Merakhaazan, Brigitte et Yan

Au centre de la scène du théâtre Lino Ventura (TLV pour les amis) un immense tapis, sur le tapis, une contrebasse et un set d’effet, distorsion, loopers,… Derrière la contrebasse, presque dans la pénombre, Jean-Christophe Bournine dit Merakhaazan.
Il nous présente, en avant-première, quelques titres de son prochain album « Veines » à sortir chez Imago Records. Grace à la technique de l’auto-échantillonnage qu’il maîtrise parfaitement, il se lance, en solo, dans des duos, trios, quartet et nous fait voyager dans son univers baroque électronique éclectique.
Percussions, ligne de basse, bourdon, enluminures, mélodies, solo. Merakhaazan triture ses cordes avec les doigts ou un archet mais aussi avec un balai de batteur qu’il extrait de sa poche arrière ou encore avec un médiator de guitariste qui les fait claquer sèchement. Le début du set est plutôt oriental, le milieu passe par des moments très énervés (fuzz à fond), quant au dernier morceau, il sonne comme un quatuor de Michael Nyman, sauf que Merakhaazan est toujours tout seul pour faire les quatre voix !
Changement de décor. Un fauteuil voltaire trône sur le devant de la scène. Sur la gauche, trois guitares autour d’un tabouret de batteur. Yan Pechin, longiligne, look à la Steve Vai, période Zappa, empoigne sa Gibson acoustique. La salle est encore dans le noir et, l’on voit apparaître la silhouette de Brigitte Fontaine, tenue noire, tee-shirt floqué d’un immense « Rien », bottes blanches, micro en main. « Je vous déteste, je vous aime » nous dit elle! Puis vont suivre plus d’une heure d’un set, drôle et sérieux, militant et poétique, punk et féministe. Yan Pechin n’hésite jamais à user de la distorsion sur ces guitares, même en acoustique, cela bastonne pour notre plus grand plaisir. Micro-sketches, chansons, invectives, sourires complices derrière ses immenses lunettes. Le guitariste se lève s’approche de la chanteuse assise dans son fauteuil et entonne avec le plus grand sérieux dans un parlé-chanté hilarant, les paroles de la bonne du curé, oui celui d’Annie Cordy! Avant d’embrayer d’un accord puissant sur le drôle d’odeur dans la cuisineDistroy Nihilisme, nous lance-t’elle sur des hurlements de stratocaster, digne de celle de Thurston ‘Sonic Youth’ Moore, grand fan de notre Brigitte. Plus tard viendra, l’un de ses récents single, Vendetta, bras levé, Assez parlementé, vive la lutte armée, qu’on empale tous les mâles….
Mais on ne raconte pas un spectacle de Brigitte Fontaine, on le vit et… On sourit.
Quelle dame! Quelle soirée!

Le 19/12/19 au Théâtre lino Ventura – Nice (06)

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