Archives du mot-clé piano

Le sfumato d’Émile

EMILE PARISIEN Quintet: (Sfumato)

Act Music

 

Après un petit tour avec le celui de son compère accordéoniste, Émile Parisien nous propose un nouvel album de son quintet, dans lequel le piano est tenu, pour notre plus grand plaisir, par l’un des plus fameux pianistes allemands, le vénérable Joachim Kühn. Le groupe est rejoint sur 3 titres par l’accordéon de Vincent Peirani, justement, et du grand ancien, le clarinettiste Michel Portal.  Un disque d’une musique très sensuelle, composée en grande partie par le leader saxophoniste. Une musique plus abordable que celle du précédent album « Spezial Snack » (néanmoins très recommandable). Une musique qui évoque le cirque, « Le clown tueur de la fête foraine part 1 à 3 » fait penser à du Nino Rota, un peu barré. Le superbe duo piano/sax alto dédié à Daniel Humair est plus sobre malgré les métriques elles aussi un peu tordues.  Le morceau final en deux parties (Balladibiza I & II) offre quant à lui, à Manu Codjia, le guitariste qui monte, quelques envolées magistrales sur sa six-cordes. Ce sfumato musical est somme toute un beau dégradé jazzistique fortement recommandable.

Housewarming

Deuxième duo de rentrée, ici: piano, trombone.

Bojan Z & Nils Wogram

Housewarming

(Nwog Records)

Ce Cd est la première rencontre discographique entre le pianiste franco serbe Bojan Z et le tromboniste allemand Nils Wogram. Dix titres, cinq compositions chacun. Des duos d’un jazz intimiste, subtil et presque coquet. Il est d’ailleurs assez difficile d’attribuer tel ou tel thème à l’un ou l’autre des musiciens sans le lire sur la pochette. Bojan Z a délaissé les extravagances pianistiques dans lesquelles il se lance parfois pour de superbes mélodies. La tonalité grave et chaleureuse du trombone complète fort bien les accords et les trilles du piano. Les tempi sont plutôt lents mais certains rythmes s’avèrent complexes qu’une première écoute ne le laisser supposer. Leurs univers musicaux se complètent parfaitement, prouvant qu’en jazz on peut dialoguer en jouant, l’un après l’autre ou en même temps.
De quoi passer un moment confortablement assis, bien au chaud et de se laisser porter par leur musique.

 

 

Chimichurri

En cette rentrée trois voire quatre très beaux albums en duo…

le premier

Baptiste Trotignon & Minino Garay

« Chimichurri »

(Okeh/Sony)

Depuis le temps que l’on voie, le pianiste français Baptiste Trotignon et le percussionniste argentin Minino Garay, ensembles sur les scènes jazz ou dans les albums de l’un et de l’autre, il n’est pas étonnant de les entendre enfin dans un album en duo. Quinze titres, en presque une heure de musique, de jazz épicé à la sauce Chimichurri. On y trouve du Monk, de la comédie musicale et même le titre éponyme du précèdent album du percussionniste, « Vamos », une compo de Trotignon mais aussi des morceaux plus sud-américains.

On y retrouve le lyrisme de Trotignon, son toucher de piano délicat aux envolés brillantes ou cette main gauche parfois percussive comme pour mieux rejoindre le cajón ou les percus d’un Minino à l’extravagance mesurée.

Un album festif, d’amitié, de métissage musical.

Rantala/Danielsson/Erskine

Rantala/Danielsson/Erskine :
How Long is Now

(Act Music)

Pour son nouvel album en trio, le pianiste finlandais Iiro Rantala s’est adjoint deux pointures de chez Act Music, le bassiste Lars Danielsson et le batteur Peter Erskine. S’il commence par le superbe thème de Kenny Barron, Voyage, Rantaal compose l’essentiel du disque, laissant deux titres à Daneilsson et un Erskine mais aussi un à Jimi Hendrix (merveilleuse reprise toute en finesse de Little Wing) et enfin une révision à la fois respectueuse et enchanteresse d’un Kyrie de JS Bach. Les mélodies sont – il le revendique- assez simples mais elles permettent aux trois musiciens de s’exprimer plus librement. Son jeu de piano est très mélodieux, il semble plus caresser que frapper ses touches, certains morceaux (A Nut, Bruno) sont presque dansants. Un beau trio que l’on aimerait bien  voir sur scène.

Henri Roger « Sunbathing Underwater »

Henri Roger

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« Sunbathing Underwater »

Quatre titres, quatre improvisations en piano solo, intitulés simplement « Sunbathing Underwater » I à IV.

Le premier morceau, le plus long, 23 minutes, montre tout le brio et l’invention du jeu de piano d’Henri Roger. La main gauche semble vouloir rattraper la droite, le rythme s’accélère puis léger break et une ligne mélodique revient comme apaisée. Mais la cadence reste le maitre mot de ses impros, la virtuosité ne sert que l’imagination du pianiste qui explore, utilise le clavier dans sa totalité même si les beaux graves de ce Fazioli semble plus attirer ses doigts. Les impros II & III, sont plus courtes, plus ramassées comme pour revenir à l’essentiel. La II plus âpre, la III serait l’adagio du CD. Sunbathing Underwater IV est basée sur un tempo de blues, c’est du moins ce que l’on ressent au début en reconnaissant une forme plus traditionnelle mais Henri Roger a encore plus d’un tour dans son sac de notes, le blues va déraper, se disloquer dans des trilles, des arpèges plus intrigants pour l’enchantement de l’auditeur. Une écoute au casque ou à volume élevé vous permettra de plonger plus profond encore dans ses partitions aquatiques et ensoleillées.

Jazz, musique improvisée, avant-garde? Peu importe après tout, seule la musique compte finalement surtout quand elle est bonne, belle et émouvante.
Même si cet album n’est que numérique il n’en a pas moins une superbe jaquette. Une photo de Vaclav Krepelik.

https://soundcloud.com/henri-roger/piano-solo-sunbathing-underwater-part-ii

http://www.henriroger.com/-sunbathing-underwater-74-

Finalistes du Tremplin Nice Jazz Festival 2014

NJF-TremplinJ’ai l’honneur  de faire partie du jury du 1er Tremplin Nice Jazz Festival.

Parmi les 27 projets reçus le jury à choisi à l’unanimité les groupes suivants :

Fred d’Oelsnitz trio / Pierre Marcus 4tet / Philippe Villa trio / Gibraltar / Alex Grenier trio / Thomas Galliano 4tet

Rendez-vous le 06 et 07 juillet 2014 Place Massena pour découvrir les groupes en live !

 

Dimanche 06 juillet 2014 – 19h
Alex Grenier trio (Angers)
Tout en s’inscrivant dans les fondements et les racines du jazz et du blues, Alex Grenier Trio n’hésite pas à renouveler avec énergie et générosité la fameuse formule : guitare – basse – batterie. La musique du trio se veut moderne, créative, menée par l’improvisation et la recherche d’un son organique et puissant. Un jazz chaleureux et sans détour qui ne peut laisser indifférent.

Line up : Alex Grenier – guitare / Hervé Moquet – guitare / Franck Durand – batterie

http://www.alexgrenier.fr

Dimanche 06 juillet 2014  – 20h
Thomas Galliano 4tet (Nice)
Ce jeune musicien Niçois d’origine est parti s’installer depuis plus de 2 ans à New York. Depuis son départ vers les Etats-Unis, il a accompagné des musiciens respectables tels que JD Allen, Dezron Douglas, Stacy Dillard, Rashaan Carter, Orrin Evans, Lucques Curtis, Benito Gonzalez, Tom Guarna… Thomas Galliano s’efforce d’être sincère et expressif tout au long de sa musique, en utilisant la créativité à son maximum, faisant passer une énergie qui est nécessaire pour transmettre son intention.

Line up : Jo Kaïat – piano / Kevin Tardevet – basse / Manu Carré – saxophone / Thomas Galliano – batterie

Dimanche 06 juillet 2014  – 21h
Gibraltar (Nice)
Le fil conducteur de ce quartet instrumental et de délivrer un jazz affranchi de ses frontières stylistiques, et dont le centre de gravité se situerait quelque part entre les Etats-Unis, l’Europe et l’Afrique. Au fil des compositions originales du saxophoniste on est ainsi transporté par une grande diversité d’influences rythmiques et mélodiques qui évoquent tour à tour l’Afrique Noire, le Maghreb, les Caraïbes, l’Espagne et la méditerranée ou encore le swing ou le groove Américain. Pour autant il ne s’agit pas d’imiter tel ou tel folklore mais bien de s’en imprégner tout en gardant la même instrumentation et le même son de groupe.

Line up : Benjamin Boutant – saxophone / Linus Olsson – guitare / Tony Sgro – basse / Cédric Ledonne – batterie & percussions

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Lundi 07 juillet 2014  19h
Philippe Villa trio (Nice)
Philippe Villa est un pianiste de jazz dont la réputation n’est plus à faire. Il se situe dans ce que l’on pourrait qualifier d’école « romantique » du piano jazz, celle qui va de Bill Evans à Keith Jarrett en passant par Paul Bley. Et comme les pianistes susnommés, il parfume son jazz d’effluves de Debussy, Ravel ou Satie. Pratiquant avec talent ce que Brad Meldhau appelle « the art of the trio », il joue une musique dont le swing n’est jamais absent, mais avec un sens aigu de la mélodie.

Line up : Philippe Villa – piano / Fabrice Bistoni – contrebasse / Gérard Juan – batterie

http://www.philippevillatrio.com

Lundi 07 juillet 2014 – 20h
Fred d’Oelsnitz trio (Nice / Lyon)
Les histoires font partie de la musique. Elles nous racontent, à travers rythmes et sons, les musiciens qui les fabriquent. La musique de Frédéric d’Oelsnitz fait référence à des histoires jadis contées, vécues ou venant de son imaginaire. Il a choisi de les illustrer avec la complicité de Gero Portal et de Stéphane Foucher. Ces deux musiciens ont parcourus côte à côte depuis plus d’une décennie nombre de scènes, de même que chacun d’eux avec Frédéric d’Oelsnitz. Ensemble ils ont une histoire.

Line up : Fred d’Oelsnitz – piano / Gero Portal – contrebasse / Stephane Foucher – batterie

http://www.freddoelsnitz.fr

Lundi 07 juillet 2014 – 21h
Pierre Marcus 4tet (Nice)
Jazz aux couleurs Modernes, les compositions personnelles du contrebassiste Niçois Pierre Marcus oscillent entre swing, blues, ballades et compositions plus contemporaines. Le Pierre Marcus Quartet nous fait voyager dans son univers jazzistique aux associassions diverses, fruit de ses nombreuses inspirations, rencontres et collaborations musicales qui ravira sans aucun doute les amateurs de Modern Jazz soigné et original.

Line up : Michaël Berthelemy – piano / Pierre Marcus – contrebasse / Joris Mallia saxophone / Alexandre Gauthier – batterie

https://www.facebook.com/pierremarcusquartet

21h45 : Boeuf entre les musiciens

22h30 : Délibération du jury

Membres du Jury
David Benaroche – La Ruche
Yannick Denizet – Imago records
Romain Vigna – Ville de Nice
Franck Bigoin – Animateur radio
Daniel Chauvet – Jazz Hot
Jacques Lerognon – Journaliste Jazz Nouvelle Vague
Gilbert d’Alto – Journaliste Jazz La Strada
Géraldine Martin – Journaliste Jazz Agora FM
Marta Wydler – Aquarelliste de Jazz
Jean-Louis Neveu – Photographe de Jazz

1°/-GRAND PRIX, Prix du Nice Jazz Festival 2015 :
¤ Programmation au Nice Jazz Festival en juillet 2015, pour laquelle La Ville de Nice prendra en charge les frais d’hébergement. Auquel s’ajoutent : Un prix complémentaire de 150 euros par musicien, remis à l’issue de la prestation musicale décrite ci dessus.

¤ Première partie d’un concert à la salle Grappelli à Nice pendant la saison 2014/2015 pour laquelle La Ruche prendra en charge les frais d’hébergement et de déplacement.

¤ Le Prix du Studio Imago records : Deux jours d’enregistrement au Studio « Imago records » à Nice ; (enregistrement et mixage) dans l’année qui suit leur participation au Tremplin et à l’occasion de leur prestation à la salle Grappelli à Nice pendant la saison 2014/2015.

Les groupes ne respectant pas les délais fixés ci-dessus ne pourront demander aucune indemnisation en contrepartie.

2°/-PRIX DU PUBLIC, Prix de la SACEM du Nice Jazz Festival OFF 2015 :
¤ Programmation au OFF du Nice Jazz Festival en juillet 2015, pour laquelle La SACEM prendra en charge les frais d’hébergement. Auquel s’ajoutent : Un prix complémentaire de 100 euros par musicien, remis à l’issue de la prestation musicale décrite ci dessus.

 

Paul Lay

Mikado

Laborie jazz/Abeille Musique

PaulLay2014Deuxième album du pianiste et compositeur Paul Lay, prés de cinq ans après le premier. Il passe du trio au quartet, un saxophoniste-clarinettiste, Antonin tri Hoang, complétant le classique, piano, contrebasse, batterie.

Compositeur de treize des quatorze titres, Paul Lay n’a pas écrit un album de pianiste, il délègue de belles parties à ses compagnons, ce Mikado est surtout le disque d’un groupe. Leurs voix s’entremêlent souvent, se répondent ou s’interpellent parfois; le bassiste ne se contente pas d’impulser son groove, il sous-tend la ligne mélodique. Le premier morceau « Ouverture » pourrait être de l’époque de Debussy, puis le rythme se déconstruit légèrement, on plonge vraiment dans le jazz. Le saxophoniste ose même un peu plus tard, quelques mesures free-jazz. A découvrir s’en attendre.

Baptiste Trotignon & Mark Turner

BSopt Nice l09/10/2013

Trotignon Turner21h30, Baptiste Trotignon et Mark Turner sax en main se frayaient un chemin à travers les tables chargées de verres et d’assiettes des spectateurs venus profiter d’un diner pré concert. Ils entament par deux titres de leur récent album « Dusk Is a Quiet Place », fort bien nommé pour l’ambiance calme et diffuse qui se dégage de ce début de set. Le titre suivant, plus étonnant, est un prélude de Chostakovitch. Les deux musiciens dialoguent sur scène avec leurs instruments mais contrairement à la vie courante, magie du jazz, de la musique, ils parlent et écoutent en même temps. Chacun des deux musiciens est le catalyseur de l’autre. Leur musique est sophistiquée, délicate et envoûtante. Chaque note semble être réfléchie avant d’être jouée durant les deux heures d’un jazz de très haute tenue.