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Les voix de l’Autre au Thoronet

Le samedi 7 mai, en l’Abbaye du Thoronet se déroulait la première journée du festival « Les voix de l’Autre ». Une Musique-Monde, une Musique-Métissage voulue, pensée, orchestrée par le directeur artistique Piers Faccini en trois temps. Le ton est donné dès la déambulation « Les voix de l’autre » qui débute dans la nef de l’abbatiale : cinq voix, cinq chants mais surtout des langues font vibrer les pierres de l’édifice tout autant que la chair des spectateurs, auditeurs – complices de ce moment d’exception. Les langues palestinienne, algérienne, italienne, espagnole, anglaise mais aussi une langue venue de Guinée Conacry (24 langues nationales y sont en usage !) nous invitent à l’écoute de l’autre, à passer d’un côté à l’autre de la Méditerranée.

Piers Faccini, Malik Ziad et la somptueuse Djene Kouyate entrainent la moitié du public dans le cloitre pour accompagner la voix du récitant Charles Berling qui, au son de la guitare et du oud, lance des poèmes à la résonnance des voutes, des textes lourds de sens, comme ce poème pour l’Algérie Heureuse, tandis que Djene, chante, susurre des textes à la manière des griots dont elle est la digne héritière. Dans le dortoir les autres spectateurs écoutent religieusement- dans cet endroit- la voix de Rachida Brakhni s’entremêler aux sons et aux voix de Kawthar Meziti et de Christine Zayed. Tous se réunissent ensuite, pour nous raconter l’origine de la musique, les chants arabo andalous se mêlant à la musique traditionnelle algéroise, la chanson judéo chrétienne, le chant palestinien.

Origine de la musique, unique, comme l’explique Piers Faccini, avec un message clair, comme la musique, tous les êtres humains ont la même origine. A la beauté des sons s’ajoute l’élégance et la diversité des instruments de musique comme le guembri, originaire des Gnaouas, ou bien le splendide kanoun, cithare sur table du pourtour méditerranéen, dont joue avec dextérité Christine Zayed.

Et si les spectateurs sont restés sans voix, c’est une ovation qui salue la performance de cette formation qui, en une universalité revendiquée, invente un espéranto musical.

Deuxième partie, début de soirée, Vox Clamantis, une chorale estonienne constituée de six chanteurs et quatre chanteuses (sans oublier le chef d’orchestre !), continue à dévoiler au public l’éclectisme de la musique sans frontière : ici l’on voyagera dans le temps, passant du chant grégorien au  médiéval Guillaume de Machaut pour arriver aux contemporains Arvo Pärt et Olivier Messian : Fillian Sion est le titre de leur projet. Chaque voix, de la basse profonde à la soprano cristalline, chaude, se distingue tout en se mêlant pour créer l’harmonie et l’émotion.

L’épiphanie étant certainement le splendide morceau d’Arvo Pärt, « The Deer ‘s Cry », cet adepte de musique minimaliste parfaitement interprété par ces chanteurs, littéralement habités par la scansion de ce chant hypnotique. Fin du second acte, le groupe tout de noir vêtus sort sous les applaudissements nourris et totalement mérités d’un auditoire conquis et captivé.

Les voix de l’autre…. C’est par un chant a capella venu du sud de l’Italie que débute le dernier concert de cette soirée. Le groupe Canzoniere Grecanico Salentino commence sobrement mais cela ne durera pas, cinq diables vont mettre le feu, il n’y a pas d’autre mot, à travers les vitraux du dortoir de l’Abbaye. Mené d’un coup d’archet ou d’un simple regard de braise par Mauro Durante,

Alessia Tondo, Giancarlo Paglialunga, Massimilio Morabito et Giulio Bianco rythment de leurs voix et de leurs instruments tarentelles, berceuses, chants traditionnels.

Une démarche qui laisse toute la place au folklore italien dans des interprétations où l’improvisation, la novation stylistique, ne sont jamais loin. A tout feu, il faut une flamme :

la robe rouge de Silvia Perrone accompagne les tamburellos, guitares, flûtes, violons et même une zampogna (sorte de cornemuse des Pouilles) de virevoltes et de pas chassés, les ballerines effleurant le sol comme les doigts des musiciens celles leurs instruments.
Le dortoir des moines, qui accueille ce concert, n’a jamais vu une telle vitalité joyeuse depuis 1230, date de la fin de la construction de l’édifice .

Il est temps que l’Abbaye retrouve sa sérénité et le silence : non sans que l’amitié et le partage, qui ont prévalu à cette première journée de festival ne s’accomplissent. Piers Faccini avec sa guitare resonator et Malik Ziad avec son oud, rejoignent la formation italienne pour un final qui laissera des ondes positives dans les oreilles et les cerveaux des spectateurs enchantés de ces moments de grâce qu’ils auront vécus tout au long de cette déambulation musicale.

D’une voix à l’autre, d’une rive à l’autre. La musique adoucit les mœurs, dit-on, quand elle est pensée, réalisée, fêtée ainsi, plus personne n’en doute.

 Corinne Naidet et Jacques Lerognon

Noir Lac

David Neerman: Noir Lac

(Klarthe / Pias)

Compositions, vibraphone David Neerman
Voix Krystle Warren
Balafon Lansiné Kouyaté
Ensemble vocal Sequenza 9.3 avec Armelle Humbert, Céline Boucard (Soprano), Sophie Poulain et Clothilde Cantau (Alto), Steve Zheng et Safir Behloul (Tenor), Laurent Bourdeaux et Xavier
Margueritat (Basse),
Direction Catherine Simonpietri
Arrangements pour les voix Manuel Peskine

Prenez un ensemble vocal a cappella, capable de jouer chanter du jazz, de la musique médiévale ou contemporaine (Sequenza 9.3), associez-les à un vibraphoniste (David Neerman), un balafoniste malien (Lansiné Kouyaté) et une chanteuse de soul-jazz américaine (Krystle Warren). Vous les réunissez dans une abbaye cistercienne du 12e siècle avec, sous le coude, quelques compositions originales et deux tubes de la pop culture, vous obtenez ce somptueux Noir Lac, le nom de ladite abbaye et aussi de l’album.
« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »
Chaque musicien, chaque instrument, chaque voix concourent à apporter sa part d’émotion. Et toutes réunies propulsent l’auditeur vers une acmé de sensibilité, d’harmonie.  Les univers pourtant bien différents de la musique mandingue, des chants grégoriens ou des boucles sérielles façon Arvo Part, semblent ici voguer dans un même espace musical global. Un des plus bels exemples est la façon dont in s’approprie le Us and Them de Pink Floyd. Le balafon introduit le rythme, la basse continue puis Sequanza crée un cocon de voix alors que Krystle Warren chante la mélodie accompagnée des résonances cristallines du vibraphone et de son cousin africain, le balafon. Une merveille.

Absolument immanquable.

Vincent, Émile et le tango

Vincent Peirani & Emile Parisien-Abrazo

(Act Music )

Emile Parisien saxophone soprano
Vincent Peirani accordéon

Après « Belle Epoque » (Act Music) en 2014, les deux musiciens se retrouvent pour un nouvel album en duo. En fait, ils ne se sont jamais vraiment quitté. Émile joue du sax dans le quintet « Living Being » de Vincent. Vincent est invité, avec son accordéon, dans le Sfumato d’Emile et, entre temps, ils jouent ensemble avec Michael Wolny et Andreas Schaerer et d’autres. Mais le duo, c’est un peu leur truc à eux, c’est comme ça qu’il se sont fait connaitre du grand public, après leur passage dans la troupe de Daniel Humair. Un album consacré au Tango, « Ouh, la, la! Ça craint un peu » se dit le chroniqueur pas vraiment fan du genre. Mais c’est mal connaitre les deux compères jazzmen. Pour preuve, le disque commence par une reprise d’un vieux thème de Jelly Roll Morton, « The Crave » (un tango certes) et fini par le « Army Dreamers » de Kate Bush pas particulièrement dansant dans sa version originale. Mais ces deux titres comme les compositions de l’un ou de l’autre ou celles plus typiques de Piazolla ou Javier Cugat forment un univers bien spécial. On voyage vers l’Argentine, certes,   mais on entrevoit aussi des corps qui

© JP Retel

remuent en cadences lascives. Mais surtout, on profite à plein de cette complicité musicale que l’on ose à peine déranger à l’instar de celles de danseurs tout à leur art.

Les notes de l’accordéon qui s’instillent dans celles du saxophone soprano comme une plainte joyeuse. L’Abrazo jazz en quelques sorte. Un répertoire dont on attend déjà de voir et d’entendre, la déclinaison en live, en musique vivante.
Un album que l’on peut ranger sans vergogne aux côtés du fabuleux Mulligan/Piazzolla de 1974.

Comment peut-on être Persan?

Shadi Fathi & Bijan Chemirani: Delâshena

(Buda Musiquue /Socadisc)

Comment peut-on être Persan, se demandait il y a fort longtemps Montesquieu?  Shadi Fathi et Bijan Chemirani, tous deux iraniens répondent: « En faisant de la musique! ». C’est après une rencontre à Marseille qu’ils décident de se lancer dans un duo. Elle prend ses luths (appelés ici setar et shourangiz dans leur version iranienne), lui, ses percussions aux noms déjà poétiques (zarb, daf, udu, …). Leur musique est instrumentale même s’ils convoquent deux poètes persans pour ouvrir et clore l’album. Deux textes superbement dit par Shadi Fathi qui nous initient en même temps au sonorités de la langue farsi. En quelques mesures nous voilà partis pour un voyage en Orient. Gammes mineures rythmes impairs. Subtiles mélodies que les percussions agrémentent d’une frappe légère ou impétueuse à moins que cela ne soit elles-mêmes qui distillent la mélopée. Une musique qui est à la fois empreinte de la tradition et totalement moderne Subtile et inventive, dans l’improvisation, dans l’écoute.  Une pure merveille.

Ballaké et Vincent à la Fondation Maeght

C’est un très beau chat roux, nonchalamment  allongé sur un mur, tel un sphinx débonnaire, qui accueille le public, dans le labyrinthe Miró de la fondation Maeght  Le violoncelliste Vincent Segal et son vieux complice, Ballaké Sissoko avec sa kora prennent place sur la petit scène à l’ombre d’une œuvre monumentale de l’artiste catalan.Un concert à l’initiative du Festival de St Paul de Vence et de la Biennale Internationale de St Paul de Vence.

Il fait à peine jour mais les deux musiciens préfèrent jouer sans les éclairages prévus par l’organisation. Jusqu’à la pénombre, nous raconte Vincent Ségal, comme ils le font devant la maison de Ballaké Sissoko à Bamako. Leur répertoire est inspiré de la musique traditionnelle malienne qu’ils revisitent à leur manière. Le violoncelle joue le thème à l’archet mais sert aussi de percussions ou de rythmique, façon contrebasse jazz. Les voix de la Kora sont aussi multiples. La vingtaine de cordes pincées, frottées par Ballaké Sissoko, sonnent, résonnent, étonnent, entre harpe et luth.

Le dialogue des deux amis, des deux instruments, est intense, subtil. L’harmonie des harmonies. Un concert magique dans un cadre somptueux avec des musiciens singuliers.

Fables birmanes

Anne Paceo: Fables of Shwedagon

 (Laborie Jazz/Socadisc)

Pour ce nouvel opus, la batteure Anne Paceo innove une fois encore. Un enregistrement original, bigarré qui mêle musiciens européens et birmans, instruments classiques et asiatiques dont les noms seuls sont une invitation au voyage (Hsaing Waing, Maung Zaing ou encore Si Wa). Mélodies jazz, harmonies classiques contrastent avec des thèmes et mélopées d’Asie. Dix instrumentistes qui vont inventer un nouvel univers à la croisée de nombreux chemins en gardant la liberté de l’improvisation. Anne Paceo compose quatre des sept titres, les trois autres sont des airs traditionnels birmans réarrangés pour l’occasion. La batterie et les percussions ont le beau rôle mais les autres musiciens ne sont pas en reste. Au saxophone, l’impeccable -as usual- Christophe Panzani. A la guitare, un habitué des formations de Miss Paceo, Pierre Perchaud. Le piano de Leonardo Montana s’accorde à merveille avec la flute de Htun Oo (écoutez le Myanmar folk song). Comme quoi le jazz peut aller se nicher dans les plus lointains, les plus petits recoins et qu’il suffit parfois juste de vouloir l’écouter pour l’entendre.

L’enregistrement a été fait en live au festival de Jazz sous les Pommiers, on regrette que faute de place sur le CD, le set ne soit pas complet. Peut-être un jour verra-t-on une édition spéciale avec une seconde rondelle en bonus!

Live Report: Soirée métissée au Forum

Titi Robin Quartet + Syna Quintet,

le 04/03/17 au forum Nice-Nord (06)

Une soirée, au nord de Nice, qui nous a conduit de l’autre côté de la Mare Nostrum, là où, la musique chante avec l’âme des berbères. Une salle comble. En première partie, le jeune projet de Syna Awel. Un quintet porté par la voix de la chanteuse (et danseuse) Syna Awel, où les ambiances orientales se mêlent à des rythmes plus ternaires. De très belles compositions, la guitare, la flute s’harmonisent au chant, le hajouj et les percussions suscitent les déhanchements de miss Awel. Moment d’émotion et de tendresse, moins rythmée, la chanson dédiée à une maman, Yimma, de toute beauté. Comme le disait Titi Robin en entrant sur scène peu après, ils allaient devoir assurer après une tel set. Mais le guitariste à de l’expérience et de sacrés musiciens, il sait y faire et, en deux morceaux, le public était conquis. Avec eux, on descend, un peu plus encore dans le sud, les portes du désert ne sont pas loin, leur musique est autant de la ville que du sable et des dunes.  Dansante, dynamique dès les premiers instants, elle le devient encore plus quand Titi Robin empoigne son bouzouki. L’orient se celtise par moments et leur entrain ne faiblit pas. Les deux joueurs de hajouj, Selim Sami et Mehdi Nassouli, chacun dans leur groupe ont produit une eurythmie puissante mais les deux percussionnistes, Davy Sur et Habib Meftah Bousheheri, tous deux plutôt discret, ont assurés une pulsation de haute volée. Il est presque impossible de ne pas se lever pour bouger, danser sur leurs airs enjoués et c’est d’ailleurs ce que tout le monde fera pour un formidable rappel qui rendait cette nuit de mars moins noire.

Lopez-Nussa, Bona, Katché live in Monte-Carlo

manu katché

Deuxième soirée au Monte-Carlo Jazz festival pour cette édition 2016. Le Palais Garnier s’apprête à faire la fête, à se trémousser sur le velours pourpre car la première partie est consacré à deux groupes Cubano-Africain ou afro-cubain, allez savoir. La seconde au quintet de Manu Katché.
Le groupe du pianiste cubain Harold López Nussa et du bassiste et chanteur sénégalais Alune Wade ouvrait le concert. Leur musique respire l’énergie et la joie de vivre. Le jeu du pianiste est virtuose et survitaminé, même quand il partage le clavier avec son frère batteur pour une chanson de leur île lointaine. Wade nous offrira en fin de set, un solo de basse très Millerien (Marcus) avant de céder, après un court changement de plateau, la place à son confrère camerounais Richard Bona. Un septet à deux percussionnistes et un batteur complété par piano, trompette, trombone . Virtuose, Bona frime avec une certaine bonhomie comme un jeu avec le public mais dès qu’il joue quel plaisir, quel talent. On voyagera des plaines d’Afrique jusqu’à Santa Clara et La Havane. Il invente avec ce Mandeka Cubano, un nouveau style, le jazz fusion festif qui a enchanté les spectateurs du vénérable Palais Garnier.

Il était un peu plus de 23h quand la formation très européenne de Manu Katché a pris place sur scène. Une jeune norvégienne, Ellen Andrea Wang, à la contrebasse stick et au chant, un très beau style, un son plus electrique qu’une véritable contrebasse mais aussi plus rond, plus péchu. Un pianiste anglais discret Jim Watson et un norvégien au sax tenor, Tore Brunborg et venant du sud de l’Italie, l’une des pièces maîtresses de ce 5et, le trompettiste et cornettiste Luca Aquino. Ils ont joué en une grande partie de leur dernier album, « Unstatic », mais le « live » lui donnait une tout autre puisssance. Bien que placée tout au fond de la scène, la batterie est très en avant, amenant ainsi un groove puissant. Les duos entre la trompette et le saxophone sont magiques, le lyrisme d’Aquino associé à la rigueur de Brunborg. Une musique très écrite qui laisse néanmoins une belle place à l’improvisation. Du jazz, en fait ! Manu Katché a tenté et réussi à faire chanter les spectateurs avant un rappel swinguant idéal pour nous accompagner sur le chemin du retour.

Un grand merci à Jean-Luc Thibault pour la photo et le covoiturage ainsi qu’à Chester pour m’avoir fait un peu de place!

Hubert Félix Thiéfaine aux Nuits du Sud

Hubert Félix Thiéfaine aux Nuits du Sud

Vence, le 17 juillet 2015

Le duo « The Dead Fox On The Road » participait, en ouverture, au concours Talents Nuits du Sud. Du folk acoustique, chanté en anglais. Sympathique mais pas encore totalement mature.
La place du grand jardin remplie à bloc, le groupe d‘Hubert-Félix Thiéfaine leur succédait rapidement.
Deux guitaristes, Lucas Thiéfaine (le fiston) et l’excellent Alice Botté (longtemps compagnon de route de Charlélie) en t-shirt Keith Richards. Avec eux un bassiste, un batteur et un clavier et la nonchalance désespérée du chanteur franc-comtois, tout de noir vêtu.
La setlist fait la part belle aux derniers albums pour commencer. Puis le show s’anime, « Alligator 427 ». Un moment intense, « Je t’en remets au vent », HFT seul avec sa guitare. On a bien sûr eu droit à « Les dingues et les paumés » et  » Lorelei Sebasto Cha  » et en final l’immanquable « La fille du coupeur de joint ».
Quel concert! Quel groupe! Comme quoi, on peut encore faire du rock en français et avec des textes intelligents, poétiques et d’une grande humanité.

Avec leurs tchatches, leurs accents, un reggae rap festif, les chanteurs bondissants de Zebda réussissaient à refaire venir une foule qu’un très long changement de plateau (plus de 40′) avait fortement disséminée.
Le coté répétitif des gimmicks et de leur jeu de scène fini malgré tout par lasser assez, hélas.

NJF jour 5

Nice Jazz Festival – Nice – 11 juillet 2015

C’est la jeune barcelonaise (20 ans) chanteuse et trompettiste Andrea Motis qui en cette fin d’après-midi. Un joli minois mais surtout une jolie voix, pas puissante mais idéale pour ce jazz classique fait de reprises à tendance bossa.Andrea Motis bl Et quand elle embouche sa trompette ce n’est pas juste pour faire de la figuration. Un concert que l’on apprécierait encore plus dans l’ambiance feutrée et cosy d’un bar lounge.
Chers lecteurs, le saviez-vous mais Fats Waller était au NFJ en ce 11 juillet!Fats Waller and Jason Moran
Certes sous la forme d’une grosse tête façon carnaval mais aussi sous les doigts du pianiste Jason Moran qui venait avec son groupe lui faire une joyeuse et respectueuse fête. Respect mais aussi modernité car le set de Jason Moran était jonché de tonalités à la fois contemporaines et de rythmes très dansant. Le public ne s’y est pas trompé et nombreux sont ceux qui vinrent onduler devant la scène. Quelques moments forts, le très crooner trompettiste Leron Thomas chante « Two Sleepy People », le duo avec le batteur Charles Haynes et le final  » The Joint Is Jumpin’  » d’où l’on a pu reconnaitre quelques accents d’Ornette Coleman.
Venait ensuite ceux qui allaient clôturer (pour moi) ce Nice Jazz, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara Fatoumata Diawaraet le pianiste cubain Roberto Fonseca. De la musique africaine intimement métissée à du jazz moderne. Un joueur de N’goni, une chanteuse, des percus pour l’Afrique, une basse, une batterie, un piano pour le jazz. robertoMais ce n’est pas si simple car le groupe forme une belle entité que l’on ne saurait subdiviser arbitrairement.
Un show militant. Fatoumata Diawara chante pour les jeunes d’Afrique coincés dans leur continent avec des rêves d’ailleurs. Elle chante (duo piano-voix dépouillé) les femmes du monde entier pour leurs libertés et le pouvoir de dire Non. Puis aussi un hymne, ou presque, à Madiba, Nelson Mandela qui a tant fait son peuple, pour les noirs du monde entier.
Entre temps, un trio piano, basse, batterie de la plus bel eau qui donnait toutefois l’envie de glisser quelques feuilles de menthe dans un verre de …