MANCA: Akhnaten de Philip Glass.

Un opéra de Philip Glass à Nice, c’est un événement qui ne se manque pas. Cette nouvelle production, prévue en 2020, est proposée pour cette saison MANCA 2021. Et le public est au rendez-vous, jusqu’au paradis, pour cette troisième et dernière représentation. Trois actes, un prologue et un épilogue, chanté en hébreu biblique, en égyptien ancien, avec un poème d’Akhnaton lui-même. La chorégraphe, Lucinda Childs, est aussi le récitant, un scribe, elle parle en anglais. Pour une meilleure compréhension, tout le spectacle est sous-titré, sur-titré plutôt, en français et en anglais, sur écran, en haut de la scène, dans les rideaux.
L’orchestre, dirigé par Léo Warynski, attaque le prologue. Idéal pour se mettre en condition d’écoute. Ces quelques notes, petite série de quatre, qui se répètent à l’envie dans d’infimes variations et enluminures nous plongent intensément dans la musique de Philip Glass. Puis la voix grave de Lucinda Childs, dont l’image est projetée sur un rideau de tulle noir, nous introduit dans l’histoire du fameux pharaon. Il ne s’agira pas ici de raconter tout l’opéra par le détail. On évoquera tout d’abord une mise en scène somptueuse. Le décor avec ce cercle de bois pivotant sur vérin, sa couleur or, évoquant Râ, le soleil. Un disque dont l’inclinaison et la rotation varie dans le temps à l’instar de la courbe de notre astre dans le ciel. Les effets de matières des différends rideaux dont la transparence permet d’avoir plusieurs plans dans une même scène. Même le passage obligé du ballet juste après l’entracte est fabuleux avec cette chorégraphie en miroir entre les danseurs sur la scène et le même ballet projeté en noir et blanc sur le tissu évanescent des rideaux. Le chef dans son enthousiasme chante avec le chœur tout en dirigeant ses musiciens. Les amateurs de bel canto ont pu être surpris mais les arias sont d’une beauté qui peut facilement rivaliser avec les opéras romantiques italiens. Les duos Akhenaton-Néfertiti (Fabrice Di Falco  Contre ténor –  Julie Robard-Gendre Mezzo soprano) donnaient de véritables frissons aux spectateurs.
S’il fallait choisir un mot pour qualifier cette soirée, ce serait: Exceptionnel.

Images: captures d’écran de la vidéo diffusé par l’opéra de Nice-Côte d’Azur en dec 2020

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