Deux duos au TNN

Un concert de jazz qui commence par quelques notes de glockenspiel, ce n’est pas courant. Cette espèce de xylophone a eu son heure de gloire avec les groupes prog des années 70.  La paire Obradovic-Tixier le remet au goût du jour.

Le duo doit sa réputation à la participation de la batteuse croate Lada Obradovic dans « The Eddy » sur Netflix. Une série sur le jazz qui leur a donné une popularité au-delà de la sphère des simples amateurs. David Tixier joue du piano et de toutes sortes de claviers

alors que Lada outre la batterie, l’accompagne aussi de diverses percussions et au kalimba. Le pianiste a un jeu chaleureux, souvent virtuose, on regrette parfois qu’il l’accommode de sonorités électroniques. A l’opposé, Lada Abrdovic a un jeu percussif, très sec, froid, presque clinique jusqu’au moment, où, vers le milieu du set, ils jouent un morceau inspiré par les relations conflictuelles (à la façon du film Whiplash) de la batteuse avec son professeur en Autriche (anecdote narrée par le pianiste). Et là, de minutes en minutes, son drumming devient habité, ardent, plus délié aussi. Et cette fin de première partie nous laisse à la fois allègre et un peu abasourdi.

Le temps de prendre un peu le frais sur la terrasse devant le théâtre, on rejoint nos places pour ce qui allait être l’un des plus beaux concerts de l’année. Le pianiste Bojan Zulfikarpašić, on le nomme généralement Bojan Z. et le clarinettiste Michel Portal, encore auréolé de sa récente victoire du jazz pour le magnifique album MP85 (Label Bleu). Le pianiste commence par contourner son Fender Rhodes pour bricoler on ne sait quoi sur la pédale de sustain qui semble branlante.

Mais Michel Portal ne tarde pas à emboucher sa clarinette basse pour un premier morceau de l’album précité. Entre chaque titres, les deux compères nous racontent une anecdote sur ce qu’ils vont jouer.

« Armenia » écrite suite à un voyage en Armenie et des rencontres avec des musiciens locaux, « Mino-Miro » dédié au percussionniste Mino Cinelu et contrebassiste Miroslav Vitouš, ou encore « Desert Town ». Portal passe à un moment à la clarinette en Sib, celle avec laquelle on joue du Brahms nous dit-il malicieux.

Il rejoindra peu après une chaise sur le côté devant laquelle repose un superbe bandonéon. C’est celui d’Astor Piazzolla nous dit-il avec révérence, avant de nous jouer deux tangos de l’argentin.

Nous aurons la chance d’entendre leur version de « Los Feliz » un thème de Marcus Miller écrit pour Miles. Portal reprend alors sa clarinette basse puis le sax soprano dont il joue directement dans les cordes du piano.

Tout au long du set Bojan Z semble très attentionné pour son ami, il donne l’impression de modérer sa virtuosité comme pour laisser plus de place au clarinettiste.


On pourrait raconter tout le concert dans le détail, un deux puis trois rappels. Après on vous laisse partir nous dit en souriant le pianiste.
Mais concluons en disant simplement, que ce fût un enchantement de la première à la dernière minute.

Le 02/12/21 au Théâtre National –  Nice (06).

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