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Un radeau métal

CkRAFT: Epic Discordant Vision

(Ckraftprod / Inouïe Distribution)

Théo Nguyen Duc Long: saxophone ténor; Antoine Morisot: guitare électrique; Charles Kieny: accordéon augmenté; Marc Karapetian: basse électrique; William Bur: batterie

Imaginez que les californiens Red Hot Chili Pepper ai engagé un accordéoniste à la place du chanteur mais qu’il soit tout aussi barré que Anthony Kiedis, ou que Vincent Peirani fasse le bœuf avec Guillaume Perret et Matt Hollenberg (l’un des guitariste de John Zorn) , vous aurez une petite idée de l’esprit qui préside à cet album. Un accordéon augmenté, des profusions de pédales d’effet sur celui-ci mais aussi sur la guitare (7 cordes of course) et la basse, peut-être même sur la batterie! Un sax ténor, lui aussi bien assorti, vient compléter la petite troupe de Charles Kieny et son piano à bretelles.
Riff bien gras, joué à la basse ou à la guitare, repris par le sax qui dessine ensuite la mélodie. Étranges sons qui sortent du clavier à boutons de nacre et un batteur puissant qui ponctue tout ça. Du métal à n’en point douter avec une basse qui crépite et vrombit. Des soli aussi bien de la guitare, (normal), que de l’accordéon (raisonnable c’est lui le leader) que de la basse ou du ténor (eh, on se rapproche du jazz). Et c’est finalement quand l’accordéon sonne comme un accordéon (A.V.II) que c’est le plus singulier, on se demande alors ce qui va suivre.

Embarquez sur ce radeau de métal: le CK Raft pour 50 minutes chaudes, intenses et sonores.

Guillaume Perret and The Electric Epic

Guillame Perret & The Electric Epic
Open Me

Kakum Records/ Harmonia Mundi

open me« Jazz isn’t dead it just smells funny » disait le grand Frank Zappa, voilà une maxime qui peut tout à fait s’appliquer à ce nouvel album de Guillaume Perret. D’ailleurs Perret n’a-t ‘il pas joué dans le collectif « Le bocal » auquel on doit un excellent album en hommage au maitre « Oh No! Just Another Frank Zappa Memorial Barbecue »?lebocal
Car c’est bel et bien du jazz que joue l’Electric Epic, du jazz électrique, musclé, du jazz brutal, du jazz métal même parfois à l’image de « Shoebox » le deuxième morceau où la guitare deJim Grandcamp et le saxophone de Perret semble rivaliser de puissance, d’énergie sur un thème où chaque variation monte le ton d’un cran, pousse un peu plus dans d’étonnante progression harmoniques. La basse ( Philippe Bussonet) prend à son tour son chorus sous les cris presque animal (mouette?) du sax. Yoann Serra à la batterie n’est pas en reste, c’est lui qui donne la pulsation qui va entrainer le groupe dans un final presque paroxystique plus de neuf minutes plus tard. Ils avaient joué ce morceau en avant-première à Nice, à la Salle Grappelli, puis au Nice Jazz devant un public, disons, médusé. Heureusement, le déferlement se calme un peu par la suite même si le titre suivant se nomme « Brutalum Voluptus ». C’est d’ailleurs le morceau qui pourrait attirer quelques bémols, essentiellement dû aux parties vocales peu convaincantes. « Irma’s Room » qui suit fait la part belle à une jolie partie de guitare dont on se demande si elle n’est pas joué au sax…
Et quand on voit le nombre de pédales d’effets reliées au sax, on peut effectivement douter.
Sur la pochette, Guillaume Perret a les deux avant-bras recouverts d’un tressage de cordons jack, joli symbole pour le musicien qui doit en utiliser bien plus d’un pour brancher tous ces boites d’effets qu’ils lui permettent d’obtenir ses sons incomparable et parfois improbable.
Il n’est plus produit comme le précèdent opus par le génial John Zorn mais le résultat n’en est pas moins excellent. L’album a une plus grande homogénéité que son prédécesseur, il forme une belle entité que l’on ne saurait trop recommander.
Et comme il vous le demande, il ne vous reste plus qu’à l’ouvrir.