Nice Jazz Festival – Jour 2

Nice Jazz Festival – 8 juillet 2015

Le journaliste Ashley Khan propose une interview de Kendrick Scott, le batteur de Charles Lloyd blindtestsous la forme d’un blinfold test axé sur…les batteurs! Pas facile de le piéger.  » La batterie n’est pas un simple instrument mais tout un orchestre qui joue ensemble ! » nous expliquera t’il.

Au théâtre de verdure, scène très dépouillée, deux amplis, deux micros, deux pupitres pour Indra et ses trois musiciens. Un set tout aussi dépouillé qui va à l’essentiel, la très belle voix d’Indra Rios-Moore,indra rios une guitare, une contrebasse et un sax ténor. Une teinte très bluesy pour ce répertoire fait de reprises jazz ou pop que la chanteuse introduit longuement avant chaque morceau. On notera la très belle cover du « Money » de Pink Floyd, rendu à son essence même, un riff de blues et une mélopée.

Mais le public attendait d’abord Kenny Barron, une véritable légende pour les amateurs de jazz. Imaginez, il a joué avec Chet Baker, Stan Getz, Ella et tant d’autres. Le voilà donc avec Kiyoshi Kitagawa et sa contrebasse et Johnathan Blake derrière ses futs. keny barron trioSolide trio qui a entamé le set par du Monk pour finir en rappel avec…du Monk mais en nous ayant régalé de reprises de Charlie Haden et de compos du leader dont le très chaloupé « Calypso » qui a fait bouger tout le public debout, sur ses chaises et même une petite fille de 4,5 ans qui dansait, dansaitdancing girl 2 toute seule juste devant la scène. Un très grand moment, un peu court mais il y avait Charles Lloyd qui se préparait.

Le saxophoniste avait, certes, la démarche lente du Monsieur de 78 ans qu’il est mais dès qu’il a embouché son ténor on a retrouvé le jeune homme qui jouait avec Coltrane mais aussi Jerry Garcia (Grateful Dead) dans les sixties.

Mr Lloyd était accompagné de trois musiciens d’exception de la jeune garde du jazz étasuniens.clayton lloyd bl Le pianiste aux dreadlocks Gerald Clayton (il était en leader à cette même place en 2013) ainsi que Joe Sanders et Kendrick Scott pour assurer tant la rythmique qu’un indéfectible groove. On entendait de-ci de-là, que certains étaient lassés par ce jazz modal et pourtant quelle beauté dans cette apparente simplicité. Du piano, du saxo ou même de la flute, les notes semblaient aller droit au cœur des spectateurs. En rappel, une superbe ballade initiée au piano puis rendant la main au ténor pour conclure à la nuit.

Des soirées comme celle-là, on en redemande déjà.

 

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