Nice Jazz Festival 5eme soirée.

le 12 juillet 2012

André "Dédé" Ceccarelli
Dédé the godfather

Vainqueur du tremplin « Nice is Jazz », le groupe Pet & Folks qui débute la soirée. Une musique bluesy, folk aux sonorités pop dominées par l’harmonica enthousiaste d’Eric Frerejacques. Beaucoup de bonne humeur et de fougue dans leur set. Ironiquement, alors qu’il entamait un « What I’d Say », Christian Estrosi faisait avec la presse le bilan de la manifestation. 35000 spectateurs.  Le transfert des Arènes au centre-ville est bel et bien une réussite. Le NJF3 est déjà programmé pour les 8 au 12 juillet 2013. Son parrain sera le batteur niçois de classe internationale André Ceccarelli.

Retour à la musique avec Robert Randolph & The Family Band. Du blues a l’état pur mené tambour battant par un groupe survolté. Randolph derrière sa Pedal Steel guitar chante et joue avec un enthousiasme communicatif. Il fait même monter on stage des spectatrices pour danser sur deux de ses morceaux. Puis vient le moment de bravoure, une reprise du « Purple Haze » de Jimi Hendrix. Randolph échangera de place avec son batteur, puis avec son bassiste sans nuire le moindre du monde à la musique. Et quand il retrouve sa tabouret c’est pour repartir de plus bel dans un autre long chorus.

La Rhythm’n’blues revue de Sharon Jones & The Drap Kings clôturait la soirée. Elle a les bras de Nadal, une robe bleue à parements blancs qu’elle seul peut envisager de porter, mais une voix à faire pâlir nombre de chanteuses qui envahissent nos ondes. Et son groupe sait comment mettre le feu à un festival (même si l’expression est désormais galvaudé par son utilisation pour un chanteur belge émigré en Suisse). La section de cuivre pulse sur la gauche tandis que les deux guitares martèlent leurs riffs sur la droite. Le tout dirigé un bassiste exceptionnel.

On quitte, un peu fatigué, l’espace Masséna mais déjà d’autres musiques nous attendent.

On y reviendra…

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Nice Jazz Festival 4eme soirée (part 2)

11 juillet 2012

 Une telle soirée mérite bien une deuxième partie.

L’ambiance est déjà chaude à l’autre bout du festival. Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra ont pris place sur scène, la machine infernale de ce Gypsy Techno Rock Band est en marche. Qu’il chante en serbe ou en anglais, l’énergie est la même et le public ne peut qu’adhérer/exulter. Violon, accordéon, guitares et même un soubassophone contribuent à créer une musique parfois désespérée ou nostalgique mais toujours revigorante. Quand l’Emir fait monter de charmantes spectatrices sur scène (pour leur 1/4d’heure « warholien ») on atteint le climax, tout comme un moment avant où le public chante à l’unisson (ou à peu près) « Fuck MTV ». Difficile de quitter l’enceinte du festival après un tel show, heureusement la fraicheur commence à tomber rendant le retour à la réalité plus facile.

Nice Jazz Festival 4eme soirée (part 1)

11 juillet 2012

Au Théâtre de Verdure c’est le local qui ouvre le bal.
Pour cette 4ème soirée c’est donc au quartet de Sébastien Chaumont qui, pendant un trop court set, va nous offrir son jazz, très parkérien sous un soleil encore chaud. Deux invités, la chanteuse Shirley Bunny Foy pour une chanson de Bessie Smith et François Chassagnite qui aurait dû être là,  il était présent par la pensée chez de nombreux spectateurs.

Il y a des soirs où le blogger souhaiterait avoir des dons d’ubiquité pour assassiner aux deux concerts qui suivent. Hélas, le service n’est pas encore fournit pas la ville de Nice, c’est donc l »esprit chagrin que j’ai délaissé Thomas Dutronc pour Ron Carter. Un trio sans batterie, le piano de Donald Vega et la guitare de Russell Malone se joignant à la contrebasse. A 72 ans, Ron Carter a une élégance naturelle qui se ressent dans son jeu, touché délicat, fausse simplicité des chorus où le jeu en accords succède à des glissandos, laissant parfois le public pantois. Et même quand il reprend « My Funny Valentine » ou « Body And Soul » qu’il a pourtant dû jouer plus de mille fois, la fraicheur de son interprétation étonne encore. Cela swinguait tellement que des merles et mésanges sont venus mêlaient leur chant à celui du groupe. Magie du jazz à Nice

Ron Carter est venu pour la première fois en France avec Miles Davis en 63, il a joué avec tous les grands du Jazz sauf entre autre avec Ahmad Jamal.

Hasard du programme c’est justement lui qui prenait place sur la scène. Nul doute qu’ils ont pu concocter un arrangement dans les coulisses.

Le dernier concert de la soirée commençant très en retard à Masséna, je profite d’une bonne vingtaine de minutes de ce quartet qui joue essentiellement, au début du moins, leur dernier album « Blue Moon », quatre musiciens virtuoses qui donne tout leur sens au mot musique et plaisir.

Nice Jazz Festival 3eme soirée

10/7/12

Évacuons rapidement les déceptions

Beth Hart, une belle voix, du coffre mais des compos trop banales pour retenir l’attention. Un tatouage d’une rose sur le bras ne fait pas de vous une nouvelle Janis Joplin

Texas: 3 guitares, mais pas vraiment d’esprit rock, un pop doucereuse à la Pretenders.

Impressions mitigées pour Dr John impeccable dans son costard rouge sang séché. Décors et esprit voodoo, voix ensorcelante. Une section cuivre, trombone et sax baryton aux petits oignons. Mais le show un peu trop rodé ne décolle pas vraiment.

Les moments plaisirs: Jimi Brown ExpérienceFred D’Oelnitz et sa bande commencent par un « Fire » survolté pour ouvrir le set puis revisitent les grands thèmes d’Hendrix et de James Brown, les cuivres interprétants avec brio les parties vocales de ses tubes soutenu par un J. Gritella, impérial, à la guitare. Alors que Dr John célébrait le blues du bayou, coté Masséna, Tinariwen nous transportait au cœur du désert saharien avec leur blues des sables. Des guitares virtuoses, un djembé enfiévré. Et en prime la plus belle tenue de scène de tout le festival. Belle découverte!
Mais le grand moment de la soirée, et peut-être du festival, fut la prestation de Trombone Shorty. Du jazz, du rock, du funk, du swing probablement tout ça à la fois. Haut comme trois pommes, Troy Andrews, n’a pas la trentaine mais maitrise déjà la scène comme un vieux routier des festivals. Il ne laisse pas une seconde de répit  aux spectateurs enchaînant les morceaux à un rythme « tachycardique ». Il ne lâche son trombone que pour empoigner la trompette ou le micro. Devant la scène plus question de rester assis. Tout le monde, y compris les papys venus sagement écouter du jazz, se lève et pogote  à se briser le fémur ou la hanche entre les chaises abandonnées.

Ce n’est qu’aux premières minutes de ce mercredi qu’il consentira à rejoindre sa loge.

Jacques Lerognon

Nice Jazz Festival 2ème soirée

Théâtre de verdure

9 juillet

22h. Difficile pour les retardataires de se frayer une place, même debout, pour écouter la vedette de la soirée, le quartet d‘Herbie Hancock. 72 ans, l’allure d’un jeune homme. Il s’installe entre son Korg et son piano pour 80’d’un set flamboyant, parfaitement soutenu par trois musiciens d’exception. On retiendra les duos à l’octave entre le guitariste Lionel Loueke et le bassiste James Genus. On s’interrogera respectueusement sur la pertinence de d’un « vocoder » en 2012 dans un concert de jazz, mais c’est la liberté de l’artiste.  On l’oublie vite dès qu’Herbie abandonne ses électroniques, ses Ipads pour le clavier nacré du Fasoli qui trône au milieu de la scène.

On ne saurait passer sous silence  le Bad Plus accompagné de Josuha Redman (superbe de présence et de retenu) qui vers 20h30 avait charmé les spectateurs avec leur Jazz, certes un brin intellectuel, mais tellement réjouissant et énergique.
Plus tôt, sous un soleil encore chaud, Jean-Marc Jafet (le régional de l’étape) avait lancé la soirée de bien belle manière. Le saxophone d’Emanuele Cisi  et le drumming de Yoann Serra (le batteur qui monte) volant la vedette au bassiste azuréen.

Nice Jazz Festival 1ère soirée

8 juillet 2012

Sur la scène Masséna c’est China Moses qui ouvre le bal. Robe bustier sombre, un verre de rosé à la main, accoudée au piano elle charme les photographes avant d’interpréter  quelques titres de son prochain album. A moins d’une encablure de là, le maire déclare ouverte la deuxième édition de NJF en présence de la marraine Dee Dee Bridgewater.  Elle prendra possession, envoutante, de la scène quelques minutes plus tard. Du Billie Holiday, ses propres thèmes et un final grandiose « Ev’ry day I got the blues » avec China, sa fille qui la rejoint sous les projecteurs. Non loin, au théâtre de Verdure, Ibrahim Maalouf interprétait son titre fétiche « Beirut ». Une trompette qui susurre des notes à peine esquissées jusqu’à un final d’une guitare heavy métal hurlante, saturée. Plus tard, Galliano, Eddy Louiss, un batteur, un bassiste et une section de 4 violoncelles proposaient un jazz atypique mais quelque peu hermétique.
Nuit magique N°1.

Flavio Boltro « Joyfull »

Flavio Boltro 5et

« Joyfull »

Bonsaï Music

ARtwork Flavio Boltro 5etUne nouvelle formation pour ce fameux trompettiste transalpin, désormais installé en France. Deux compères italiens Pietro Lussu aux pianos, Rosario Giuliani aux saxophones, un bassiste de grande classe Daryl Hall et un batteur que l’on ne présente plus André  Ceccarelli. Des musiciens réunis pour nous offrir un jazz dynamique, très vigoureux. Falvio Boltro a un son de trompette très personnel, très éloigné de celui de ses compatriotes Fresu ou Rava. Il sonne par moment presque comme un trombone, comme dans le très Parkérien « Black Jack« . Soutenu par le « drumming » si particulier mais remarquablement efficace de « notre » Dédé, le 5et se lance dans de grandes envolées quasi lyriques, les deux cuivres rivalisant de dextérité et de grâce, épaulé par un piano discret et raffiné. Sur trois titres, le chant d’Alex Ligertwood vient presque ravir la vedette au groupe. Une étonnante reprise du « Every Breathe You Take » de Sting. La très funky composition de Boltro, « See You Tomorrow » et l’effervescente adaptation du « Sidewinder » de Lee Morgan.  Mais la petite perle de l’album est la version en duo de « Over The Rainbow » qui fait la place belle à un Daryl Hall majestueux. Et si comme le titre l’annonçait clairement, on a à faire  un album des plus joyeux, l’apothéose est dans « The Preacher« , le morceau qui clôt l’album dans une jubilation musicale des plus communicatives.

Du blues, du jazz et du roman noir… Et du bon vieux Rock