Mon Nice Jazz Festival 2014

Nice Jack Festival 2014jour 1,  8 juillet 2014

Incontestablement ce fut la soirée de Cécile McLorin Salvant,cecileMcLorin 20h50, la nuit n’était pas tombée, le trio prenait place sur scène rapidement suivi par la chanteuse aux fameuses lunettes blanches. Un répertoire éclectique allant de Judy Garland (« Trolley Song » repris avec une délicieuse voix enfantine) à Damia et Barbara (« Le mal de vivre » poignant avec une magnifique partie de piano) sans oublier Burt Bacharach ou Blanche Calloway (la soeur de Cab, première femme noire chef d’orchestre). Une voix magnifique qui sait swinguer aussi bien qu’émouvoir. Même si elle chante « Nobody listen to me » nous on l’écoutait avec délectation. N’oublions pas ses trois musiciens étasuniens de grande classe qui faisait bien plus que l’accompagner. Nul doute que l’on reverra sur la scène du théâtre de verdure Aaron Diehl avec son propre groupe d’ici peu de temps!
Le parrain niçois (du festival) Richard Gallianno prenait sa suite avec un NJO galianoau grand complet pour un hommage à Nougaro qui a enchanté le public malgré une légère fraicheur bien peu estivale qui tombait sur les épaules.


 

jour 2, 9 juillet

 

Le dilemme pour l’amateur de jazz en ce 9 juillet, Mc Bride ou Maalouf?

Vincent PeiraniHeureusement le début de soirée était tout trouvé avec le jeune et étonnant duo, le nissart Vincent Peirani à l’accordéon et Emile Parisien (qui ne l’est pas) au saxophone soprano. Un set ponctué par deux reprises de Sidney Bechet qu’ils tordent, revisitent, boostent au propergol pour les faire sonner comme des titres écrits hier ou demain. Il en va de même pour leur propres compositions ou quand ils s’aventurent dans le folklore macédonien. Très musical et bluffant.

Horaires décalés, on s’accorde quarante minutes de Christian McBride trio. Démarrage un peu lent mais dès le deuxième morceau le groove commence à envahit le théâtre de verdure. Communion parfaite des trois musiciens, McBride grand seigneur et immense bassiste ne manquant pas une occasion de mettre ne valeur ses deux acolytes, Christian Sands au piano et Rodney Green à la batterie. McBrideTrioMais il nous fallait rejoindre la scène Massena où prenait place 4 trompettistes, un bassiste, un batteur, un clavier et un guitariste.maalouf090714 Le groupe d’Ibrahim Maalouf qui passait en deux ans de la petite à la grande scène. Et quel spectacle, quel son, quel énergie. Les morceaux du dernier album s’enchainent, à peine le temps de présenter les musiciens que cela repart jusqu’au retour à Bierut, le tube qui finit en un hard rock déchainé (remarquable chorus de François Delporte à la guitare) comme un avant-goût du Deep Purple du lendemain. On reprend ses Illusions jusqu’à la fin du set qui laissera les spectateurs pantois mais euphoriques.


 jour 3,   10 juillet.

 

kennyGarret_hunterDeux grands moments ont ponctués cette soirée, coté Jazz, côté mer, The Kenny Garret Quintet. S’il fût le dernier saxo de Miles, c’est par une musique très Coltranienne qu’il commence son set. Alternant Alto et soprano, il est soutenu par le frappé puissant du batteur McClenty Hunter. La deuxième partie sera plus épicée, plus latine, le groove se fait chaloupé, il dessine la biguine du bout de son soprano amenant même le public à quitter les chaises pour danser au pied de la scène. Magique.

Suivaient, côté terre, un mythique groupe de hard-Rock anglais. Osons le dire leur violet est moins profond,GloverPaiceGillian le Deep Purple s’est bien éclairci, à l’aune de la couleur des cheveux des musiciens. Les aigus de Gillian ne le sont plus autant, Steve Morse hésite toujours entre Blackmore et Satriani mais ses soli sont toujours aussi exceptionnels. Le clavier Don Airey nous fait du Keith Emerson avec son vieux moog. Seuls les deux anciens de la rythmique Glover et Paice semble avoir l’énergie d’antan. Mais quand on peut aligner entre autres, « Into The Fire », » Lazy », « Space Truckin' » entrecoupés de titres plus récents et finir au bout de 60 minutes par le quadragénaire « Smoke On The Water » on est sûr de conquérir même le public le plus rétif. Et c’est après plus d’¼ d’heure de rappel qu’avec l’immanquable « Black Night » ils nous laissent exsangue de musique dans la nuit devenu noire!


jour 4, 11 juillet.

N’en déplaise aux Vençois, cette soirée était un peu Nuit du Sud.

tremplinOn quittera trop rapidement le quartet du niçois Tony Paeleman, beau jazz où sur le début du set le sax de J. Pontvianne semble prendre l’ascendant sur le piano du leader. Mais c’est l’annonce des vainqueurs du tremplin du Nice Jazz. Fred d’Oelsnitz Trio sera donc sur la scène du théâtre de verdure en 2015, les angevins Alex Grenier Trio seront eux programmés au off. Deux excellents lauréats, le jazz a de l’avenir et c’est tant mieux.

Juste le temps de rejoindre Masséna pour l’entrée en scène de la jeune New Yorkaise Robin McKelleRobinEtFred et ses quatre musiciens. Plus Rythm and Blues que soul, The Flytones on la pèche et Robin ne se ménage pas. Superbe voix, phrasé qui rappellera aux plus anciens Aretha Franklin. Très beau passage, assis en duo avec le bassiste Fred Cash, ils évoquent en musique leur parcours de New York à Miami. On laissera Cody Chesnutt faire son show très (trop?) bien rodé pour descndre vers New Orleans avec les cuivres du Butler, Berstein & The Hot 9. Henry Butler, le pianiste a le look de Ray Charles, mais le touché de Fats Weller dont le groupe jouera plusieurs thèmes. Bernstein alterne trompette, bugle et même un étonnant trombone soprano (tout petit mais musical). Dansant, fringuant, joyeux, une très belle mise en bouche avant le clou de la nuit,Dr John Live in Nice Dr John & The Nite Trippers. Accompagnés de l’incontournable tromboniste Sarah Morrow! Le roi de la voodoo music, Mac Rebennack passe allégrement du Steiway au clavier électrique enchainant les morceaux de sa voix rocailleuse. On aura même le droit à un titre à la telecaster! Tubes, classiques, ou morceaux plus récents, blues, boogie, zydeco, on traverse le bayou, le grand sud sous la protection de la fameuse tête de mort qui veille sur le piano. Sur la droite de la scène Sarah Morrow mène la troupe du bout coulissant et (coolisant) de son trombone. Après plus d’une heure de soul food musical, le groupe entame le standard « Good Night Irene », belle façon de finir pense-t’on dans les gradins mais non Dr John nous réservait son indémodable « Such a Night » près de dix minutes qui faisait, somme toute, un beau résumé de cette soirée.

Mais la soirée n’était pas tout à fait fini…RobinetAmaury
Au Bspot, les « Afters » ont battu leur plein durant tout le festival, assez tard dans la nuit, après un « Superstition » trépidant mené de la basse par Dwight Bailey, le bassiste de Dr John, Robin McKelle rejoignait la scène avec son batteur et son clavier  pour 25 minutes d’un « Chain of Fools » d’anthologie.


 

jour 5, 12 juillet.

Les nuages s’amoncellent sur la côte mais le Nice Jazz Festival semble être protégé par de hautes pressions qui écartent les nébulosités pour ne laisser la place qu’à la seule musique!

maggieGalacticLa Nouvelle-Orléans qui avait fait escale la veille au NJF nous réserve encore une surprise avec Galactic. Un groupe qui mêle toutes les influences de la musique, le jazz certes mais aussi le funk, le rock. Gros son, trombone tonitruant, guitare cinglante et surtout la voix de Maggie Koerner, chaude et expressive. Pas totalement abouti mais plaisant.

Vers la mer, The Low Budget Men du docteur Mariotinni avait rock’n’rollé la fin d’après-midi. joshuaMais tout le monde attendait Joshua Redman et son quartet. Et il ne nous a pas déçus. Chemise blanche, cravate parme, ténor scintillant, Redman a littéralement enchanté le public. Peu bavard, c’est avec son saxophone qu’il s’exprime. Epure et grâce, sa musique c’est le « Search for beauty » comme il le dira lui-même. Une apparente simplicité, des harmonies d’une grande subtilité, des dialogues piano-saxo, la pulsation du tandem contrebasse-batterie. Il n’hésite pas à quitter le devant de la scène pour laisser s’exprimer ses musiciens. Du jazz pur, du jazz moderne, de la musique céleste, du jazz quoi!

Ils joueront essentiellement de ses propres compositions jusqu’à un vibrant « Yesterdays » puis un final « Body And Soul », en hommage à Charlie Haden décédé la veille, émouvant jusqu’aux larmes qu’il avait (que nous avions) du mal à cacher.

Même Ed Motta et son groupe pourtant très carioca n’a pas vraiment réussit à détendre l’atmosphère. Il est vrai que cette musique nécessite sable, palmiers, cocktails avec parasol en papier pour vraiment fonctionner.

Mais après l’intense set de Joshua Redman, Aaron Goldberg, Reuben Rogers et Gregory Hutchinson qu’avions-nous besoin d’autre que du bruit des vagues sur les galets de la promenade des anglais!


Un peu plus de 32000 personnes ont partagé la musique ici cette année, malgré le foot et les nuages.

Keep On Groving!

PS: Cette chronique est humblement dédiée à Charlie Haden et Johnny Winter décédés pendant sa rédaction!

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