises et les compositions en hommage à ses maitres (Mulgrew Miller, Kenny Baron, Sony Clark, Donald Byrd) il glisse une vielle chanson française (Sous les Ponts de Paris).  Et comme on ne se refait, il y a tout de même un titre qui reste musette, intitulé malicieusement Swing Interdit. Osez le Vendredi 13 qui ouvre le Cd, vous verrez, il est de ceux qui porte chance.

Souhaitons que cette parenthèse ouverte ne se referme pas de sitôt.

 

Disponible dès le 4 juin

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Deux live de Michael Wollny

Michael Wollny: Wartburg

(ACT Music)

Le jeune et prolifique pianiste allemand Michael Wollny retrouve, pour deux albums live paraissant simultanément, son trio favori avec Christian Weber à la contrebasse et le batteur Eric Schaefer. On s’intéressa surtout au premier enregistré à Wartburg. Onze compositions, essentiellement des membres du groupe où leur complicité, leur plaisir à jouer ensemble éclate à chaque instant. Sur les quatre morceaux où Émile Parisien joue de son soprano en invité, leur musique se rapproche du sublime qu’il dialogue avec le batteur (Engel) ou avec le contrebassiste (Make A Wish) qui tisse une trame serrée sur laquelle, ensuite, les deux solistes peuvent, tour à tour, déposer trilles, mélodies et arpèges. Du beau jazz de notre temps. Dans l’album Oslo, c’est le Norwegian Wind Ensemble, qui est en guest sur quelques morceaux. Plus doux, mélodies plus ciselées. Fauré et Debussy viennent se faire jazzer leurs compositions parmi celles du pianiste leader. On peut goûter les deux Cd, les enchainer même ou alors préférer l’un ou l’autre. Un même esprit les anime cependant faire une musique vivante et réjouissante.

Punk celtique alsacien

The Moorings: Unbowed

(Mast Production)

Après un album acoustique live à La cigale, les Alsaciens de The Moorings, remettent la gomme pour ce nouvel album. Il passe avec brio du rafraichissant celtic punk de leur premier EP à un folk rock énergique du plus bel aloi qui garde tout de même ses influences irlandaises. Un line up à géométrie variable, accordéon, flutiau, violon, guitares, basse électrique, batterie.  Leur musique n’est pas sans rappeler, parfois, celle de la petite troupe de Mike Scott, The Waterboys.

S’ils conservent quelques chansons à boire qui font partie leur répertoire, (la pochette en atteste), ils y rajoutent quelques chansons plus profondes, plus engagées qu’ils chantent en français. On n’intitule pas innocemment un CD « Unbowed » soit « Insoumis« . « Mutins » et « Les Bras Piqués » en sont de beaux exemples tout comme leur version de l’Amsterdam de Brel où des accords d’un banjo bastringue surgit une émotion, une tendresse que le grand Jacques n’eut pas reniée. Puis une petite flute vient faire danser une gigue qui fleure bon le jus de houblon malté et… la bonne humeur revient, précédent une chanson de marin mélancolique et joyeuse comme il se doit. Quel bon groupe. A découvrir sans attendre!

 

Du blues, du jazz et du roman noir… Et du bon vieux Rock