Éric Séva quartet à la villa Domergue (Live Report)

Éric Séva quartet à la villa Domergue

La villa Domergue a accueilli pendant près d’une semaine les musiciens du quartet d’Éric Séva pour une résidence d’artistes. Ce jeudi, il donnait, après le vernissage de l’exposition Man Ray, un concert de fin de résidence, presque un concert de départ. Dos à la mer mais face aux superbes jardins, soleil couchant, ils ont, pendant près d’une heure, joué les compositions travaillées dans le cadre idyllique de ce lieu des hauts de Cannes. Éric Séva alterne, selon les thèmes, entre le saxophone baryton et le soprano. Il est soutenu par le jeu très mélodique au trombone de Daniel Zimmerman. Des rythmes et des thèmes très variés. Certaines harmonies évoquent l’univers de Nino Rota, d’autres swinguent sans vergogne. Un des beaux moments fut quand baryton, trombone sont rejoint par le contrebassiste (Bruno Schorp) et jouent un rif à l’unisson qui monte en puissance avant de se lancer dans des chorus inventifs et élégants. Le batteur (Matthieu Chazarenc) dont ils joueront une compo en fin de set, semble apprécier de jouer, tout autant, avec les balais ou baguettes qu’avec ses mains à même les peaux de ses toms ou cymbales. Ils rendent hommage au lieu de leur résidence (et du concert) avec deux titres spécialement composés sur place, « En regard, l’eau Do », l’eau pour la méditerranée qui scintille au loin et Do pour Domergue, (pas la tonalité !). L’autre morceau est tellement récent qu’il se nomme: « Pas de titre pour le moment » et qu’il devrait probablement le garder. La nuit est tombée, seul l’éclairage du jardin et la lune font quelques lumières. En rappel, ils quittent leurs places pour se rapprocher du devant de la scène, il joue une vieille valse des années vingt, réarrangée à leur sauce, qui nous invite à rejoindre le buffet 🙂

 

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Les deux menuets de Paolo Fresu!

Les deux menuets de Paolo Fresu!

A l’occasion de la sortie du nouvel album « Two Minuettos » de Paolo Fresu sur son Label Tŭk Music, distribution Socadisc / Idol. Un enregistrement live à Milan, en duo avec le pianiste américain, Uri Caine, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions, par mail, au trompettiste sarde, sur ce disque, sur sa musique.

Sur cet album, Uri Caine joue du piano acoustique; Paolo Fresu du bugle, de la trompette, tous deux branchés comme souvent sur sa boite à effets.
10 titres allant de Bach à John Lennon et Lucio Dalla, en passant par Mahler, Gershwin et la compositrice du 17e siècle Barbara Strozzi.

  • Comment s’est construit la setlist, qui a choisi les thèmes ?

À l’origine, nous avons donné avec Uri Caine une série de trois concerts consécutifs avec trois répertoires différents : des compositions originales, la musique classique et des thèmes de chansons. Nous avons enregistré ces trois concerts et cet album est en définitive composé de la réunion de morceaux que j’ai choisis, puis proposés à Uri Caine qui a suggéré quelques modifications pour arriver finalement à ce choix final.

 

  • Et pourquoi n’avoir pas joué de vos propres compositions à l’un ou à l’autre ?

C’est en définitive le fruit du hasard. En fait, notre seule intention était d’offrir une bonne musique qui plaise. Et à a fin notre choix s’est essentiellement concentré sur le répertoire classique et quelques thèmes de chansons et de standards. Nous ne sommes donc pas posé le problème de savoir pourquoi nous n’avions pas finalement retenu nos propres compositions.

 

  • Est-ce que Uri Caine, en tant qu’américain, connaissait déjà le tube de Lucio Dalla « Caruso » (hidden track du Cd) bien connu en France, au moins dans notre sud proche de l’Italie ?

 

Non il ne connaissait pas Caruso mais il a immédiatement aimé cette chanson à peine lui avais-je fait écoutée. Du reste c’est une mélodie assez simple qui comporte de nombreuses influences de l’Opéra mais également du Jazz Par ailleurs, Uri Caine est un musicien avec un très grande ouverture d’’esprit qui ne rencontre aucun problème quel que soit le type de répertoire.

 

  • Comment c’est fait la première rencontre avec Uri Caine en 2006 ? Et pourquoi pour cette troisième rencontre discographique, avez-vous choisi de l’enregistrer en live ?

Nous nous sommes rencontrés à l’occasion du Festival International de Jazz « Time in Jazz » que j’organise dans ma petite ville à Berchidda situé dans le Nord de la Sardaigne. Je l’avais invité à venir jouer avec son trio et il m’avait demandé à cette occasion de monter sur la scène comme invité. Et c’est ainsi qu’est né l’idée de continuer notre collaboration.

Après deux disques en studio nous avons eu l’opportunité de cette « carte blanche » au Théâtre de l’Elfo à Milan pour une série de trois concerts et j’ai donc penser que c’était une bonne occasion pour faire un enregistrement « live ». Cela s’est passé ainsi.

 

  • On associe souvent la musique baroque et le jazz par ses ornementations et les improvisations, mais ici vos interprétations de morceaux baroques sont très dépouillées, en épure. Comment travaillez-vous vos arrangements?

En vérité nous ne sommes pas posé la question parce que ce que nous aimons c’est justement de nos confronter naturellement à n’importe quel répertoire en n’en respectant la musicalité.

Personnellement j’aime visiter la musique des autres avec respect. Surtout en ce qui concerna la mélodie dans la mesure où je joue de la trompette qui dans une certaine mesure se substitue à la voix.

Dès lors si je choisis d’interpréter un titre d’un autre artiste c’est qu’en premier lieu j’aime sa mélodie et qu’il n’y aurait pas de sens à la modifier totalement.

C’est surtout le cas pour ce qui concerne la musique classique, qu’elle soit Baroque ou Opéra, et en ce cas c’est comme si la trompette chantait comme une voix mais sans texte ou paroles.

C’est un exercice assez difficile dans la mesure où il fait arriver à provoquer une émotion dans l’appui du texte et en travaillant énormément sur l’interprétation et le son.

J’ai d’ailleurs enregistré récemment une version de « Norma » de Bellini dans laquelle, sur « Casta Diva » et d’autres airs j’ai cherché d’appliquer à cet œuvre le même principe.

 

  • Le titre du CD « Two Minuettos » provient de deux compositions du cahier de Magdalena Bach, un cahier d’apprentissage, est ce que reprendre ces deux menuets étaient pour vous aussi, un exercice de style ?

Aucun exercice de style… Parmi tant d’autres, nous souhaitions également jouer ces deux menuets de Bach et nous l’avons fait. Ce dont deux enregistrements que nous avons décidé de choisir pour faire partie de cet album et j’ai décidé d’en faire l’ouverture et la fermeture de cet opus. Et c’est aussi ce qui m’a donné l’idée du nom de cet album.

 

  • Dans votre cover de la 1ere symphonie de Mahler, c’est, me semble t’il, l’humour qui ressort, on a vraiment l’impression que vous vous êtes bien amusés à jouer ce titre?

Cette refonte de la Symphonie de Mahler est une idée de Uri et j’ai cherché simplement à suivre et soutenir son intention. Il y a effectivement sur ce titre beaucoup d’humour et de légèreté et aussi un peu d’esprit yiddish qui vient de la culture et de l’histoire de Uri Caine. De mon côté en revanche j’ai proposé quelques « dérivations italiennes » comme les chansons de Barbara Strozzi.

  • Est-ce que vous avez une interprétation de cette symphonie préférée ?

Je pourrai citer celle du grand Claudio Abbado qui, à la fin du morceau, demandait au public une minute de silence sans applaudissements. C’était à la fin de la Symphonie n°9. Et j’aime cette idée que le silence doive et puisse être toujours là …

 

  • Avez-vous un goût particulier pour l’œuvre de Barbara Strozzi ou souhaitiez-vous, en reprenant deux de ses compositions, la faire connaitre d’un plus large public?

J’ai découvert la musique de Barbara Strozzi il y a de nombreuses années alors que je jouais à Vienne dans un groupe de musique antique et j’en suis tout de suite tombé amoureux. Surtout d’une œuvre qui s’intitule « Sino alla Morte ti protesto ». J’ai ensuite écouté d’autres choses de son répertoire et c’est ainsi que j’ai décidé de monter un projet musical autour de sa musique avec Uri Caine et un Quartette de cordes au sein duquel joue également mon épouse.

Sa musique est subtile, chargée de beaucoup d’érotisme et de courage. Être femme compositrice au 17ème siècle, à l’ombre de Claudio Monteverdi à Venise ne devait pas être chose facile…

 

  • Grace à la délicatesse subtile de cet album, on ressent à l’écoute, comme un sentiment de paix, conforté par le Give Peace a Chance de Lennon, est ce que vous voulez avec votre musique faire passer un message? Si oui, lequel ?

Je suis convaincu que la musique doit toujours être porteur d’un message. Et plus que jamais aujourd’hui dans notre société contemporaine.  C’est du reste la tâche de l’Artiste. Le choix du titre de Lennon est un hasard comme tous les autres, mais le fait qu’on puisse se dire que ce choix véhicule aussi un message me plait. Ma musique doit toujours véhiculer un message…

 

  • J’ai eu la chance de vous voir, plusieurs fois à Nice et l’été 2016 à Ospedaletti, (une petite ville de Ligurie.) , est ce que vous sentez une différence quand vous jouez dans votre pays et ailleurs à l’étranger ?

Non aucune différence ? J’aime jouer et j’aime voyager. Et J’aime jouer et voyager partout. On peut jouer n’importe où dans le Monde et faire un beau ou un mauvais concert. Le lieu, le public et l’émotion n’ont pas (heureusement) de géographie.

 

  • Vous collaborez avec de nombreux musiciens depuis plus de cinquante ans comme on a pu le constater dans votre album « !50 anni ».
    Y a-t-il un musicien avec qui vous auriez envie de jouer ?
    Et un musicien avec qui vous auriez eu envie de jouer ?

Il existe de très nombreux artistes avec lesquels j’aimerais jouer mais j’aime l’idée de les rencontrer à l’occasion de mon parcours et de trouver ceux avec lesquels je peux instaurer un rapport sur la durée de collaboration à la fois humaine et musicale.

J’ai de fait de nombreux projets dans mes tiroirs, mais, comme dans un couple, la rencontre se fait quand c’est le moment. C’est d’ailleurs mon sens le seul moyen de construire une relation qui puisse grandir et évoluer au fil des années.

Mon quintette italien existe depuis 34 ans, avec les mêmes musiciens, et ce fut ma première formation musicale.

 

  • Quel est votre prochain projet, votre prochaine collaboration ?

Il sera publié en en février 2018 avec un nouvel album de ma formation DEVIL 4tet. Ce sera un disque complètement acoustique, contrairement au son plus électrique des albums précédents. Il s’intitulera « Carpe Diem » et composé exclusivement de titres originaux écrit par les membres du groupe à l’exception d’un reprise d’un titre italien.

Par ailleurs je vais enregistrer le nouveau projet de « Laudario di Cortona »,  une refonte du fameux live des pèlerins du 12ème siècle avec un orchestre de chambre, un choeur et un quartette avec Daniele di Bonaventura.

Nous publierons également l’année prochaine un album avec le groupe  corse  « A Filetta »  qui s’intitule « Danse mémoire, danse » …

Pour la scène musicale, je poursuivrais mes nombreuses collaborations comme « Mare Nostrum » avec Richard Galliano et Jan Lundgreen et ceux avec Omar Sosa et Trilok Gurtu.

Enfin et sur mon label, je produirai également des jeunes artistes italiens

En somme, beaucoup de projets en cours… Sans oublier les 30 ans de mon festival international de Jazz en Sardaigne et un grand marathon du Jazz italien au profit des populations touchées par le tremblement de terre avec 600 musiciens italien réunis en un seul jour à l’occasion de 120 concerts. Une autre manière de respirer la musique et d’écrire le besoin de la placer en un lieu neuf dans notre société.

  • En conclusion, qu’est que pour vous une adaptation d’un morceau ?
    Une relecture, une appropriation ou bien encore autre chose de plus personnel? 

C’est une relecture. Relire signifie au sens propre réécrire mais sur une route déjà tracée. C’est ainsi que j’aimerais que l’on adapte ma propre musique.


www.paolofresu.it
www.uricaine.com
Merci à Pierre Darmon pour avoir facilité et traduit cette interview.

Merci à Corinne pour le soutien et à Paolo Fresu bien sûr. 

 

 

Five 2 One ou les Doors à Cannes (live report)

l’afterwork de Five 2 One

Dernier afterwork de cette saison à la médiathèque Noailles de Cannes, c’est presque l’été, le concert a lieu dans le jardin, sous l’ombre bienveillante des majestueux palmiers. Sur la scène, les quatre musiciens de Five 2 One. 18h30, le premier riff de basse est joué par Fred d’Oelsnitz de la main gauche sur son clavier. Pascal Santucci a chaussé un bottleneck sur auriculaire droit, du blues pour commencer. Eric Chabaud exécute une frappe sèche sur la batterie, le chanteur, Krees Moretti, pantalon en cuir, chemise blanche peut lancer son premier cri, les Doors sont à Cannes en la personne du groupe Five 2 One. Pendant plus de deux heures, les quatre compères vont explorer le répertoire des californiens, les grands tubes et d’autres chansons moins connues.

Encore qu’une grande partie du public connait par cœur paroles et refrains et accompagne avec entrain et bonne humeur le chanteur caché derrière ses lunettes noires. En fin du deuxième set, le trio d’enfer, Light My Fire puis Riders On The Storm et La Woman, les titres les plus « jazz » qui bien sûr, l’autre, la gauche, continuant d’assurer une basse impériale. Mais, les meilleures choses ont une fin, et après deux, trois rappels, ils finissent par… The End, bien sûr, signe qu’il est temps de reprendre la route du retour, juste avant le coucher du soleil.

Très belle conclusion d’une fort gouteuse saison d’afterwork. On se prend à espérer que la prochaine sera meilleure encore mais on n’est pas pressé, nous avons un bel été de musique qui nous attend.

 

Clax Quartet

Clax Quartet : Les Poussières

(le Maxiphone)

Fred Pouget: clarinettes; Guillaume Schmidt: Saxophones;
Gilles Chabenat: vielle electro acoustique; Anne Colas: flûtes.

Clax est un quartet au line up des plus original, Saxophones, flutes et clarinettes, jusque-là ça va mais l’instrument qui complète le groupe est une vielle électro acoustique, cet instrument à roue avec la petite manivelle qui actionne les cordes. Un instrument nous venant du moyen-âge mais de facture très moderne pouvant être amplifié. Du coup, leur répertoire va forcément être influencé, le sax sonne très jazz, la flute plutôt classique, les clarinettes aussi à l’aise dans un monde que dans l’autre et la vielle rappelle la musique ancienne populaire. Et de fait leur musique est un peu tout ça et encore autre chose. Ils jouent beaucoup sur les timbres, les réponses d’un musicien à l’autre. Clarinette et saxophone assurent parfois une basse continue façon baroque, laissant la flute, la vielle, chanter la mélodie. Le saxophone passe de temps à autres au travers de machines diverses pour exulter dans un chorus surprenant. Mais surtout, chacune des onze compositions quelle soit de Gilles, Fred ou Guillaume fait la part belle à l’émotion. Un voyage subtil dans un univers folklorique contemporain des plus agréables.
Néanmoins, on aimerait assez les entendre reprendre quelques standards de jazz à leur façon.

 

Organ sessions

Fred Dupont: Organ Sessions

(Assai-records)

Fred Dupont/ Orgue Hammond et piano Wurlitzer
Damien Shmitt/ Batterie; Jo Champ/ Guitare
Renaud Gensane/Trompette; baptiste Herbin/ Sax

Un groupe avec Hammond ça doit swinguer, pulser et de fait, ses sessions à l’orgue swinguent bel et bien, les trois premières plages , New Orleans, BlueBlues, Listen Here,  en attestent. Puis Fred Dupont se laisse tenter par un funk enjoué, Mandat Cash, le trompettiste joue à la Miles, période trompette rouge. Le titre éponyme, verse carrément dans une musique très eighties, vocoder presque disco (!). Heureusement, ils se reprennent dans Rhum Express où trompette et sax alto font des merveilles sur les nappes des claviers du B3. Cajun, court retour au funk mais épicé cette fois-ci. L’album fini en toute beauté avec 6 AM, entre tradition et modernité, Dupont semble délier sa main droite dans des trilles enivrants relevées de nouveau par les deux soufflants.  En final, une reprise en live de Listen Here, le plus fringant des titres du CD (le 3e). Une très belle réussite, il faut noter que Fred Dupont est fort bien entouré de très bons solistes. Au sax, Baptiste Herbin, l’un des tous meilleurs alto de ce côté de l’atlantique. Renaud Gensane, trompettiste malgache au groove implacable.

 

Roy @ Nice (Live Report)

Roy Hargrove Quintet live Report

& Pierre Marcus quartet

Le jazz était vraiment à la fête ce mercredi dans l’auditorium quasi complet du conservatoire de Nice. Bien qu’avec son nouveau quartet parisien, Pierre Marcus qui ouvrait le bal, jouait « at home », puisque que c’est au CNRR qu’il a fait ses classes. Le groupe nous présente les nouvelles compositions d’un futur album mais il inclut aussi d’anciens titres comme Longue Attente ou Luboff. Baptiste Herbin était en très grande forme, Fred Perreard plus discret malgré le Steinway. Un répertoire alliant swing et modernité, la parfaite mise ne bouche pour le set qui suivrait.

21h30 tapantes, chaussé d’immenses baskets blanches, costard et nœud papillon, le dandy jazz de Waco -Texas, prend possession de la scène avec son quintet. Pendant près d’une heure et demi, ils vont égrener quelques titres dans un style hard bop revendiqué. (Never Let Me go, Actual Proof, et bien d’autres) Roy, joue de la trompette et du bugle mais il chante aussi (il pourrait s’en passer d’ailleurs), il danse, il passe, de même, de long moments assis au fond de la scène sur son tabouret de bar, comme méditant avec sa bouteille d’eau pendant que ses musiciens swinguent élégamment. Justin Robinson était impérial avec son alto. Le batteur, à la tenue des plus étonnantes et à la superbe cymbale, a assuré un groove de tous les instants. Le bassiste, Ameen Saleem, bien qu’en retrait sur la scène, ne le fut pas du tout musicalement, la casquette vite posée sur le haut du manche de sa contrebasse, il nous a produit quelques superbes chorus sans se départir un instant d’un large sourire. En toute fin de set Hargrove invite un Baptiste Herbin aux anges, à venir partager la scène pour deux morceaux. Trompette et deux sax alto: de l’énergie vitale en notes bleues. En rappel, un twist suivi d’un morceau où Roy s’essaye avec bonheur (cette fois-ci) au scat.

Alors que la salle se vide, que Quincy Phillips démonte sa batterie, Hargrove revient pour une courte impro au piano.

Cette belle salle convient, on s’en doutait, fort bien au jazz, espérons que l’on y reviendra bientôt pour d’autres concerts de cette qualité.

Think Bach Op.2

Edouard Ferlet: Think Bach op.2

(Mélisse)

A l’écoute de ce nouvel album, et de quelques-uns qui l’ont précédé, on peut penser que Edouard Ferlet prend à son compte l’affirmation de Didier Lockwood disant que « JS Bach est le premier des jazzmen ». Ferlet aime Bach, il le déclame dans une longue missive dans le livret inclus dans le digipack. Après un op.1 dans lequel il jouait des pièces de Bach, modulées, harmonisées, déconstruites en jazz, dans cet op.2, à l’exception du concerto en Fa, il compose les neuf autres titres, inspirés cependant d’œuvres du maître. Jean-Sébastien n’aurait certainement pas appelé une de ses variations Crazy B, mais Ferlet utilise une simple phrase de Bach pour en faire son thème, d’autre comme les Bacchantes sont inspirés de compositions initialement destinées au violon. Mais peu importe, somme toute, car le talent du pianiste transforme toutes ses œuvres en pièces très personnelles où sa virtuosité n’a d’égal que ses formidables capacités les faire swinguer.

Du blues, du jazz et du roman noir… Et du bon vieux Rock