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Organ sessions

Fred Dupont: Organ Sessions

(Assai-records)

Fred Dupont/ Orgue Hammond et piano Wurlitzer
Damien Shmitt/ Batterie; Jo Champ/ Guitare
Renaud Gensane/Trompette; baptiste Herbin/ Sax

Un groupe avec Hammond ça doit swinguer, pulser et de fait, ses sessions à l’orgue swinguent bel et bien, les trois premières plages , New Orleans, BlueBlues, Listen Here,  en attestent. Puis Fred Dupont se laisse tenter par un funk enjoué, Mandat Cash, le trompettiste joue à la Miles, période trompette rouge. Le titre éponyme, verse carrément dans une musique très eighties, vocoder presque disco (!). Heureusement, ils se reprennent dans Rhum Express où trompette et sax alto font des merveilles sur les nappes des claviers du B3. Cajun, court retour au funk mais épicé cette fois-ci. L’album fini en toute beauté avec 6 AM, entre tradition et modernité, Dupont semble délier sa main droite dans des trilles enivrants relevées de nouveau par les deux soufflants.  En final, une reprise en live de Listen Here, le plus fringant des titres du CD (le 3e). Une très belle réussite, il faut noter que Fred Dupont est fort bien entouré de très bons solistes. Au sax, Baptiste Herbin, l’un des tous meilleurs alto de ce côté de l’atlantique. Renaud Gensane, trompettiste malgache au groove implacable.

 

Roy @ Nice (Live Report)

Roy Hargrove Quintet live Report

& Pierre Marcus quartet

Le jazz était vraiment à la fête ce mercredi dans l’auditorium quasi complet du conservatoire de Nice. Bien qu’avec son nouveau quartet parisien, Pierre Marcus qui ouvrait le bal, jouait « at home », puisque que c’est au CNRR qu’il a fait ses classes. Le groupe nous présente les nouvelles compositions d’un futur album mais il inclut aussi d’anciens titres comme Longue Attente ou Luboff. Baptiste Herbin était en très grande forme, Fred Perreard plus discret malgré le Steinway. Un répertoire alliant swing et modernité, la parfaite mise ne bouche pour le set qui suivrait.

21h30 tapantes, chaussé d’immenses baskets blanches, costard et nœud papillon, le dandy jazz de Waco -Texas, prend possession de la scène avec son quintet. Pendant près d’une heure et demi, ils vont égrener quelques titres dans un style hard bop revendiqué. (Never Let Me go, Actual Proof, et bien d’autres) Roy, joue de la trompette et du bugle mais il chante aussi (il pourrait s’en passer d’ailleurs), il danse, il passe, de même, de long moments assis au fond de la scène sur son tabouret de bar, comme méditant avec sa bouteille d’eau pendant que ses musiciens swinguent élégamment. Justin Robinson était impérial avec son alto. Le batteur, à la tenue des plus étonnantes et à la superbe cymbale, a assuré un groove de tous les instants. Le bassiste, Ameen Saleem, bien qu’en retrait sur la scène, ne le fut pas du tout musicalement, la casquette vite posée sur le haut du manche de sa contrebasse, il nous a produit quelques superbes chorus sans se départir un instant d’un large sourire. En toute fin de set Hargrove invite un Baptiste Herbin aux anges, à venir partager la scène pour deux morceaux. Trompette et deux sax alto: de l’énergie vitale en notes bleues. En rappel, un twist suivi d’un morceau où Roy s’essaye avec bonheur (cette fois-ci) au scat.

Alors que la salle se vide, que Quincy Phillips démonte sa batterie, Hargrove revient pour une courte impro au piano.

Cette belle salle convient, on s’en doutait, fort bien au jazz, espérons que l’on y reviendra bientôt pour d’autres concerts de cette qualité.