Des cuivres bien frappés

Bernstein Fresu Petrella Rojas

Brass Bang !

Tŭk Music/Bonsaï Music

cover-brass-bangCe quartette est un drôle de gang, quatre cuivres réunis pour faire de la musique, du jazz mais pas seulement. Deux américains, deux italiens. Deux trompettes et bugles, un trombone et bien plus rare, un tuba, produit par l’infatigable Paolo Fresu, l’un des quatre comparses, trompettiste de son état. Les deux américains Marcus Rojas, le tubiste et Steve Bernstein, le trompettiste y vont aussi de la voix sur quelques titres.
Vous pensez que l’on ne peut pas faire de rock sans guitare, basse ou batterie écoutez comment le quarteron de cuivres joue « As Tears Go By » des Stones ou « Manic Depression » d’Hendrix et vous verrez. Rojas et Gianluca Petrella jouent le riff de basse presque à l’unisson, Fresu celui de la guitare et Bernstein chorusse de ses trois pistons.
Vous pensiez que l’on ne peut pas vraiment faire de jazz sans instrument harmonique, sans saxophone, écoutez Fresu et ses compères revisiter le « Black And Tan Fantasy » et « Rockin’ In Rythm » du Duke, vous réviserez surement votre jugement.
Vous pensiez que les chansons italiennes n’étaient bonnes que pour le concours de San Remo écoutez donc leur superbe interprétation du « Guarda Che Luna » popularisé par Marino Marini en 1962 qui clos en majesté l’album. Vous pensez être allergique à la musique classique, la musique baroque, vous pensez qu’elle n’est qu’une musique savante d’un autre temps, tendez l’oreille les deux superbes thèmes de Palestrina et Haendel. Tout la sensibilité et l’inventivité des quatre musiciens est concentrée dans ces deux morceaux. Ils jouent aussi leur propres compositions, on n’est jamais si bien servi que par soi-même surtout quand on veut s’amuser en faisant de la musique. Il reprenne donc à leur compte l’adage de Frank Zappa, ici en italien, avec l’accent :
« Il jazz non è morto, ha solo un odore un po’ curioso« .
Avec ces quatre cuivres (brass) on est loin d’une fanfare de cirque, ça sonne, ça vibre, ça émeut, ça swingue, ça rock, ça balance, ça envoie sec, avec, et c’est plutôt rare, de l’humour à chaque note.
A déguster comme une friandise, un plat entier de cannoli dont, en plus, on peut abuser.

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