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Sun Dew

Heloïse Lefebvre / Paul Audoynaud:
Sun Dew

(Laborie Jazz)

Héloïse Lefebvre : Violin, Viola, Voice; Paul Audoynaud : Guitars
Liron Yariv : Cello; Johannes Von Ballestrem : claviers;
Paul Santner : Double bass, Electric bass;
Christian Tschuggnall : Drums, Percussion, Lap steel guitar

Sun Dew est un projet créé à Berlin par la violoniste Héloïse Lefebvre et le guitariste Paul Audoynaud. Un sextet avec violon, violoncelle, contrebasse, guitare, claviers et batterie. Une formation insolite que l’on aura du mal à classer jazz malgré leur label fortement orienté sur cette musique mais peu importe. Les deux leaders se partagent les compositions dans des styles assez différends allant de la musique classique, trio à cordes, folk jusqu’à des influences rock indéniables. Leur adaptation en un seul long morceau, de quelques titres de Queen of The Stone Age, est des plus étonnante. La guitare se permet de hurler un peu avant de céder la place au violon lancinant puis de mieux reprendre son chorus débridé. Paul Audoynaud est un fort bon guitariste mais c’est quand il fait crier les six cordes de sa Telecaster qu’il est le plus éloquent, bien que « Tones of The Blackwood » fasse ressortir quelques belles envolées en acoustique. Un des plus belles plages du CD est celle intitulée Clint. Elle fait la part belle à chacun des solistes, dans un thème qui va crescendo. Un univers onirique et habité servit par des arrangements de premier ordre. A découvrir donc et à suivre ensuite.

Live Report : Didier Lockwood à l’opéra de Nice

DIDIER LOCKWOOD TRIO, le 27/02/17 à Opéra de Nice (06)

Il y a souvent des violons à l’opéra de Nice mais, des violons comme ceux de la soirée de ce pluvieux lundi, beaucoup plus rarement. Du violon jazz, du violon swing par deux de ses meilleurs représentants français. Tout d’abord donc, le niçois François Arnaud pour un duo avec l’excellent pianiste Jean-Yves Candela. Un répertoire de thèmes classique du « Days of Wine And Roses » à « Misty » en passant par le dispensable (mais qui a beaucoup plu) « Besame Mucho ». En plus d’un parfait soutien harmonique, Candela amène au duo un swing profond qui permet à François Arnaud de se balader sur son manche à sa guise. Notons que la compo de Candela qui finissait le set était tout à fait superbe, je n’en ai malheureusement pas retenu le nom. Petit entracte pour passer du duo au trio, celui de la tête d’affiche de ce concert, Didier Lockwood. Une formation incluant Diego Imbert à la contrebasse et Noé Reinhardt à la guitare pour rendre hommage au grand Stéphane Grappelli, l’un des précurseurs du violon jazz. Didier Lockwood est en forme et affable, il narre entre chaque morceau quelques anecdotes concernant Grappelli ou ses propres expériences de scènes avec son instrument fétiche. Il plonge dans le répertoire de Grappelli (les valseuses, …), de Reinhardt (Nuages, Minor Swing, …) ou dans le sien (Barbizon Blues,…) pour nous offrir un long set  de musique vivante, enjôleuse, rythmée qui a enchanté le public de l’opéra, plein du parterre au poulailler. Il termine, avant un très swinguant rappel, par son fameux solo, près de 20 minutes, où, armé de son violon Goldorak et de ses loopers et pédales d’effets, il va nous faire voyager dans son univers musical. Les mouettes, bien sûr, mais aussi un peu de folk celtique, du jazz presque rock, de la wahwah, la balade dans le public pour revenir sur la scène en un final explosif. Remarquable musicien, tout sourire. Ces échanges de regards avec son complice Diego Imbert quand celui-ci se lance dans un chorus ou dans une joute tout en bas du manche. Peut-être un peu plus de réserve avec le guitariste, une admiration et un respect réciproques.

En rappel, Lockwood invite François Arnaud à le rejoindre sur scène- son ampli était déjà prêt- Minor Swing mais jazz majeur!

Cette salle à l’italienne sonne aussi très bien pour le jazz, espérons que l’expérience sera renouvelée très bientôt.