Christophe Panzani: Les correspondances

Christophe Panzani: Les correspondances

 (The Drops Music / Outhere)

CHRISTOPHE PANZANI QUINTET
Christophe Panzani : saxophone ténor - Vincent Peirani : accordéon, Pierre Perchaud : guitare - Bruno Schorp : contrebasse - Antoine Paganotti : batterie

QUATUOR VOCE
Cécile Roubin & Sarah Dayan : violon - Guillaume Becker : alto - Lydia Shelley : violoncelle

ARTE COMBO
Mayu Sato : flûte - Annelise Clément : clarinette, Cyril Normand : cor français - Frank Sibold : basson
Isabelle Olivier : harpe

 

On ne peut pas dire que Christophe Panzani refasse toujours le même album. Après « Les mauvais tempéraments », le précédent, où il se confrontait à des pianistes en une série de duo, il créé pour ce nouveau projet le Large Ensemble. La réunion d’un quatuor à cordes (le Quatuor Voce), d’un quintet à vent (Arte Combo) et son propre quintet jazz (avec guitare et accordéon!). Après s’être acoquiné avec le rock ou la musique progressive depuis le début des années 70, les passerelles entre musique classique  et le jazz sont de plus en plus fréquentes, peut-être parce que les musiciens actuels ont souvent la double formation qui leur permet d’appréhender les deux genres avec autant de pertinence. Ce sont donc ces correspondances (au sens d’échanges épistolaires) que le saxophoniste va explorer dans ce nouvel opus. Une étude fort pertinente sur  l’intertextualité musicale entre le jazz moderne et la musique classique du 20e siècle. Outre trois de ses propres compositions, Panzani arrange donc à sa manière trois œuvres rares du répertoire, écrites à l’origine pour le piano. Satie, Darius Milhaud et Messiaen. Ces correspondances sont donc plus des rencontres qu’un affrontement entre deux mondes musicaux. Car ceux-ci ont beaucoup à se dire. Jouer du Messiaen comme un standard de jazz n’aurais pas vraiment de sens, sans l’imagination du saxophoniste. L’allant de la guitare de Pierre Perchaud sur la deuxième « Danse de Travers » (Satie) allié à un ténor virevoltant et un accordéon balkanique à tout pour séduire.  Il en sera de même quand les cordes et les vents entremêlent leurs croches alors que contrebasse et batterie marquent le tempo. Da la musique savante qui s’encanaille dans des impros jazz. Faire jouer du modal à un basson, un cor français, un alto et un violoncelle sur une compo Darius Milhaud peut paraitre -à certains- offensant ou pour le moins singulier. Et pourtant écoutez cet album, vous ne pourrez qu’être convaincu que ces musiques peuvent exister ensemble. De plus le disque n’a pas bénéficié d’artifices de studio, il a été enregistré en public, les applaudissements en témoignent!

 

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