Archives pour la catégorie Concert Rock

mes concerts Rock

Magma & King Crimson à la pinède

Après le blues, Jazz à Juan propose une soirée exceptionnelle consacrée au Rock (Jazz?) Progressif avec deux groupes cinquantenaires. Les français Magma et les anglais King Crimson.
Première légende à entrer en scène, le Magma de Christian Vander. Huit musiciens. Il n’est pas aisé de raconter un concert de Magma, dire que Christian Vander est habité par sa musique est un faible mot car en fait tout le groupe l’est. Il suffit de voir Benoît Alziary se démener sur son vibraphone ou de regarder le regard du batteur aller constamment de l’un à l’autre. Au programme du jour, deux titres seulement parmi les plus emblématiques du groupe. Köhntarkösz et son intro volcanique, batterie démoniaque, juste avant l’arrivée des voix. Puissance sonore, attaque impeccable, précision du placement de chacun (et chacune). Stella Vander et Hervé Aknin se complètent parfaitement. Le bassiste Philippe Bussonnet maintient le riff de basse sans dévier d’une once. Pour le plus grand plaisir des fans (et des autres, n’en doutons pas) Magma enchaîne après les applaudissements avec Mekanik destruktiv commando. Trois choristes rejoignent le groupe, les amateurs de jazz azuréens reconnaissent Sandrine Destafanis parmi elles. Le cadre est toujours aussi merveilleux, le coucher du soleil éclaire la scène par derrière. Le jeune guitariste Rudy Blas s’autorise quelques chorus de grande classe, plus tard, il double sur ses six cordes le chant de Stella. Vander frappe toujours puissamment mais avec mon de rage que dans le passé, semble-t-il. Leur musique devient hallucinatoire mais reste chaleureuse. En final Christian Vander chante debout entre ses fûts simplement accompagné du Rhodes et de la guitare. Après un dernier salut, ils quittent la scène. Vander revient sur ses pas et dédie le concert (et tous les autres) à John Coltrane.
Après Magma, il fallait bien trois batteurs pour faire le poids. Cela tombe bien King Crimson aligne justement trois batteries sur le devant de la scène. Les autres, les guitares, Robert FrippJakko Jakszyk, les basses de Tony Levin, les saxs et flûte de Mel Collins sont en retrait sur une estrade. Pas de photos autorisée, même les smartphones doivent être dans les poches. Sur les écrans géants images en plan fixe. Après Magma, on a du mal à s’enthousiasmer totalement, malgré la performance technique des batteurs. Malgré la qualité et la complexité des arrangements. Malgré l’impeccable mise en place. Malgré les chorus de saxophones. Malgré une setlist en forme de best of qui fait la part belle à l’album « In The Court of The Crimson King« , paru en 1969…Les ingénieurs du son du groupe ont poussé le volume vers le haut. Les chorus de guitare sonnent heavy metal. Mais les mélodies ne sont pas noyées dans une bouillie sonore. Un show très bien réglé, parfaitement interprété sans la moindre anicroche mais hélas sans la moindre fantaisie.
Minuit pile, fin du set avec un Starless somme tout envoûtant. Puis en rappel, l’inévitable et toujours magique, 21st Century Schizoid Man qui permet à chacun des musiciens d se distinguer une dernière fois.

ils nous photographient, on les photographient


Il ne nous reste plus qu’à descendre les hautes marches des gradins et rejoindre la nuit…

Le 16/07/19 à la Pinède Gould – Juan les Pins (06)

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Miossec live au Lino

En ouverture de la soirée Laure Briard et ses Briardinhos. Derrière, quatre jeunes hommes jouent une pop gentillette avec enthousiasme et sincérité. Une basse Hofner à la McCartney jouée presque tout le temps en fuzz, amusant. Devant Laure Briard chante sans grande conviction en français, en anglais et même en portugais en s’accompagnant de deux ou trois doigts sur un synthé.
Puis, le temps d’installer les 7 ou 8 « cymbales à lumière » au fond de la scène, Christophe Miossec rentre en scène son Aria Pro 2 vintage en bandoulière. Un percussionniste, un guitariste (niçois !) et un claviériste l’accompagnent. Pas de basse, c’est un clavier qui s’en charge. Au coin d’une boite à rythmes, la mascotte du groupe veille! C’est un show très rock qu’ils vont nous offrir. Certaines intros sonnent même comme du AC/DC, on ne s’attend pas vraiment à ça pour envelopper la mélancolie désespérée du chanteur breton. Mais pourtant cela fonctionne à plein régime, quand il casse sa corde mi aigu, Miossec continue à jouer sans vraiment s’en soucier, jusqu’à ce que le « guitar tech » vienne lui tendre une gratte de secours qui patientait peinarde à côté de l’ampli. Miossec chante vraiment bien ce soir mais il n’est pas très disert entre les morceaux, à peine un merci de sa voix travaillée à la Lucky Strike sans filtre!
Il égrène les titres de son dernier album « Les rescapés » auquel il mêle quelques vieux titres qui font la joie d’un public nombreux et très fan. Certains sont venus de loin pour l’entendre, d’autres en sont à leur 20e concert et ils ont qualifié celui-là d’exceptionnel.Le premier rappel débute avec « Les bières s’ouvrent manuellement » en duo guitares-voix, magnifique bien que cafardeux. Bien plus tard, il chante « Je m’en vais » mais ne le fait pas, il a encore une petite chanson  » Nous Sommes« avant de nous rendre à la nuit.

 

le 05/04/19 au Théâtre Lino Ventura de Nice

Tony, Stu & Gergo

La salle Jean Vigo de l’Espace Magnan est déjà quasiment pleine quand le groupe Yang prend place sur scène. Un groupe de rock instrumental monté par Frédéric L’Épée, guitariste bien connu de tous les azuréens, fan de la six-cordes. Il a enseigné la guitare a un bon nombre d’entre eux. Il y en avait dans la salle et même sur scène puisque Laurent James, l’homme à l’Ibanez vert fluo façon Steve Vai , a étudié avec Frédéric avant d’intégrer son groupe des années plus tard. Un set d’une petite heure qui explore leurs trois albums. Dans la majorité des thèmes les deux guitares jouent en contrepoints, Laurent à gauche, très distordu, Frédéric à droite, et son superbe son de Gibson Les Paul. L’influence Frippienne est indéniable mais certains anciens se rappellerons Philharmonie, le précédent groupe du leader. D’autres morceaux sont beaucoup plus énervé et font un bon pont avec le groupe qui arrive juste après le cours changement de plateau. Il ne reste de la place que sur scène car, dans la salle, le moindre siège est occupé.

Stuart Hamm, vêtu d’un pantacourt et d’un T-shirt flanqué d’une clé de Fa, arrive, basse en main. Gergo Borlai, tout sourire, se glisse derrière son imposant drumkit puis, élégant, malgré sa casquette à l’envers, Tony MacAlpine s’assoit sur un tabouret de bar placé près d’un clavier. Sa guitare a huit cordes ce soir. Il va en tirer le maximum pendant près de 90 minutes intenses, métalliques sous les coups de boutoir telluriques du batteur hongrois.  Stuart Hamm manie sa basse à 6 cordes avec une certaine décontraction, se promenant sur le manche de bas en haut puis de haut en bas, un coup d’œil à Tony, un autre à Gergo et laisse le gros son rouler. On aurait tendance à penser que quand tu as un bassiste comme lui, point n’est besoin de guitariste… Sauf si c’est MacAlpine! Des morceaux tirer de son dernier CD, des plus anciens mais aussi quelques thèmes de Stu où il s’amuse à la basse en slap, en taping, avec les doigts, toujours ponctués par les coups de boutoir de Borlai.  Il s’essaye même à un blues, très lent, basse, cymbales quelques notes de gratte, et puis un long slide sur la basse et le tonnerre se déclenche. MacAlpine s’amuse avec son clavier, franchement pas vraiment convaincant sauf quand il nous fait sa désormais classique étude de Chopin. Un final, un rappel puis ils nous retrouvent dans le lobby pour bavarder, selfier, et dédicacer quelques disques.

Quelle soirée! Il valait cependant mieux ne pas avoir oublier ses bouchons d’oreille. Ils en avaient pourquoi pas nous!

Après un tel concert, tu rentres à la maison, tu vois ta vieille gratte qui repose sur son stand et tu te demandes si c’est bien du même instrument qu’il s’agit. Peu importe qu’elles aient 6 ou 8 cordes.

Un grand merci à Uncool Events de nous permettre d’assister à de tels moments

(le 03/10/18 à la salle Jean Vigo -Nice)

Pasi & Lenny à Juan

le 12 juillet à La Pinéde Gould.

Dernier concert d’une période rock avant d’attaquer le Jazz (f)estival.
Nous sommes bien dans la pinède Gould de Juan-les-Pins, en avant-première du 58e Jazz à Juan, un bluesman et une rock star.
Pour le blues, l’harmoniciste et chanteur Charles Pasi en quartet. Un habitué des lieux, il est passé du off à la première partie de Santana en 2015. Il nous offre un set allègre d’un blues groovy secondé par un guitariste aux soli incisifs souvent funky. Le jeu d’harmonica de Pasi est toujours aussi magistral et sa voix, son chant, son plus mature. Quelques reprises, des titres de ses albums et en rappel un sympathique moment où les musiciens échangent ses instruments pour finir tous sur la batterie, qui frappe sur un tom, qui taquine la cymbale ride ou la charleston. Il aurait pu poursuivre un peu d’ailleurs car malgré un changement de plateau rapide, on a dû patienter jusqu’à 22h (mesures de sécurité à l’entrée obligent) pour voir arriver la vedette de la soirée. Lenny Kravitz, himself, coiffure afro, lunettes foncées, guitare en bandoulière.  Un gros accord, Coltrane, Petrucciani doivent se demander que se passe t’il à Juan? Du rock. Du rock, un peu glamour tout de même mais du rock tout de même surtout grâce au  guitariste, Craig Ross, présent dans tous les instants, compositeur de certains des morceaux et surtout merveilleux soliste, le feeling accroché au manche de sa Telecaster, de sa Les Paul , il pimente le set de ses chorus très seventies. Le groupe derrière (claviers, basse, batterie, trompette, sax  ) assure aussi une belle cohésion. Le répertoire, son nouveau single prélude à l’album Raise Vibration (prévu en décembre) et des tubes, des classiques pris dans ses albums précédents. Son « I’m gonna play some old material now » déclenche une immense exclamation du public. Citons en quelques uns, piqués dans la setlist « Stop Draggin Around« , « Fly Away« , « Are You Gonna Go My Way » (immanquable), le vieux truc des Guess Who avec son riff implacable, « American Woman » , « Let Love Rule».
Un beau spectacle, intense où rock et émotion se conjuguent au pluriel. On regrettera cependant que la figure tutélaire de Prince soit encore trop présente dans son show.

With A little Help from His Friends

Ringo Starr & His All-Starr Band

Le 06/047/18 à la Salle des Etoiles  –Monaco

 

Voilà près de trente ans que Ringo Starr, le batteur des Beatles (précision pour nos jeunes lecteurs) parcours le  monde entier avec son All-Starr Band. Pour cette tournée, il est accompagné de quelques vieilles badernes du rock des années 70 et 80 encore en pleine forme. Steve Lukather (Toto) et  Colin Hay (Men At Work) aux guitares, Gregg Rolie (Mister Abraxas – Santana) aux claviers, Graham Gouldman (10CC) à la basse (superbe Rickenbaker bleue), Greg Bissonette (Steve Vai), génial batteur, derrière ses futs et Warren Ham sax, flute, harmonica et percussions.
Pendant près de 2 heures un sympathique mélange de chansons des Beatles ,- De It Don’t Come Easy à Yellow Submarine  en passant par Don’t Pass Me By ( sa première compo pour les Fab Four)  où il s’essaye à quelques accords au clavier-   ou ses succès en solo « Act Naturally« , « You’re Sixteen » et le très beau Photograph (coécrit avec George Harrison), un moment où l’émotion sourdait dans toute la salle et même sur le péristyle, au frais.
Ils jouent du Toto, bien sûr, le sempiternel Rosanna, du 10CC , le slow d’enfer I’m Not In Love ou un tube moins célèbre mais dont le riff de sax est dans toute les mémoires  Who Can It Be Now?  Lukather se fait un petit plaisir guitaristique sur les deux hits chaloupés que sont Black Magic Women et Oye Como Va pour lesquels le Hammond de Rolie est aussi mit à l’épreuve. Ringo n’a pas oublié John Lennon et se permet une blague sur les bijoux du public « Même à mon âge, je sais reconnaitre les vrais diamants, des faux« . Son âge, 78 ans ce jour même, ce qui lui a valu un très prenant happy birthday avec tout le public pour faire les chœurs. Encore ne pleine forme, il sautille sur le devant de la scène, micro à la main, comme un cabri dans le maquis corse, pour chanter le titre final, là encore avec les chœurs des spectateurs, un vibrant « With A Little Help From My Friends« . Pendant qu’il s’éclipse, le groupe entame quelques mesures de « Give Peace A Chance » et les lumières se rallument.
Rock’n’Roll.

 

 

Eddy Ray Vintage

Eddy Ray Cooper au Vintage Festival

Quand on entre dans le Parc Guérinière à La Colle-sur-Loup on passe devant de superbes Trikes Harley Davidson, quelques voitures hors d’âge mais en superbe état et même une concentration de combis Volkswagen.

Des stands de vêtements et bijoux précèdent la partie restauration. Et enfin le préau couvert.

C’est devant une assistance quelques peu clairsemée ( peut-être à cause du foot) qu’Eddy Ray Cooper et ses Nice Two ont pris place sur la scène.

Il fait encore jour, on voit les arbres aux alentours quand Eddy (les cheveux impeccablement gominés – t’es rock ou tu l’es pas!- balance le premier accord sur sa resplendissante Gretsch rouge. C’est parti pour deux heures de Rock’n’Roll et de country. Il reprend vite une chanson de Johnny Cash (son fantôme va survoler la scène pendant tout le concert) avant d’interpréter quelques titres de sa composition, du dernier album « Thirty & Eight » et des précédents. Giuseppe Zanforlin bouscule sa contrebasse, les cordes claquent sur le manche façon Rockabilly. Dans le public, l’ambiance monte, certains se risquent même à danser. Il y a de la place. D’autres préfèrent chanter avec Eddy. Il délaisse sa guitare pour faire quelques soli sur la slide posée juste à côté de son micro.On aura droit à deux très belles version de Cocaïne blues, celle très rythmée, popularisée par « The Man in Black », Johnny Cash himself et une autre plus folk, plus forte en émotion écrite par Townes Van Zandt. Eddy Ray Cooper ne se départi pas de son sourire, il cabotine un brin (mais avec une bonhomie non dissimulée) quand le cameraman s’approche et l’éclaire de son flash. Il réussit le tour de force d’enlever sa veste sans ôter la sangle (floquée à son nom) de sa guitare de l’épaule. C’est l’heure de jouer son fameux Lemoncello Blues, cela tombe bien il fait soif. Plus tard, en entendant le riff staccato de Ring Of Fire, on se dit que la soirée se termine. Mais de quelle façon! I Wanna Jive Tonight puis les lumières s’éteignent. Il restait encore deux soirées à venir, BB Blues et Lone Redneck.
Un très bel endroit, une belle initiative que l’on espère revoir l’an prochain. L’organisation devrait cependant penser à améliorer la communication (et le fléchage) pour faire de cet événement une plus belle fête.
Et comme le chante Neil Young Rock’n’Roll will never die!

Five 2 One ou les Doors à Cannes (live report)

l’afterwork de Five 2 One

Dernier afterwork de cette saison à la médiathèque Noailles de Cannes, c’est presque l’été, le concert a lieu dans le jardin, sous l’ombre bienveillante des majestueux palmiers. Sur la scène, les quatre musiciens de Five 2 One. 18h30, le premier riff de basse est joué par Fred d’Oelsnitz de la main gauche sur son clavier. Pascal Santucci a chaussé un bottleneck sur auriculaire droit, du blues pour commencer. Eric Chabaud exécute une frappe sèche sur la batterie, le chanteur, Krees Moretti, pantalon en cuir, chemise blanche peut lancer son premier cri, les Doors sont à Cannes en la personne du groupe Five 2 One. Pendant plus de deux heures, les quatre compères vont explorer le répertoire des californiens, les grands tubes et d’autres chansons moins connues.

Encore qu’une grande partie du public connait par cœur paroles et refrains et accompagne avec entrain et bonne humeur le chanteur caché derrière ses lunettes noires. En fin du deuxième set, le trio d’enfer, Light My Fire puis Riders On The Storm et La Woman, les titres les plus « jazz » qui bien sûr, l’autre, la gauche, continuant d’assurer une basse impériale. Mais, les meilleures choses ont une fin, et après deux, trois rappels, ils finissent par… The End, bien sûr, signe qu’il est temps de reprendre la route du retour, juste avant le coucher du soleil.

Très belle conclusion d’une fort gouteuse saison d’afterwork. On se prend à espérer que la prochaine sera meilleure encore mais on n’est pas pressé, nous avons un bel été de musique qui nous attend.