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Harmonica à bicyclette.

Olivier Ker Ourio: French Songs

(Bonsaï Music)

Reprendre des vieilles chansons françaises arrangées en jazz pour un harmonica chromatique pouvait vite devenir du pénible radio nostalgie. Mais Olivier Ker Ourio a choisi trois super musiciens pour l’accompagner, trois pointures. Laurent Vernerey à la basse, il a un large panel de Le Forestier à Lockwood; le cubain Lukmil Perez qui fait des merveilles à la batterie avec entre autres Mirabassi et surtout Sylvain Luc à la guitare. Celui-ci a eu la très bonne idée de choisir une guitare à cordes nylon qui donne une chaleur éclatante à chacun des morceaux.  Un choix éclectique, du Montand ou du Nougaro, on les attend un peu en jazz mais c’est bien moins le cas de Aznavour, Joe Dassin ou Delpech et pourtant Ker Ourio réussit parfaitement à instiller swing et groove dans ce Pentimento musical. Comme le proclame le titre de Gainsbourg repris ici, un disque qui met L’eau à la bouche.

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André, Luc, Mike & Richard à Nice.

Sylvain Luc, Richard Bona, André Ceccarelli et Mike Stern se chauffent pour leurs futurs master class en donnant un concert au théatre lino Ventura le 31 octobre 2014. Un concert qui commence par… Un solo de batterie. Très beau chorus, très écrit mais très musical aussi, une belle mise en bouche de Stu Richie pour aborder le set du Guetta 5et puis celui des quatre master.

Gilbert Guetta 4et via la videoYoutube
Gilbert Guetta 4et via la videoYoutube

Première partie donc, trois titres et 45 minutes de très belles phrases musicales de Frank Taschini au ténor mais surtout au soprano, Giuliano Raimondo à la contrebasse, Massimo dal Pra au piano et donc de Gilbert Guetta aux guitares. Gilbert qui se transforme en maître de cérémonie (après tout c’est à son initiative que ce concert a lieu) pour présenter la soirée. Après quelques réglages d’ampli récalcitrant, Sylvain Luc, Richard Bona, André Ceccarelli et Mike Stern on fait la fête au jazz, à la musique, redoublant de politesse -on ne se tire pas la bourre- et de virtuosité. Il y a avait en fait trois solistes, deux guitares, une basse et un batteur. Derrière ses futs, André Ceccarelli fut (ah, ah) impérial comme toujours assurant à ses compagnons une assise rythmique impeccable.

Richard Bona capté du téléphone.
Richard Bona capté du téléphone.

On se souviendra de Mike Stern tentant d’imiter le chant de Richard Bona dans une berceuse camerounaise ou du duel plus fraternel que fratricide Luc-Stern ou du duo très enlevé Stern/Ceccarelli bien que Mike Stern semble souvent ne vouloir qu’effleurer ses cordes. Ils ont fini par un peu de rock teinté de funk car ils ne pouvaient tout de même pas laisser toute la place au jazz ;-). Ce n’est qu’au moment où Mike Stern, sans se départir de son éternel sourire, a posé sa guitare, qui semblait jusque-là être un prolongement naturel de ses deux bras, que l’on a su que, hélas, les lumières allaient se rallumer. Et on commençait à envier ceux qui le samedi et le dimanche suivraient les master-class animées par ces quatre-là!

Juan Guitar Summits

Jazz à Juan le 18 juillet 2012

Une soirée copieuse mais pas roborative!
Il était 0h07 quand le 4et de Mike Stern, vedette de la soirée, joue ses premières notes. Un mix élégant de Jazz-world-fusion pulsé par un Dave Weckl en pleine forme. La basse de Richard Bona feule dans la nuit. Ah, cette « cinq cordes » aux aigus surprenants! Vers 0h40, on croit à la fin du show avec cette belle  berceuse peul qu’ils nous offrent, mais non, la première heure de la nuit était bien entamée quand ils ont quittés définitivement la scène.
Le nouveau quintet électrique de Birelli Lagrene les avait précédés.
Si Lagrene est parfois démonstratif, sa virtuosité est sans faille, comme dans ce thème, (de  Bach semble t’il), ou sax et guitare jouaient à l’unisson pendant plusieurs minutes avant de laisser Birelli dans un chorus électrisant que Hendrix n’aurai pas renié. Auparavant, Troc, André Ceccarelli impassible et Janick Top (ex de Magma!) impérial assurent un mur rythmique pour les solistes dont Alex Ligertwood au chant, émotionnel et puissant.

Mais la soirée avait commencée bien avant…

Au soleil couchant, Alex Stuart Quartet prenait possession de la scène. « Grand Prix Jazz à Juan 2011« , c’est naturellement qu’il avait sa place sur la programmation 2012. Si son jeu est très inspiré de Scofield, le 4et est en fait dominé par les prestations techniques et artistiques du saxophoniste Guillaume Perret. (On ne saurait trop recommander l’album avec The Electric Epic chez Tzadik).
Ils étaient suivit d’une courte prestation de Blick Bassy, un chanteur folk camerounais à la technique de guitare étonnante, probablement inspirée de la kora.
Mais le grand moment de ce début de soirée fut sans aucun doute le duo Sylvain Luc, Philippe Catherine (le musicien pas le bouffon). Deux guitares demi caisse Godin, deux phrasés très différents mais quel plaisir, quel régal. Cela n’a, hélas, pas duré très longtemps, la programmation de la soirée était très fournie. Mais voilà deux guitaristes confirmés, aux talents reconnus qui jouent ensemble et pas l’un contre l’autre. Ils cherchaient plus à s’étonner qu’à s’impressionner.  Et le spectateur lui profitait totalement des deux. De la Musique avec un « G » comme guitare.

Jacques Lerognon