Tremplin Nice Jazz Festival 2015

Tremplin Nice Jazz Festival
Place Masséna – Nice – 05 & 06 juillet 2015

Pour la deuxième année, le tremplin du Nice Jazz Festival organisé par la Ville de Nice et l’association La Ruche prend ses quartiers sur la place Masséna. Le jury composé de photographes, journalistes et spécialistes de jazz, doit élire le vainqueur qui, en 2016, jouera sur la scène du Nice Jazz, le in, au théâtre de verdure.

5 juillet

La soirée commençait avec le groupe RavenRaven. Un set en hommage au corbeau. Des reprises, des compos, un show plus psyché que jazz mené de voix de maître par Manu Domergue au chant et au mellophone (cor de marche). Villon, Rimbaud, Lou Reed ou Joni Mitchell étaient aussi de la partie.
Retour à un jazz plus classique, plus mélodique, avec le quintette du guitariste Jacob Vacek. Un groupe très harmonieux qui doit beaucoup à la superbe prestation de Baptiste Horcholle au jacob vaceksaxophoniste ténor.
La soirée se terminait par Spirale Trio.spirale trio Piano, basse, batterie. Formation classique du jazz fort bien servi par de très belles compositions du pianiste Laurent Rossi. Un trio d’une grande homogénéité où l’on sent une belle complicité musicale à chaque note.

6 juillet

Ils sont venus des Pays de Loire pour tenter leur chance au tremplin, Elias & The Paï Paï Jazz Band,elias un quartette guitare, basse, batterie et le leader Elias Delaunay au trombone. Un jazz rythmé qui se laisse parfois tenter par un funk groove de très bon aloi.
Italien mais niçois d’adoption, le guitariste Andrea Bazzicalupo et son 4et  .Andrea Bazzicalupoprenait la scène pour un set très enlevé. Des compositions originales parfaitement servi par la rythmique de Pierre Marcus et Jérôme Achat et le ténor de JM Baccarini.
C’est Ryoko Nuruki trio qui concluait cette soirée. Du jazz presque traditionnel, le « Misty » d’Errol Garner Ryoko Nurukien version piano-drums tout juste superbe mais aussi quelques rythmiques et harmonies plus ethniques, Ryoko est japonaise, et cela s’entend dans ses notes, dans ses parties vocales.

Et le vainqueur est…?

Spirale Trio

ils joueront en ouverture du Nice Jazz Festival en 2016, rendez-vous sur ce blog pour plus d’infos.

Ryoko Nuruki trio 

Prix de la SACEM et du public jouera au Off en 2016.

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Alex Grenier Trio

Alex Grenier Trio au Nice Jazz Festival Off

3 juillet 2015

Alex Grenier et son trio avait participé l’an dernier au premier tremplin du Nice Jazz Festival et avait gagné le prix du public, le prix SACEM qui leur permettraient de revenir en 2015 dans le Nice Jazz Off organisé par la Ville de Nice et L’association La Ruche.

alex grenier trioC’était donc ce vendredi 3 juillet, sur la place Masséna à 20h que les angevins montaient sur la scène pour un set d’une heure. Du jazz où le swing est roi mais pas seulement car l’énergie et la bonne humeur que dégagent ces trois musiciens est communicative, on se sent après mieux qu’avant comme si on n’avait pris une bonne dose de notes euphorisantes.

Ils ont joué quelques titres de leur album et de leur EP dont le titre « Comme une glace » très bien venu sous cette canicule mais ils nous ont aussi offert l’interprétation d’une composition trépidante, tellement inédite qu’elle n’avait pas encore de nom. Gageons qu’ils seront dans quelques années sur la scène du théâtre de verdure du Nice Jazz Festival.

 

Robin McKelle back in Nice

Il est des concerts dont on ressort plein d’énergie, revigoré malgré l’heure tardive. Ce fut exactement le cas, ce vendredi 20 février dans le nord de Nice après la superbe performance de Robin McKelle et ses Flytones.

marjorie martinez
marjorie martinez

La soirée commençait par un set du Marjorie Martinez quartet, entre pop, folk et country. Un nouveau groupe pour la guitariste-chanteuse et de nouvelles chansons déjà bien rodées. On savait Linus Olsonn, son guitariste, très à l’aise avec sa 6-cordes (une superbe telecaster blanche) mais de le voir chanter fut aussi une agréable surprise.

Puis les Flytones prirent possession de la scène et … du public. Enchainant à un rythme d’enfer, les titres du dernier album « Heart of Memphis » avec quelques standards souls, rythm and blues. Même

fred cash jr1
Fred Cash Jr

dans les morceaux plus lents, l’allant de la chanteuse et de ses acolytes ne semblait pas ralentir. A peine le temps d’un petit « green onions » instrumental pour laisser à Miss McKelle le temps de se ressourcer en coulisse que le show repartait de plus belle. Elle nous avait déjà captivé cet été au Nice Jazz mais là c’était plus que de la séduction, de la communion oserais-je.

Des cuivres bien frappés

Bernstein Fresu Petrella Rojas

Brass Bang !

Tŭk Music/Bonsaï Music

cover-brass-bangCe quartette est un drôle de gang, quatre cuivres réunis pour faire de la musique, du jazz mais pas seulement. Deux américains, deux italiens. Deux trompettes et bugles, un trombone et bien plus rare, un tuba, produit par l’infatigable Paolo Fresu, l’un des quatre comparses, trompettiste de son état. Les deux américains Marcus Rojas, le tubiste et Steve Bernstein, le trompettiste y vont aussi de la voix sur quelques titres.
Vous pensez que l’on ne peut pas faire de rock sans guitare, basse ou batterie écoutez comment le quarteron de cuivres joue « As Tears Go By » des Stones ou « Manic Depression » d’Hendrix et vous verrez. Rojas et Gianluca Petrella jouent le riff de basse presque à l’unisson, Fresu celui de la guitare et Bernstein chorusse de ses trois pistons.
Vous pensiez que l’on ne peut pas vraiment faire de jazz sans instrument harmonique, sans saxophone, écoutez Fresu et ses compères revisiter le « Black And Tan Fantasy » et « Rockin’ In Rythm » du Duke, vous réviserez surement votre jugement.
Vous pensiez que les chansons italiennes n’étaient bonnes que pour le concours de San Remo écoutez donc leur superbe interprétation du « Guarda Che Luna » popularisé par Marino Marini en 1962 qui clos en majesté l’album. Vous pensez être allergique à la musique classique, la musique baroque, vous pensez qu’elle n’est qu’une musique savante d’un autre temps, tendez l’oreille les deux superbes thèmes de Palestrina et Haendel. Tout la sensibilité et l’inventivité des quatre musiciens est concentrée dans ces deux morceaux. Ils jouent aussi leur propres compositions, on n’est jamais si bien servi que par soi-même surtout quand on veut s’amuser en faisant de la musique. Il reprenne donc à leur compte l’adage de Frank Zappa, ici en italien, avec l’accent :
« Il jazz non è morto, ha solo un odore un po’ curioso« .
Avec ces quatre cuivres (brass) on est loin d’une fanfare de cirque, ça sonne, ça vibre, ça émeut, ça swingue, ça rock, ça balance, ça envoie sec, avec, et c’est plutôt rare, de l’humour à chaque note.
A déguster comme une friandise, un plat entier de cannoli dont, en plus, on peut abuser.

Fish live in Nice

Alex LamiaUne agréable première partie, Damnation, le groupe niçois pour un tribute set qui nous a permis de (re)découvrir les suédois d’Opeth. Un jeune et excellent guitariste Alex Lamia, belle présence de la chanteuse Valérie Noireaut et de belles harmonies vocales. A suivre donc.

fish2bPuis Fish et ses quatre musiciens prenait place pour près de deux heures d’un set grandiose. Fish a une voix grave, puissante et expressive qui sait aussi se faire délicate, tendre ou rageuse comme dans le « High Wood suite« , cinq titres enchainés où il évoque les fantômes, les massacres de la guerre de 14 dans la Somme où était son grand-père. Il a aussi une présence scénique, une gestuelle charismatique parfois même christique dans sa façon d’écarter les bras tout en portant son regard le plus loin possible comme sil cherchait à voir, à faire une connexion avec chacun. Il desendra dans la salle pour serrer la main des spectateurs tout en chantant jusqu’à ce que le fil de son micro menace de ceder. Mais Fish c’est aussi son groupe, Gavin Griffiths, un barobin boulttteur énergique mais discret, John Beck, tout nouveau dans l’équipe, un clavier très prégnant, pas de prog sans keyboard, Steve Vantsis, un bassiste efficace, mais surtout un guitariste, Robin Boult, virtuose, précis, aux riffs incisifs mais au chorus trop rare.

Un chanteur d’exception, un concert humaniste et généreux.

Kevin, James et Django unchained

James Carter Organ trio

Djando unchained au Forum Nice Nord

On sort parfois de certains concerts sans pouvoir trouver de mots assez justes pour rendre compte de ce que l’on a vu et entendu. C’est particulièrement le cas pour le magnifique set du trio de James Carter, ce jeudi soir dans la très agréable salle du Forum Nice-Nord, ce 13 novembre 2014.

kevinTardevetKevin Tardevet en trio a mis, en première partie, le public dans de très bonnes dispositions avec leur nouveau répertoire et quelques superbes riffs de contrebasse sans y laisser de Plume (!)*.

Puis dès les premières mesures du sax baryton de James Carter nous sommes plongés dans une surprenante éruption musicale qui finira sur un nuage, sur les nuages Reinhardtien. Une irruption que Carter semble vouloir à la fois contenir du bout des doigts sur les clés de son baryton, de son ténor, de son soprano, tout en l’attisant du bec de ces mêmes saxophones. Et s’il veut baisser un peu le rythme, ce sont ses vieux complices, Gerard Gibbs à l’orgue Hammond et Leonard King à la batterie qui se chargent de raviver les volutes de notes. james carterSans se départir du swing originel, James Carter fait tantôt crier, tantôt pleurer ou geindre son saxo, d’une main parfois. Gibbs pousse son B3 dans ses derniers retranchements, affolant la Leslie dans le final très funk du set. L. King Jr, la main droite gantée de noir, n’aura pas trop usé ses balais, par contre ses peaux et ses cymbales doivent peut-être encore un peu résonner dans leur rangement.   Même si les thèmes sont parfois habilement dissimulés, ceux au soprano un peu  moins,  on peut parier que Django, où qu’il soit, ne se sent pas trahi par l’interprétation magistrale qu’en fait le trio du génial saxophoniste New-yorkais.  Bien qu’humide, ce New Jazz Festival automnal réchauffe avec passion les amateurs de la note bleue azuréenne.

* Plume joue de l'alto dans le trio de Tardevet!

Rebus is back!

Ian Rankin

« Debout dans la tombe d’un autre »
« Standing in Another Man Grave« 

Le Masque – 22.50€

Traduit par Freddy Michalsky

ianRankin

Ian Rankin a mis à la retraite son flic préféré en 2010 (2007 en VO Exit Music) pour se consacrer à un autre personnage Malcom Fox mais il l’avait dit, il ne s’interdisait pas de le faire revenir. Et bien on peut vous l’annoncer Rebus is back depuis la fin de l’été! La retraite ne lui convenait pas, ni à Rankin semble-t’il donc ce roman marque le retour de John Rebus, retraité maussade qui réintègre la police comme civil dans le SCRU, les affaires classées écossaises. Le titre, intrigant et lugubre, provient d’une chanson de Jackie Leven, un célèbre scottish songwriter, hélas décédé, il était ami avec Rankin. Un titre que Rankin, a déformé, l’original plus poétique, « debout dans la tombe d’un autre » est devenu « Debout dans la pluie d’un autre »*. Soit en grand breton « Standing In Another Man’s Rain » devient « Standing In Another’s Man Grave« . Rebus voudrait, grâce à un changement dans la loi, redevenir inspecteur mais le service des « Plaintes », Malcom Fox en particulier, a un gros dossier sur lui. Ainsi les deux séries sont réunies. Alors qu’il végète dans son nouveau bureau, une femme vient lui signaler que la disparition de sa fille ressemble beaucoup à de nombreux autres cas le long de la route A9 (elle traverse l’Ecosse d’Edimbourg à Inverness). Intrigué, Rebus va se pencher sur le cas, établir les points communs, relancer l’enquête et même retrouver provisoirement sa place à la crim’, et son ex adjointe/amante Siobhan Clarke. On pourrait craindre une énième et banale histoire de tueur en série mais Rankin est plus fin que ça car l’enquête va plus s’attarder sur les rapports entre les différends flics, les différends services les différentes méthodes d’investigation, à l’ancienne pour Rebus (informateurs, discussions de bar, interrogatoires multiples, intuitions, mépris pour la hiérarchie), modernes pour la plupart des autres (profilage, ADN, scènes de crime, GPS, ordinateur et base de données). Près de 500 pages qui se lisent quasiment d’une traite tant l’auteur maintient un bel équilibre entre la tension narrative (on veut savoir) et petits détails, légères digressions (l’A9 longe un grand nombre de distillerie, les gouts musicaux datés mais excellents de Rebus). Les anciens lecteurs sont déjà attachés aux personnages, ils se régaleront de les voir évoluer, vieillir encore un peu, ne pas céder au désespoir mais mal supporter la morosité de la vie. Ceux qui découvriraient le couple Rankin/Rebus seront très probablement conquis et auront plus de quinze autres enquêtes pour assouvir leur nouvelle passion.

Du blues, du jazz et du roman noir… Et du bon vieux Rock