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Organ sessions

Fred Dupont: Organ Sessions

(Assai-records)

Fred Dupont/ Orgue Hammond et piano Wurlitzer
Damien Shmitt/ Batterie; Jo Champ/ Guitare
Renaud Gensane/Trompette; baptiste Herbin/ Sax

Un groupe avec Hammond ça doit swinguer, pulser et de fait, ses sessions à l’orgue swinguent bel et bien, les trois premières plages , New Orleans, BlueBlues, Listen Here,  en attestent. Puis Fred Dupont se laisse tenter par un funk enjoué, Mandat Cash, le trompettiste joue à la Miles, période trompette rouge. Le titre éponyme, verse carrément dans une musique très eighties, vocoder presque disco (!). Heureusement, ils se reprennent dans Rhum Express où trompette et sax alto font des merveilles sur les nappes des claviers du B3. Cajun, court retour au funk mais épicé cette fois-ci. L’album fini en toute beauté avec 6 AM, entre tradition et modernité, Dupont semble délier sa main droite dans des trilles enivrants relevées de nouveau par les deux soufflants.  En final, une reprise en live de Listen Here, le plus fringant des titres du CD (le 3e). Une très belle réussite, il faut noter que Fred Dupont est fort bien entouré de très bons solistes. Au sax, Baptiste Herbin, l’un des tous meilleurs alto de ce côté de l’atlantique. Renaud Gensane, trompettiste malgache au groove implacable.

 

Live Report : Didier Lockwood à l’opéra de Nice

DIDIER LOCKWOOD TRIO, le 27/02/17 à Opéra de Nice (06)

Il y a souvent des violons à l’opéra de Nice mais, des violons comme ceux de la soirée de ce pluvieux lundi, beaucoup plus rarement. Du violon jazz, du violon swing par deux de ses meilleurs représentants français. Tout d’abord donc, le niçois François Arnaud pour un duo avec l’excellent pianiste Jean-Yves Candela. Un répertoire de thèmes classique du « Days of Wine And Roses » à « Misty » en passant par le dispensable (mais qui a beaucoup plu) « Besame Mucho ». En plus d’un parfait soutien harmonique, Candela amène au duo un swing profond qui permet à François Arnaud de se balader sur son manche à sa guise. Notons que la compo de Candela qui finissait le set était tout à fait superbe, je n’en ai malheureusement pas retenu le nom. Petit entracte pour passer du duo au trio, celui de la tête d’affiche de ce concert, Didier Lockwood. Une formation incluant Diego Imbert à la contrebasse et Noé Reinhardt à la guitare pour rendre hommage au grand Stéphane Grappelli, l’un des précurseurs du violon jazz. Didier Lockwood est en forme et affable, il narre entre chaque morceau quelques anecdotes concernant Grappelli ou ses propres expériences de scènes avec son instrument fétiche. Il plonge dans le répertoire de Grappelli (les valseuses, …), de Reinhardt (Nuages, Minor Swing, …) ou dans le sien (Barbizon Blues,…) pour nous offrir un long set  de musique vivante, enjôleuse, rythmée qui a enchanté le public de l’opéra, plein du parterre au poulailler. Il termine, avant un très swinguant rappel, par son fameux solo, près de 20 minutes, où, armé de son violon Goldorak et de ses loopers et pédales d’effets, il va nous faire voyager dans son univers musical. Les mouettes, bien sûr, mais aussi un peu de folk celtique, du jazz presque rock, de la wahwah, la balade dans le public pour revenir sur la scène en un final explosif. Remarquable musicien, tout sourire. Ces échanges de regards avec son complice Diego Imbert quand celui-ci se lance dans un chorus ou dans une joute tout en bas du manche. Peut-être un peu plus de réserve avec le guitariste, une admiration et un respect réciproques.

En rappel, Lockwood invite François Arnaud à le rejoindre sur scène- son ampli était déjà prêt- Minor Swing mais jazz majeur!

Cette salle à l’italienne sonne aussi très bien pour le jazz, espérons que l’expérience sera renouvelée très bientôt.