Archives du mot-clé NJF

James from New Orleans (Live report)

James Andrews Nice Jazz Off (On stage)

Pour la première soirée des concerts On Stage du Nice Jazz Off, la scène de la coulée verte recevait le trompettiste James Andrews tout droit venue de sa Nouvelle Orléans. Il était accompagné, et de quelle manière, par un trio niçois (Yves Renard au piano, Alain Rattier au trombone et Daniel Chauvet à la contrebasse). Pendant plus d’une heure, ils nous ont régalé d’un jazz New Orleans de la plus belle eau. James Andrews est non seulement très bon trompettiste mais c’est aussi un chanteur doué et charismatique. Il sait parfaitement jouer avec le public au gré des tubes qu’il reprend d’Hello Dolly (où il va jusqu’ à imiter la voix et le phrasé de Louis Armstrong) ou « Oh When The Saints… » pour lequel tous les spectateurs furent mis à contribution, chant et danse! Malgré l’absence de batteur et grâce à l’énergie conjuguée du contrebassiste et du leader, nous avons eu une soirée très rythmée, franchement joyeuse avec même une petite parade des deux soufflants tout autour des spectateurs qui ont pu à l’occasion, se rendre compte que même sans micro, une trompette ça pulse drôlement fort. Et bien que de dos, David, (du moins sa statue) était tout émoustillé, il se serait cru dans Bourbon Street. Une très belle façon de rentrer dans l’ambiance future du Nice Jazz Festival dans lequel son grand frère Trombone Shorty jouera dès le premier soir.

 

un petit moment pour l’ambiance.

 

NJF jour 5

Nice Jazz Festival – Nice – 11 juillet 2015

C’est la jeune barcelonaise (20 ans) chanteuse et trompettiste Andrea Motis qui en cette fin d’après-midi. Un joli minois mais surtout une jolie voix, pas puissante mais idéale pour ce jazz classique fait de reprises à tendance bossa.Andrea Motis bl Et quand elle embouche sa trompette ce n’est pas juste pour faire de la figuration. Un concert que l’on apprécierait encore plus dans l’ambiance feutrée et cosy d’un bar lounge.
Chers lecteurs, le saviez-vous mais Fats Waller était au NFJ en ce 11 juillet!Fats Waller and Jason Moran
Certes sous la forme d’une grosse tête façon carnaval mais aussi sous les doigts du pianiste Jason Moran qui venait avec son groupe lui faire une joyeuse et respectueuse fête. Respect mais aussi modernité car le set de Jason Moran était jonché de tonalités à la fois contemporaines et de rythmes très dansant. Le public ne s’y est pas trompé et nombreux sont ceux qui vinrent onduler devant la scène. Quelques moments forts, le très crooner trompettiste Leron Thomas chante « Two Sleepy People », le duo avec le batteur Charles Haynes et le final  » The Joint Is Jumpin’  » d’où l’on a pu reconnaitre quelques accents d’Ornette Coleman.
Venait ensuite ceux qui allaient clôturer (pour moi) ce Nice Jazz, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara Fatoumata Diawaraet le pianiste cubain Roberto Fonseca. De la musique africaine intimement métissée à du jazz moderne. Un joueur de N’goni, une chanteuse, des percus pour l’Afrique, une basse, une batterie, un piano pour le jazz. robertoMais ce n’est pas si simple car le groupe forme une belle entité que l’on ne saurait subdiviser arbitrairement.
Un show militant. Fatoumata Diawara chante pour les jeunes d’Afrique coincés dans leur continent avec des rêves d’ailleurs. Elle chante (duo piano-voix dépouillé) les femmes du monde entier pour leurs libertés et le pouvoir de dire Non. Puis aussi un hymne, ou presque, à Madiba, Nelson Mandela qui a tant fait son peuple, pour les noirs du monde entier.
Entre temps, un trio piano, basse, batterie de la plus bel eau qui donnait toutefois l’envie de glisser quelques feuilles de menthe dans un verre de …

Mon Nice Jazz Festival 2014

Nice Jack Festival 2014jour 1,  8 juillet 2014

Incontestablement ce fut la soirée de Cécile McLorin Salvant,cecileMcLorin 20h50, la nuit n’était pas tombée, le trio prenait place sur scène rapidement suivi par la chanteuse aux fameuses lunettes blanches. Un répertoire éclectique allant de Judy Garland (« Trolley Song » repris avec une délicieuse voix enfantine) à Damia et Barbara (« Le mal de vivre » poignant avec une magnifique partie de piano) sans oublier Burt Bacharach ou Blanche Calloway (la soeur de Cab, première femme noire chef d’orchestre). Une voix magnifique qui sait swinguer aussi bien qu’émouvoir. Même si elle chante « Nobody listen to me » nous on l’écoutait avec délectation. N’oublions pas ses trois musiciens étasuniens de grande classe qui faisait bien plus que l’accompagner. Nul doute que l’on reverra sur la scène du théâtre de verdure Aaron Diehl avec son propre groupe d’ici peu de temps!
Le parrain niçois (du festival) Richard Gallianno prenait sa suite avec un NJO galianoau grand complet pour un hommage à Nougaro qui a enchanté le public malgré une légère fraicheur bien peu estivale qui tombait sur les épaules.


 

jour 2, 9 juillet

 

Le dilemme pour l’amateur de jazz en ce 9 juillet, Mc Bride ou Maalouf?

Vincent PeiraniHeureusement le début de soirée était tout trouvé avec le jeune et étonnant duo, le nissart Vincent Peirani à l’accordéon et Emile Parisien (qui ne l’est pas) au saxophone soprano. Un set ponctué par deux reprises de Sidney Bechet qu’ils tordent, revisitent, boostent au propergol pour les faire sonner comme des titres écrits hier ou demain. Il en va de même pour leur propres compositions ou quand ils s’aventurent dans le folklore macédonien. Très musical et bluffant.

Horaires décalés, on s’accorde quarante minutes de Christian McBride trio. Démarrage un peu lent mais dès le deuxième morceau le groove commence à envahit le théâtre de verdure. Communion parfaite des trois musiciens, McBride grand seigneur et immense bassiste ne manquant pas une occasion de mettre ne valeur ses deux acolytes, Christian Sands au piano et Rodney Green à la batterie. McBrideTrioMais il nous fallait rejoindre la scène Massena où prenait place 4 trompettistes, un bassiste, un batteur, un clavier et un guitariste.maalouf090714 Le groupe d’Ibrahim Maalouf qui passait en deux ans de la petite à la grande scène. Et quel spectacle, quel son, quel énergie. Les morceaux du dernier album s’enchainent, à peine le temps de présenter les musiciens que cela repart jusqu’au retour à Bierut, le tube qui finit en un hard rock déchainé (remarquable chorus de François Delporte à la guitare) comme un avant-goût du Deep Purple du lendemain. On reprend ses Illusions jusqu’à la fin du set qui laissera les spectateurs pantois mais euphoriques.


 jour 3,   10 juillet.

 

kennyGarret_hunterDeux grands moments ont ponctués cette soirée, coté Jazz, côté mer, The Kenny Garret Quintet. S’il fût le dernier saxo de Miles, c’est par une musique très Coltranienne qu’il commence son set. Alternant Alto et soprano, il est soutenu par le frappé puissant du batteur McClenty Hunter. La deuxième partie sera plus épicée, plus latine, le groove se fait chaloupé, il dessine la biguine du bout de son soprano amenant même le public à quitter les chaises pour danser au pied de la scène. Magique.

Suivaient, côté terre, un mythique groupe de hard-Rock anglais. Osons le dire leur violet est moins profond,GloverPaiceGillian le Deep Purple s’est bien éclairci, à l’aune de la couleur des cheveux des musiciens. Les aigus de Gillian ne le sont plus autant, Steve Morse hésite toujours entre Blackmore et Satriani mais ses soli sont toujours aussi exceptionnels. Le clavier Don Airey nous fait du Keith Emerson avec son vieux moog. Seuls les deux anciens de la rythmique Glover et Paice semble avoir l’énergie d’antan. Mais quand on peut aligner entre autres, « Into The Fire », » Lazy », « Space Truckin' » entrecoupés de titres plus récents et finir au bout de 60 minutes par le quadragénaire « Smoke On The Water » on est sûr de conquérir même le public le plus rétif. Et c’est après plus d’¼ d’heure de rappel qu’avec l’immanquable « Black Night » ils nous laissent exsangue de musique dans la nuit devenu noire!


jour 4, 11 juillet.

N’en déplaise aux Vençois, cette soirée était un peu Nuit du Sud.

tremplinOn quittera trop rapidement le quartet du niçois Tony Paeleman, beau jazz où sur le début du set le sax de J. Pontvianne semble prendre l’ascendant sur le piano du leader. Mais c’est l’annonce des vainqueurs du tremplin du Nice Jazz. Fred d’Oelsnitz Trio sera donc sur la scène du théâtre de verdure en 2015, les angevins Alex Grenier Trio seront eux programmés au off. Deux excellents lauréats, le jazz a de l’avenir et c’est tant mieux.

Juste le temps de rejoindre Masséna pour l’entrée en scène de la jeune New Yorkaise Robin McKelleRobinEtFred et ses quatre musiciens. Plus Rythm and Blues que soul, The Flytones on la pèche et Robin ne se ménage pas. Superbe voix, phrasé qui rappellera aux plus anciens Aretha Franklin. Très beau passage, assis en duo avec le bassiste Fred Cash, ils évoquent en musique leur parcours de New York à Miami. On laissera Cody Chesnutt faire son show très (trop?) bien rodé pour descndre vers New Orleans avec les cuivres du Butler, Berstein & The Hot 9. Henry Butler, le pianiste a le look de Ray Charles, mais le touché de Fats Weller dont le groupe jouera plusieurs thèmes. Bernstein alterne trompette, bugle et même un étonnant trombone soprano (tout petit mais musical). Dansant, fringuant, joyeux, une très belle mise en bouche avant le clou de la nuit,Dr John Live in Nice Dr John & The Nite Trippers. Accompagnés de l’incontournable tromboniste Sarah Morrow! Le roi de la voodoo music, Mac Rebennack passe allégrement du Steiway au clavier électrique enchainant les morceaux de sa voix rocailleuse. On aura même le droit à un titre à la telecaster! Tubes, classiques, ou morceaux plus récents, blues, boogie, zydeco, on traverse le bayou, le grand sud sous la protection de la fameuse tête de mort qui veille sur le piano. Sur la droite de la scène Sarah Morrow mène la troupe du bout coulissant et (coolisant) de son trombone. Après plus d’une heure de soul food musical, le groupe entame le standard « Good Night Irene », belle façon de finir pense-t’on dans les gradins mais non Dr John nous réservait son indémodable « Such a Night » près de dix minutes qui faisait, somme toute, un beau résumé de cette soirée.

Mais la soirée n’était pas tout à fait fini…RobinetAmaury
Au Bspot, les « Afters » ont battu leur plein durant tout le festival, assez tard dans la nuit, après un « Superstition » trépidant mené de la basse par Dwight Bailey, le bassiste de Dr John, Robin McKelle rejoignait la scène avec son batteur et son clavier  pour 25 minutes d’un « Chain of Fools » d’anthologie.


 

jour 5, 12 juillet.

Les nuages s’amoncellent sur la côte mais le Nice Jazz Festival semble être protégé par de hautes pressions qui écartent les nébulosités pour ne laisser la place qu’à la seule musique!

maggieGalacticLa Nouvelle-Orléans qui avait fait escale la veille au NJF nous réserve encore une surprise avec Galactic. Un groupe qui mêle toutes les influences de la musique, le jazz certes mais aussi le funk, le rock. Gros son, trombone tonitruant, guitare cinglante et surtout la voix de Maggie Koerner, chaude et expressive. Pas totalement abouti mais plaisant.

Vers la mer, The Low Budget Men du docteur Mariotinni avait rock’n’rollé la fin d’après-midi. joshuaMais tout le monde attendait Joshua Redman et son quartet. Et il ne nous a pas déçus. Chemise blanche, cravate parme, ténor scintillant, Redman a littéralement enchanté le public. Peu bavard, c’est avec son saxophone qu’il s’exprime. Epure et grâce, sa musique c’est le « Search for beauty » comme il le dira lui-même. Une apparente simplicité, des harmonies d’une grande subtilité, des dialogues piano-saxo, la pulsation du tandem contrebasse-batterie. Il n’hésite pas à quitter le devant de la scène pour laisser s’exprimer ses musiciens. Du jazz pur, du jazz moderne, de la musique céleste, du jazz quoi!

Ils joueront essentiellement de ses propres compositions jusqu’à un vibrant « Yesterdays » puis un final « Body And Soul », en hommage à Charlie Haden décédé la veille, émouvant jusqu’aux larmes qu’il avait (que nous avions) du mal à cacher.

Même Ed Motta et son groupe pourtant très carioca n’a pas vraiment réussit à détendre l’atmosphère. Il est vrai que cette musique nécessite sable, palmiers, cocktails avec parasol en papier pour vraiment fonctionner.

Mais après l’intense set de Joshua Redman, Aaron Goldberg, Reuben Rogers et Gregory Hutchinson qu’avions-nous besoin d’autre que du bruit des vagues sur les galets de la promenade des anglais!


Un peu plus de 32000 personnes ont partagé la musique ici cette année, malgré le foot et les nuages.

Keep On Groving!

PS: Cette chronique est humblement dédiée à Charlie Haden et Johnny Winter décédés pendant sa rédaction!